Pelléas et Melisande de Claude Debussy

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Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, poème de Maurice Maeterlinck d’après sa pièce Pelléas et Mélisande, mise en scène d’Eric Ruf,  direction musicale de Louis Langrée

 Le 17 mai 1893, au Théâtre des Bouffes-Parisiens, Stéphane Mallarmé et Claude Debussy assistent à l’unique représentation de la pièce symboliste de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande. Une révélation pour le compositeur, et une grâce : « Je cherchais à faire de la musique pour le théâtre, mais la forme dans laquelle je voulais la faire était si peu habituelle, qu’après diverses essais, j’y avais presque renoncé (…) ». Ce soir-là,  il voit et entend le poème idéal, tant recherché pour son projet lyrique : « celui qui, disant les choses à demi, me permettra de greffer mon rêve au sien».

 De 1895 à 1902, Claude Debussy travaille à restituer cette œuvre presque littéralement, et le 30 avril 1902, elle est créée sous la direction d’André Messager à l’Opéra-Comique. Depuis, nombreuses ont été les mises en scène, et aujourd’hui, Eric Ruf nous en offre une, certes classique mais magnifique, subtile et terrible.
Avec un seul décor qui va se métamorphoser au cours du drame. D’une forêt, nous passons à un port  « envasé à marée basse », une fontaine dans les bois, une tour…  L’eau occupe ici une place dramatique et scénographique majeure. Mélancolie profonde, ciel gris ou noir, espace sans horizon, humidité et froid : au Royaume d’Allemonde, la lumière se fait rare et tous, en vain, la recherchent.

Saluons la référence au peintre Gustave Klimt ,contemporain du compositeur pour la robe en écaille d’or pailleté et la chevelure rousse de Mélisande ( extraordinaire Patricia Petibon).  Le personnage est le seul porteur de lumière dans cet univers sombre, et l’on pense à un autre peintre, Pierre Soulages. Les costumes réalisés par Christian Lacroix sont de toute beauté, et la création lumière de Bertrand Couderc, d’une grande force poétique.

Drame de l’amour pur, de l’innocence, de la jalousie mais aussi du destin, l’intrigue, simple, se déroule au Royaume imaginaire d’Allemonde, gouverné par le  vieux roi Arkel. Au cours d’une chasse en forêt, le prince Golaud (demi-frère de Pelléas) rencontre une inconnue, la ravissante et mystérieuse Mélisande,  et l’épouse. De retour au château, le prince Golaud présente sa femme à Pelléas qui tombe sous le charme de cet être si singulier et si gracieux. Un amour pur et passionnel naît alors entre lui et Mélisande.

Cependant, ici, son sens des atmosphères, son langage musical impressionniste comme il est convenu de le nommer, ses harmonies, nous parviennent tel un chant magique, ou un conte musical.Mais l’œuvre n’est pas des plus accessibles… Sous la direction hors-pair de Louis Langrée, les chanteurs, tous exceptionnels, réussissent l’exploit de rendre plus réel le mystère et l’invraisemblance aussi, que la réalité de l’intrigue.

Eric Ruf, avec cette première mise en scène au théâtre des Champs-Elysées, nous permet d’accéder à cet opéra si énigmatique et envoûtant, faussement simple, en nous procurant une émotion rare…

Elisabeth Naud

Théâtre des Champs-Elysées 15 avenue Montaigne Paris VIII ème. T. : 01 49 52 50 50, jusqu’au 17 mai.

 

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