Jésus de Marseille, de Serge Valetti, mise en scène Danièle Israël

Festival d’Avignon

 Jésus de Marseille, de Serge Valetti, mise en scène Danièle Israël

 

©-Jacques-Delforge

©-Jacques-Delforge

Serge Valetti fait confiance à deux choses : l’écriture et la ville de Marseille. Qui, pour lui, n’en font qu’une, ou presque.
Finalement, il fait surtout confiancé au théâtre et au public. Avec Jésus de Marseille, il nous donne son Evangile : au commencement était le début. Pour le verbe, ça coule de source, avec jeux de mots, fantaisies lexicales et topologie de Marseille expliquée à tous les autres, nous et les habitants de Troyes où a été créée cette mise en scène.

Camille Cuisinier et Pierre-Benoist méritent un cascade d’adjectifs : vaillants, modestes, hilarants, habiles, rapides, généreux (et celui qui nous trouvera dix-neuf autres adjectifs aura gagné). Varoclier, nous emmènent dans les tribulations de ce gamin, fils de Jo le menuisier et de Marie. Comment il vit pousser la colline de Notre Dame de la regarde, oui, puis, à force de regarder, de la Garde, tout simplement, comment Jean le bathyscapha (oui !) dans un ruisseau du genre égout, comment Simon-Pierre cessa pour lui de pêcher les crabes à la fourchette, bref un histoire assez connue, racontée cette fois avec une précision toute marseillaise.

Serge Valetti n’est pas un amuseur et on rit beaucoup de ses feux d’artifices verbaux qui partent d’une réalité. Il se trouve qu’elle a pour nom Marseille, ville de échanges, des émigrations et migrations, car les pauvres bougent dans tous les sens quand il s’agit de manger,  vivre et faire des «petitous », dont l’un peut s’appeler Jésus. Et ce Jésus-là, comme ailleurs, peut finir au centre d’un carrefour, crasseux, généreux, lançant au monde une prophétie d’amour devant laquelle le monde en question se bouche le nez.
C’est l’acmé de la pièce, la fantaisie et la virtuosité verbales accouchant du drame. Le public en reçoit le choc, et puis… de moins en moins : Serge Valetti a du mal à finir ses pièces, souvent commencées avec un certain génie ; le même problème se posait pour Comment j’ai jeté ma grand-mère dans le vieux port, dans une mise en scène récente d’Etienne Pommeret.

Le texte se fatigue, sinue, et finit par laisser un peu en déroute le spectateur ami. Lequel ne sera néanmoins pas avare d’applaudissements, dans un grand merci pour les neuf dixièmes de la pièce et pour cette ville qu’il ne connaît pas forcément, emblème d’une humanité tenace.

 Christine Friedel

Théâtre des Halles, 11h, jusqu’au 29 juillet. T. 04 32 76 24 51

 


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