Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila/Ça va, ça va, le monde!, RFI

 

Festival d’Avignon

 

©RFI/Pascal Gely

©RFI/Pascal Gely

Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila, adaptation et mise en lecture de Julie Kretzschmar, dans le cadre de Ça va ça va le monde!, cycle de lectures organisé par Radio-France Internationale

« Au commencement était  la pierre, et la pierre provoqua la possession, et la possession, la ruée… », ainsi l’auteur dénonce-t-il le système marchand qui s’est emparé de la planète, notamment de la ville-pays Lubumbashi. Depuis la gare du Nord à Paris, le texte nous entraîne au Congo, vers une autre ligne de chemin de fer construite, symbole de la colonisation, dans le sillage du voyage de l’explorateur Stanley.

 Constitué de récits enchâssés et d’allers et retours entre Afrique et Europe, ce premier roman du dramaturge congolais, adapté ici pour  la scène, brosse le portrait de la capitale minière, par le biais d’un lieu central symbolique,  le Tram 83. À la fois boîte de nuit et bordel cosmopolite où déboulent « creuseurs»  en mal de sexe,  touristes occidentaux, étudiants ou hommes d’affaires de tous horizons.

Là, Lucien, tout juste débarqué de l’arrière-pays pour échapper aux  polices politiques, s’accroche à son stylo, au milieu du tumulte et se retrouve dans les bras d’une fille «aux seins-grosses-tomates». « Je suis la reine de la nuit, dit-elle, et sans moi le tram est une succursale des rêves broyés. » Il y côtoie Requiem, son ex-pote, et Malingeau, amateur de chair fraîche et éditeur qui lui propose de le publier dans sa collection Train du bonheur ,  à condition qu’il réduise son texte à dix personnages, et qu’il évite de parler de la misère:  « On en a assez de la misère dans la littérature africaine (…) »

Tirer une heure de lecture radiophonique de ce texte poétique et imagé, buissonnant de digressions était une gageure, qu’ont pourtant réussie la metteuse en scène et ses comédiens : Astrid Bayiha Christophe Grégoire et Moanda Daddy Kamono, accompagnés des plages de musique bien dosées, composées et interprétées par  Sébastien Arnoux. Nous les retrouverons dans une création plus ample, avec une plus nombreuse distribution, aux prochaines Francophonies de Limoges.

 L’auteur, qui vit en Autriche, nous offre «un théâtre-conte qui traite de ce pays dans une perspective historique» d’une grande complexité, avec un portrait onirique et réaliste d’une Afrique contemporaine bouillonnante de vie. « Pourquoi, reproche Requiem à Lucien,  tu t’entêtes à rêver à un monde possible ? » C’’est pourtant ce que fait Fiston Mwanza Mujila, avec ce voyage halluciné et drôle dans la langue et l’énergie de son pays réinventé. À lire, à entendre, ou à voir

Mireille Davidovici

 Tram 83 (éditions Métailié, Paris 2014) sera créé le 22 septembre aux Francophonies en Limousin, à Limoges.

Prochaines lectures en Avignon: 18 juillet Le Décapsuleur Laetitia Ajanohun ( Belgique /Bénin) ; le 19 juillet Les Sans d’Ali Kiswinsida Ouedraogo; le 20 juillet Le Ventre de l’Atlantique de Fatou Diomé à 11 heures au Jardin de l’Hôtel de Mons, rue de Mons à Avignon.

 

Diffusion R.F.I. tous les dimanches à 12h, à partir du 30 juillet et sur rfi.fr : Fréquence Paris – RFI 89 FM / Abidjan – RFI 97,6 FM / Conakry – RFI 89 FM  Cotonou – RFI 90 FM / Dakar – RFI 92 FM / Lubumbashi – RFI 98 FM / Ouagadougou – RFI

 

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