PrinTemps de Paroles

 

PrinTemps de Paroles au Parc culturel de Rentilly Michel Chartier

 

Dans le Parc culturel de Rentilly (Seine-et-Marne), à trente kilomètres de Paris, le château avait fait l’objet, pour sa réhabilitation, d’un concours en 2011;  et avaient été retenus le projet de l’équipe Bona Lemercier, maîtrise d’ouvrage,architecture/Xavier Veilhan, œuvre artistique/Alexis Bertrand, scénographe, qui a proposé une immersion paysagère du château dans le parc avec la mise en place d’un habillage en inox qui reflète les lumières, le ciel et ses nuages. A l’intérieur,  la salle des trophées et les bains turcs  accueillent des expositions d’œuvres d’art contemporain, un espace des arts vivants pour les spectacles et rencontres diverses, et un centre de ressources documentaires. Et il y a, autour, un magnifique parc d’une cinquantaine d’hectares avec bassins, jardin à la française et grandes prairies plantées d’arbres rares.

Depuis quatorze ans, dans cet écrin de verdure, a lieu le festival PrinTemps de Paroles, organisé par la Communauté d’agglomération de seize communes de la Marne et Gondoire. Durant une semaine, ses communes programment des spectacles, avec une fin en apothéose le week-end, au parc de Rentilly. Avec au total,trente-cinq spectacles ou performances gratuits… En majorité de rue et du cirque, mais aussi quelques-uns de théâtre et de danse pour un public surtout familial de la région.

La Peau d’Élisa de Carole Fréchette par la compagnie La Fugue

Un banc et quelques chaises, sous un arbre. Judith Thiébaut, seule en scène y déroule avec énergie cette pièce d’une étrange poésie avec des récits d’amour où la peau et le corps changent et se flétrissent. Cette écriture d’une grande force repose sur des témoignages recueillis par Carole Fréchette dans des quartiers populaires de villes belges. Pour actualiser son propos, Judith Thiébaut cite des noms de rues situées  aux environs de Rentilly. Elle cherche à différencier les deux femmes de la pièce en jouant avec un élastique à cheveux et inspecte sa peau avec un miroir de poche. Dans cette grande proximité avec le public, et en l’absence de véritable mise en scène, la comédienne a du mal à donner toutes les nuances du texte. On retrouve bien l’engagement propre au théâtre de rue mais peut-être moins la finesse de jeu d’un théâtre en salle…

 Liberté par la Muchmuche company

 Deux personnages surgissent de derrière un grand tableau : un grand échalas en marinière et une petite bonne femme en imperméable. Elle équilibriste, lui jongleur, incarnent avec humour et poésie un roi à la couronne démesurément haute, un général en képi, une élève affublée de son cartable…

Les situations s’enchaînent dans une savante chorégraphie, et souvent en musique. Le jongleur empile des massues en équilibre, un pistolet oscille sur son front. Des fils sortent de partout, fixés ça et là. Ils écrivent sur le tableau à l’endroit, à l’envers, de face ou de dos. A la fin, les mots forment les vers d’un poème. Rafraîchissant, même si parfois on a du mal à suivre ces artistes .

Le 27 mai aux Préamballes à Bonson (42); les 3 et 4 juin à la fête du cirque de Saint Romain de Colbosc (76); du 6 au 10 juin avec Cultures Communes (62); les 24 et 26 juin à Jour de danse  à Besançon puis du 30 juin au 2 juillet au festival Vivacité à Sotteville-lès-Rouen. Et du 23 au 26 août, au festival Éclat d’Aurillac.

 

©Remy Sabran

©Remy Sabran

 preMIX chorégraphie d’Herman Diephuis

 Le public assis  au sol voit arriver Dalila Khatir, petite, mais imposante dans sa tunique noire et Marvin Clech, en short, débardeur et baskets. Deux corps, deux costumes que tout oppose… Rompant le silence, Dalila Khatir chante puis lance au jeune une bordée d’insultes racistes, antireligieuses ou homophobes. Le danseur, répond en la menaçant de ses poings, mais arrête ses coups au dernier moment, tandis que résonne Personal Jesus dans les versions de Depeche Mode et de  Johnny Cash.
Enfin, Dalila Khatir vomit littéralement un discours d’extrême droite. Un duo de trente minutes construit comme une “battle“, opposant le langage des mots à celui du corps qui laissera le public KO.

 Le 22 juin au Maïf Social Club, 37 Rue de Turenne, 75003 Paris. T. : 01 44 92 50 90

 Landscape(s)#1 par  la compagnie La Migration

 Ce spectacle d’acrobatie, en hommage aux sculptures mobiles de Jean Tinguely, se déroule sur un axe central rotatif, prolongé par deux cordes parallèles très tendues. On ne soulignera jamais assez le talent des concepteurs de ces structures de spectacle ! Celle-ci répond à la moindre sollicitation des  artistes  qui, d’une simple pression du pied,  la font tourner avec beaucoup de  facilité.

Quentin Claude et Gaël Manipoud utilisent ce dispositif, d’abord comme une simple balançoire, puis en explorent toutes les possibilités, avec des acrobaties de plus en plus impressionnantes. L’un, tout en haut, fait office de balancier pour garantir la stabilité de l’autre, fil-de-fériste. Les percussions de Jean-Christophe Feldhandler accompagnent cette féérie. Un spectacle virtuose, défiant les lois de la physique, et qui propose aussi une belle dramaturgie de la dualité artistique.

Les 3 et 4 juin au festival du Chapiteau Bleu à Tremblay-en-France (93) ; les 9 et 10 juin à Annezin (62) ; le 24 juin au Festival Les Petits Pois à Clamart (92) ; les 29 et 30 juin, au festival Solstice à Antony (92); le 1er juillet, au festival Musiques et Cirques au Parc à Rosny-sous-Bois (93) ; le 2 juillet, au festival Les Traverses de Méréville (91); le 16 juillet, au festival Vertical’été de Mont-Dauphin (05)  et  le 12 août au festival FARSe à Strasbourg.
https://vimeo.com/191490819

Julien Barsan

Spectacles vus le 21 mai, au Parc culturel de Rentilly. T : 01 64 02 15 15 www.parcculturelrentilly.fr

 

 

 

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