Néant, une performance solo de Dave St-Pierre.

 

IMG_794Festival d’Avignon

 Néant, une performance solo de Dave Saint-Pierre

 A l’initiative de Jan Fabre, la compagnie de Dave Saint-Pierre avait été invitée en 2009 au cloître des Célestins, avec Un peu de tendresse bordel de merde. Cette année, il revient seul, et dans le off à un horaire matinal. «Ils disent que je suis une vieille recette», avoue-t-il,  au  début de son spectacle…

Il n’a rien perdu de son côté provocateur, et nu, protégé par une house à vêtement, il invective aussitôt le public. La tendresse n’a pas non plus disparu,  et il nous rend à la fois heureux et ému. «Parce que dans la vie de tous les jours, dit-il, je suis parfois un homme, parfois un animal, plus souvent qu’autrement une déficience entre les deux. Mon esprit oscille toujours entre raison et insanité. Toujours cette bataille entre exercer un protocole exemplaire ou l’impulsion de juste cracher au visage».

Cet artiste sans concession se présente sous une double apparence. D’abord, nu, coiffé d’une perruque blonde frisée et, avec une voix de personnage de dessin animé, il fait son numéro, dialogue avec le public, caricature Jan Fabre et Olivier Dubois. Une fois sa perruque retirée, il  paraît frêle et fragile, prenant une pose, «de performance muséale», comme il dit.

En fait, on assiste là, à un geste artistique, miroir d’une réalité fracturée. Pendant ce temps, Alex Huot, son collaborateur, réalise et projette en vidéo des dessins de lui, style Roland Topor… D’un tableau à l’autre, tel un clown blanc, en équilibre instable et nu, Dave Saint-Pierrre oscille entre une humanité fragile qu’il veut représenter, et une animalité instinctive et cruelle enfouie,  qu’il libère avec jubilation. «Si vous prenez des photos pendant le spectacle, prévient-il, je le ferai aussi et je vous retracerai sur Facebook».

Personne n’osera donc capter son image. Sa douce folie nous met en joie et nous ressortons de là, un peu plus sensible peut-être … en ayant l’impression d’avoir assisté à une sorte de messe païenne,  intime et inoubliable.

 Jean Couturier

Théâtre de l’Oulle 19 place Crillon, Avignon, à 10 h 30, jusqu’au 30 juillet, relâche les 17 et 24 juillet.

theatredeloulle.com

www.compagniedavestpierre.com          


Archive pour 20 juillet, 2017

Néant, une performance solo de Dave St-Pierre.

 

IMG_794Festival d’Avignon

 Néant, une performance solo de Dave Saint-Pierre

 A l’initiative de Jan Fabre, la compagnie de Dave Saint-Pierre avait été invitée en 2009 au cloître des Célestins, avec Un peu de tendresse bordel de merde. Cette année, il revient seul, et dans le off à un horaire matinal. «Ils disent que je suis une vieille recette», avoue-t-il,  au  début de son spectacle…

Il n’a rien perdu de son côté provocateur, et nu, protégé par une house à vêtement, il invective aussitôt le public. La tendresse n’a pas non plus disparu,  et il nous rend à la fois heureux et ému. «Parce que dans la vie de tous les jours, dit-il, je suis parfois un homme, parfois un animal, plus souvent qu’autrement une déficience entre les deux. Mon esprit oscille toujours entre raison et insanité. Toujours cette bataille entre exercer un protocole exemplaire ou l’impulsion de juste cracher au visage».

Cet artiste sans concession se présente sous une double apparence. D’abord, nu, coiffé d’une perruque blonde frisée et, avec une voix de personnage de dessin animé, il fait son numéro, dialogue avec le public, caricature Jan Fabre et Olivier Dubois. Une fois sa perruque retirée, il  paraît frêle et fragile, prenant une pose, «de performance muséale», comme il dit.

En fait, on assiste là, à un geste artistique, miroir d’une réalité fracturée. Pendant ce temps, Alex Huot, son collaborateur, réalise et projette en vidéo des dessins de lui, style Roland Topor… D’un tableau à l’autre, tel un clown blanc, en équilibre instable et nu, Dave Saint-Pierrre oscille entre une humanité fragile qu’il veut représenter, et une animalité instinctive et cruelle enfouie,  qu’il libère avec jubilation. «Si vous prenez des photos pendant le spectacle, prévient-il, je le ferai aussi et je vous retracerai sur Facebook».

Personne n’osera donc capter son image. Sa douce folie nous met en joie et nous ressortons de là, un peu plus sensible peut-être … en ayant l’impression d’avoir assisté à une sorte de messe païenne,  intime et inoubliable.

 Jean Couturier

Théâtre de l’Oulle 19 place Crillon, Avignon, à 10 h 30, jusqu’au 30 juillet, relâche les 17 et 24 juillet.

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