Oh! Mon doux pays

Oh! Mon doux pays, conception de Corinne Jaber, texte et mise en scène d’Amir Nizar Zuabi
Dans ce spectacle créé en 2013 au Théâtre Vidy-Lausanne, et coproduit ici par le Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon, Corinne Jaber évoque la tragédie de la situation syrienne . Comédienne française née de parents germano-syriens, elle avait débuté dans le fameux Mahabharahta de Peter Brook, et joua dans Une bête sur la lune montée par Irina Brook, et jouait Pénélope dans Ithaque de Botho Strauss, mise en scène par Jean-Louis Martinelli.Ici, juste un fourneau, un frigo, une table, et le parfum du kebbeh, ce petit obus de viande hachée, emblème de la cuisine de son pays. « Ils appellent ça la guerre civile, mais il n’y rien de civil dans tout ça, rien de civil du tout ! ». Depuis des années, la destruction de la Syrie par la famille Assad, avec l’aide des puissances occidentales, a fait des centaines de milliers de morts. Et personne  ne voit l’issue de ce massacre. En attendant, ceux qui ont réussi à se réfugier en Allemagne, en France ou ailleurs, se remémorent la douceur du pays natal.  «Peut-on raconter autrement la guerre que par l’effroi»? Peut-être avec bienveillance et des souvenirs personnels… Elle se remémore le kebbe que sa grand mère tentait de lui apprendre à faire quand elle avait neuf ans à Munich. Elle y passait ses journées mais la fabrication du kebbe ne parvenait pas à rendre ses journées supportables. Elle coupe les oignons, les fait frire dans la poële, pour entrer dans son pays imaginaire. « En vrai, je ne sais pas faire le kebbe ! Le cœur a plein de mémoire comme une odeur de cumin ! (…) J’ai besoin d’aider cet ami à sortir, je lui ai fait promettre de ne pas repartir en Syrie avant un mois…». Elle dit qu’elle arrive à l’aéroport de Beyrouth, une ville au bord de la révolution, elle coupe la viande en évoquant son mari malade : «Ils ont coupé tous les tuyaux, ils l’ont tué deux fois (…) Quand nos avons retrouvé mon frère, il avait les jambes bleues (…) Ce que je veux faire maintenant, c’est dormir ». Elle mixe la viande et les oignons, nettoie la table, puis évoque le voyage en voiture avec son père, la recherche d’Ab El Aziz Chalafi. «Il est à Paris depuis longtemps, nous n’avons plus que Dieu ! ». Notre jeune ami syrien Husain Alghajar, qui a réussi à s’enfuir d’Alep, assiste, ému, au spectacle… Edith Rappoport Spectacle vu au Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, le 17 mars.Image de prévisualisation YouTube
 


Pas encore de commentaires to “Oh! Mon doux pays”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...