Concert Bob Dylan

 

Concert Bob Dylan

 

(C)Chris  Pizzello

(C)Chris Pizzello

On inaugure un nouveau lieu, à l’Ile Seguin, à Boulogne-Billancourt, qui fut le fief de 1929 à 1992 des usines Renault. François Pinault abandonnera finalement son projet de musée d’art contemporain, puis Jean Nouvel concevra un plan directeur pour l’île. La Seine musicale  aura réussi à voir le jour, créée par les  architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines, auteurs entre autres, du Centre Pompidou-Metz; ils ont réalisé un bâtiment sur un tiers de la superficie, soit 2,3 hectares, de l’île. Coût : 170 millions d’euros, dont 120 de fonds publics… La nouvelle Seine musicale, gérée par un groupement privé, devra être rentable au bout de quatre saisons, avec un budget de 25 millions!

Le bâtiment, en forme d’œuf surmonté d’un semblant de voile, tout en longueur, comprend un auditorium de 1.500 places, et une salle polyvalente d’une capacité de 4.000 places assises, ou 6.000 debout… Le lieu accueillera la Maîtrise des Hauts-de-Seine, le chœur de l’Opéra de Paris, l’Académie de Philippe Jaroussky pour jeunes musiciens, et l’Insula Orchestra, dirigé par Laurence Equilbey en résidence permanente. West Side Story y sera présenté dans la grande salle, d’octobre à décembre,  dans le programme concocté par Jean-Luc Choplin, ancien directeur du Théâtre du Châtelet  et nouveau patron artistique du lieu. Il  y emmènera aussiLes Etés de la danse avec la compagnie Alvin Ailey.

Pour l’heure, c’est un concert Bob Dylan pour trois soirs, et très attendu… Nous y étions, mais que ceux qui n’ont pu y aller, se rassurent: ils n’ont rien raté. D’abord, un son épouvantable, sans doute parce que les ingénieurs n’ont pas noté que le récent prix Nobel l’a été en littérature…  Pour jouir des paroles, mieux vaut donc faire retour au CD.

La tenue de Bob Dylan en scène, on connaît. Au piano, de dos (on voit d’ailleurs qu’il ne l’a pas travaillé depuis 1962 !) ou en fond de scène, entre ses musiciens qui doivent presque le pousser pour qu’il se montre. Mais comme il porte un chapeau de cow-boy, on ne voit même pas ses yeux. Bob Dylan n’adressera pas un mot au public et ne présentera même pas ses musiciens!

 Quant à son  répertoire, à part Don’t Think twice, it’s all right et Desolation Row -mais ici massacrés- et deux ou trois de ses chansons (pas les plus connues), nous avons eu droit à un florilège de la pire variété U.S.A. et à des standards de Frank Sinatra et autres crooners, en arrangement country bas de gamme (pédale «steel guitar» jusqu’à plus soif..).  On avait l’impression d’un concert préparé à l’intention des bouseux du Midwest. Il fallait se pincer pour se souvenir que Bob Dylan a porté l’étendard de la musique contemporaine. Dernier morceau : Les Feuilles mortes, tonalité : chant funèbre. Sinistre…

Quant à son orchestre : tous des bons musiciens mais qui cachetonnaient et qui se sont contentés d’une simple mise en place jusqu’à la fin du dernier refrain…Bob Dylan n’a pas fait appel à leurs talents d’arrangeurs ! Pas une originalité, pas un trait d’humour ou de fantaisie.

Bilan : un concert triste et décevant. Le public, à part un carré de fans, ne s’y est pas trompé  et est resté sur sa réserve. Bref, ceux qui ne sont pas venus, n’ont rien perdu. Mieux vaut poser un bon vieux Bob Dylan sur sa platine et regarder l’avenir avec !

Jean-Louis Verdier

Concert entendu à la Seine musicale, Ile Seguin, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 21 avril.

Et à Francfort, le 25 avril,  Hanovre le 26 avril et  Londres, les 27 et 28 avril.

 

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