Bêtes de scène, mise en scène, conception et scénographie d’Emma Dante

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©Christophe Raynaud de Lage

 

Festival d’Avignon

Bêtes de scène, mise en scène, conception et scénographie d’Emma Dante

Originaire de Sicile,  déjà connue de la critique mais remarquée par le public en 2014 au festival d’Avignon avec Le Sorelle Macaluso, Emma Dante revient avec une pièce sans texte, sans décor, avec peu de musique et les costumes que les comédiens portent au quotidien. Cette œuvre leur a demandé un an et demi de répétition, à raison d’une semaine par mois, ce qui leur permit de bien se connaître.

Le nu au théâtre crée souvent une tension entre artistes et spectateurs qui prend selon le propos, des allures diverses: du racolage voyeuriste à une esthétique provocatrice. Le public est toujours troublé, comme l’a été la metteuse en scène aux premières répétitions. Son réflexe a d’abord été de cacher leurs parties génitales, ce que font les  acteurs au début du spectacle. A cause de son éducation, elle y a vu un péché mais ne renonça pas à exposer cette nudité des corps, festive et jubilatoire qu’apprécie le public, à en juger les saluts chaleureux.

Ces êtres humains transformés en «bêtes de scène» ont, pour seuls liens avec l’extérieur, des objets venus des coulisses, comme un seau d’eau, des ballons, une poupée qui parle, un fleuret, des balais etc … provoquant jeu, conflits,  amitiés, et parfois des gestes quotidiens. La nudité est ici mise en valeur avec simplicité et met en évidence les actes les plus infimes de la vie.

 Pour Emma Dante, en tee-shirt à l’effigie de la Vierge à sa conférence de presse, n’entend pas pour autant délivrer  de message : «C’est une communauté de nouveaux-nés, ils n’ont pas d’inhibition, ils sont purs, et leur nudité représente ici l’innocence sans tache, comme un besoin de retourner à l’état sauvage pour pouvoir à nouveau se mettre à raisonner».

Comédiens et spectateurs ressortent de cette représentation, un peu changés, peut-être plus heureux, en ayant retrouvé le plaisir ludique de l’enfant, comparable à celui  que nous offre le théâtre. Ne sommes-nous pas tous, public ou artistes, de grands enfants quand nous entrons dans une salle de spectacle  ? Une création d’une heure, qui est aussi un très bel hommage au théâtre.

Jean Couturier.

Gymnase Aubanel jusqu’au 25 juillet, puis en tournée en Italie,  et à Théâtre Joliette-Minoterie de Marseille, les 18 et 19 janvier 2018  et au Théâtre du Rond-Point à Paris, du 6 au 25 février.

festival-avignon.com

                

 

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