Biennale Internationale des Arts de la Marionnette

 

Biennale Internationale des Arts de la Marionnette :

 

Le Pavillon des Immortels heureux  de Marcelle Hudon

 Autour de cubes de bois, trônent de curieux petits personnages automates pour un concert. Une ballerine à tête de cochon tape des pieds sur un plancher puis s’immobilise, ses bras en fil de fer autour du corps. Les pulsations produisent une musique percussive et aléatoire. Un autre espace s’éclaire pour un duel à l’épée entre deux guerriers à têtes de feuille et aux membres de bois fin. Puis un petit théâtre d’ombres s’agite au fond de la salle, et, si on tourne la tête, on découvre alors des squelettes aux gestes saccadés comme dans un mauvais rêve. Un personnage étrange aux bras grands ouverts agite sa tête comme une balle de ping-pong, des papillons volent …

Ces sculptures minimalistes créées par Marcelle Hudon et Maxime Rioux à Montréal ont une grande force d’évocation. Dans cet univers plastique très réussi, les gestes de ces automates ont la justesse des mouvements humains. D’un réalisme surprenant, ils sont induits, de manière aléatoire, par des ondes sonores envoyées depuis la régie, provoquant des mouvements sur les marionnettes. Ce qui suppose de minutieux réglages et de longues recherches : ajustement des ressorts, calcul du poids des marionnettes,  mise au point du mouvement, souplesse…

Un seul regret dans ce bel enchantement d’une petite vingtaine de minutes, il ne s’agit pas du concert annoncé, mais plutôt d’une performance sonore.

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 Max Gericke ou pareille au même de Manfred Karge mise en scène de Jean-Louis Heckel

Le directeur de la Nef Manufacture d’utopies à Pantin, s’est attaqué au texte de Manfred Karge, membre du Berliner Ensemble, après Michel Raskine qui l’avait créé pour la première fois en France. Écrit en 1991, la pièce s’inspire d’un fait divers de l’Allemagne des années 30 : Ella Gericke, à la mort de son mari, décide de se faire passer pour lui, notamment à son travail. Elle devient grutier et vit par procuration. Le drame d’Ella Gericke, la question de l’identité, du vrai et du faux, renvoient au cauchemar que traverse l’ Allemagne dans ces années noires. 

Hélène Viaux incarne cette femme détruite, avec un mélange de fragilité, de résilience et une dose de folie. Toujours sur le fil du rasoir, elle s’empare avec brio d’un texte difficile, parfois peu « théâtral”. Dans un coin du plateau, Clarisse Catarino joue à l’accordéon des morceaux des années 30. En fond de scène, des mannequins nus ou habillés, figurent les personnages qui hantent Ella.

La comédienne les fait vivre en s’adressant directement à eux, sans perdre de vue son public. Mais tout cela reste statique et le seul talent d’Hélène Viaux ne suffit pas à animer la scène, organisée de manière très classique avec un lit, une table, des chaises, éclairés au moment où ils sont en jeu. Mais loin d’un travail sur l’objet ou la marionnette  et faute d’une véritable manipulation, ces mannequins manquent de vie. Ce grand texte, difficile, n’a pas trouvé ici les bons ajustements, malgré le travail d’une comédienne engagée et touchante. Mais bon, c’était la première de cette nouvelle création.. Donc à suivre.

Julien Barsan

Spectacles vus le 11 mai à la Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris XIème T. 01 47 00 25 20.
Le Mouffetard-Théâtre des arts de la marionnette, 73 rue Mouffetard, Paris 5e T. 01 84 79 44 44, 
www.lemouffetard.com

 

 

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