SAMO (A Tribute to Basquiat ) de Koffi Kwahulé

 

SAMO (A Tribute to Basquiat ) de Koffi Kwahulé, mise en scène de Laëtitia Guédon 

 

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©Tristan Jeanne-Valès

 

« J’aurai la patience d’un roi pour me hisser jusqu’à la couronne de mon destin », clame un acteur, agitant ses gants de boxe sur une musique aux sonorités de ghetto blaster, lancée par Blade MC Alimbaye. Ce performer mêlera tout au long du spectacle ses arrangements hip-hop à ceux du jazz distillés en direct par le saxophoniste Nicolas Baudino.

Ambiance de l’underground new-yorkais des années quatre-vingt où vécut Jean-Michel Basquiat (1960-1988), d’origine haïtienne et porto-ricaine,  graffitant les murs de Soho avec ses acolytes Al Diaz et Shannon, sous le pseudonyme de SAMO, acronyme de Same Old Shit (Cette même vieille merde). Messages lapidaires poétiques et politiques, dans une Amérique contestataire en pleine effervescence.

 «La royauté, l’héroïsme et les rues », répondait Jean-Michel Basquiat au très influent critique d’art Henry Geldazahler qui lui demandait de qualifier son travail. Laëtitia Guédon recrée l’univers de cet artiste-star noir américain, dans un spectacle habilement architecturé entre texte, musique, danse et vidéo. Elle avait rencontré l’écriture de Koffi Kwahulé  avec Bintou,  qu’elle avait mis en scène, de façon tout à fait prometteuse, en 2009. Pour SAMO, hommage à Basquiat, elle lui a passé commande d’une pièce où mots et musiques s’imbriquent. Imprégnée de jazz, après s’être concerté avec les musiciens du spectacle, l’auteur a écrit un texte où deux voix se croisent, celles du jeune  Jean-Michel Basquiat, (Yohann Pisiou), et de son père, Gérard Basquiat (Blade MC Alimbaye).

 Souvenirs d’enfance de l’un, reproches et violence de l’autre,  samplés sur la  boîte à rythme, sont soutenus par les phrases interminables de John Coltrane, les silences heurtés de Thélonius Monk ou les improvisations de Nicolas Bodino… Puis les circonvolutions du danseur et chorégraphe Willy Pierre-Joseph rappellent les errances du jeune peintre, mais aussi ses talents de danseur quand il se produisait au Mudd Club, sous le pseudonyme Mister SAMO, ou dans le petit orchestre déjanté, GRAY, qu’il fonda avec Vincent Gallo et d’autres. Yohann Pisiou et lui forment un duo de choc.

 La vidéo de Benoît Lahoz ne prétend pas reproduire les œuvres de Jean-Michel Basquiat mais, en mouvements abstraits, entre en interaction avec les acteurs et musiciens.  Sont aussi projetés  des fragments de phrases, extraits des tags de Jean-Michel Basquiat par Koffi Kwahulé,

Loin du biopic, SAMO saisit sur le vif un homme dans son époque, en se focalisant sur les prémisses de la tumultueuse et courte carrière d’un artiste aux talents multiples et métissés. Un spectacle promis à une belle carrière… qu’on pourra peut-être revoir aux Plateaux Sauvages, (ex-Vingtième Théâtre), nouvel établissement culturel de la Ville de Paris (XXème), que dirige maintenant Laetitia Guédon.

 Mireille Davidovici

La Loge, 77 rue de Charonne, Paris XIème, jusqu’au 14 avril ; Théâtre Victor Hugo, Bagneux, le 21 avril et Quai des Arts, Argentan, le 27 avril.

 

 

 

 


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