Le Printemps indien au Théâtre du Soleil: Mithuna

 

Le Printemps indien au Théâtre du Soleil:

 Mithuna chorégraphie d’Annette Leday

 mithuna-dannette-ledayDans le sillage d’Une chambre en Inde, mise en scène d’Ariane Mnouchkine (voir Le Théâtre du Blog), le Théâtre du Soleil accueille une programmation tournée vers ce pays. Mithuna, en sanskrit, désigne le fait de constituer une paire, un couple, et évoque une rencontre possible entre Orient et Occident, entre deux danseurs indiens et une danseuse française.  

Chorégraphe, comédienne et traductrice de malayalam (langue parlée du sud de l’Inde), Annette Leday développe des créations mêlant techniques de danse et de théâtre indiennes et occidentales. Formée pendant des années au kathakali, dans l’Etat du Kérala, elle a créé une compagnie composée d’artistes indiens et français. 

Sur la plateau nu, des plantes vertes et des bancs vides. Chacun des trois danseurs va, dès son entrée en scène, se trouver confronté aux deux autres, le temps d’une rencontre fortuite. Hélène Courvoisier, aux postures majestueuses, regardera un peu de travers Unnikrishnan Naïr et Sadanam Manikandan,  et ceux-ci singent son style apprêté.

Hormis la danse qui les unit, tout diffère entre eux et il leur faudra un temps d’observation avant de trouver un chemin commun. Un temps de latence où les deux hommes toisent la femme, dont le visage fermé contraste avec les yeux et les sourcils mobiles des danseurs de kathakali. Hélène Courvoisier s’exprime davantage par ses mouvements que par des mimiques …

 Après ce préambule, un peu long, la danse prend son essor. Des pas de deux s’esquissent entre  la danseuse et chacun de ses partenaires qui, d’abord timides puis plus affirmés, trouvent des terrains d’entente. Les premières approches, maladroites, prêtent à rire puis des va-et-vient entre leurs styles si différents s’instaurent, riches d’invention. Sur les Suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach,  ou au rythme du chenda  (tambour indien), les bonds et les postures basses, ancrées au sol, du kathakali tentent de se marier avec les fentes asymétriques et les arabesques sinueuses de la danse européenne contemporaine.

Les Indiens ne peuvent rivaliser avec les pointes de la danseuse qui, elle, en revanche, n’a pas leur maîtrise du regard et des mains. Mais le dialogue est possible… De cette complicité nait une certaine légèreté. On pense alors à Rudyard Kipling qui, en son temps, désespérait d’une telle rencontre dans The Ballad or East and West : «L’Est est l’Est, et l’Ouest est l’Ouest. »

 Mireille Davidovici

Printemps indien avec Kunti Karna, Terres de cendres et Karuppu, (trois spectacles en tamoul sur-titré en français), créations collectives de la troupe de L’Indianostrum.
Et Une Chambre en Inde, jusqu’au 21 mai, puis du 16 juin au 2 juillet, au Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes,  T. 01 43 74 24 08, jusqu’au 9 avril.

 

 

 


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