The Hole, chorégraphie de Hsiao-Tzu Tien

Festival d’Avignon

(C)Jean Couturier

(C)Jean Couturier

The Hole, chorégraphie de Hsiao-Tzu Tien.

Ce spectacle, soutenu par le Centre culturel de Taïwan à Paris, et le ministère de la Culture de ce pays fait partie d’une riche programmation qu’il nous offre… pour la onzième  année dans le off ! Certaines de ses créations ont fait après Avignon,  de belles tournées internationales. Comme, l’année dernière, Floating Flowers,  par la compagnie B.Dance, (voir Le Théâtre du Blog).

 Hsiao-Tzu Tien, qui a obtenu l’an passé une bourse de résidence à la Cité Internationale des Arts de Paris, s’inspire de ses expériences personnelles et de ses sensations au quotidien. Elle cherche à traduire «ce sentiment de flottement entre l’homme et son environnement, entre l’intérieur et l’extérieur, propre, selon elle, à notre époque. «Les jours passent et je reste immobile, je n’arrive pas à entrer dans mon rêve », dit-elle, en voix off, au début du spectacle.

Cinq danseuses dont  elle, vont, pendant  cinquante minutes, tenter de nous faire partager cette état-frontière entre réel et imaginaire. Plusieurs tableaux se succèdent ainsi sur un mode répétitif: chutes des danseuses, piétinement des corps qui s’empilent les uns sur les autres, puis qui se séparent du groupe.

Libre à chacun d’interpréter ces images selon sa propre sensibilité, mais  il n’y a pas de véritable cohérence entre les scènes. Une paire de chaussures, un micro ou un téléphone font parfois  irruption sur le plateau et ajoutent à la confusion de la lecture : on entre difficilement dans cet univers, malgré certains tableaux d’une grande beauté sensuelle, comme la diagonale des corps dans un rayon de lumière, ou les courses folles de danseuses qui se croisent, en soulevant une poussière terreuse. Avec un engagement et une énergie sincères. Elles forment  un groupe cohérent  et ont une vraie écoute entre elles…

Dans cet espace nu, les sons et la musique de Li Yu-De accentuent la sensation d’étrangeté d’un monde un peu autiste où la chorégraphe essaye de nous faire entrer. Mais elle a du moins le courage de nous présenter une pièce qui ne manque pas d’ambition, parmi les dizaines de spectacles de danse souvent racoleuses dans le Off. Impression donc mitigée !

De belles intentions ne font pas toujours mouche, mais, comme il est rare de croiser de telles œuvres, vous pouvez, si vous laissez de côté votre rationalisme, faire un voyage  atypique dans un imaginaire complexe,  issu d’une autre culture…

Jean Couturier

Hivernales, Centre de développement chorégraphique,  18 rue Guillaume Puy, Avignon, jusqu’au 19 juillet, à 21 H 45.

hivernales-avignon.com               

 

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