Les Grands de Pierre Alferi, mise en scène de Fanny de Chaillé

Photo Marc Dommage

Photo Marc Dommage

Les Grands de Pierre Alferi, mise en scène de  Fanny de Chaillé

 Il y a d’abord un plateau imposant aux niveaux différents, comme des marches d’escaliers toutes en rondeurs, de couleur beige. Une très jeune fille descend par la salle, et pénètre sur la scène, en nous toisant du regard. Avec sa voix enregistrée, elle nous raconte son CE1… On découvre alors une diablesse dans la petite fille mignonne et elle va nous expliquer comment elle met tout en œuvre, pour rester la première dans toutes les matières, allant jusqu’à pousser ses petites camarades !

Fanny de Chaillé et Pierre Alferi sont «partis du postulat selon lequel les enfants sont très peu représentés dans la société actuelle, ou que cette représentation de l’enfance est souvent stigmatisée (…) il s’agissait d’interroger la langue même de l’enfance. Voir des gens grandir sur un plateau, cela signifie convoquer des enfants et des adolescents à jouer le même rôle que les trois acteurs en présence. Trois âges sont représentés par trois personnes, comme trois histoires qui se répondent. Chacun des trois acteurs adultes a son enfant et son adolescent, et leurs chemins se croisent sur le plateau, au sens figuré comme au sens propre ».

 En effet, les acteurs ne cessent d’arpenter ce parcours, les petits suivant les grands, parfois en se couchant et en se relevant, et cela devient vite un peu agaçant! Les costumes bien conçus permettent ce rappel à l’avancée en âge : plus un personnage est petit, plus il a de carreaux sur sa chemise, pour une autre, la tunique se fait de plus colorée avec l’âge.

Pierre Alferi, fils ainé de Jacques Derrida, navigue entre philosophie et poésie, et plus le spectacle avance, et plus son texte se fait interrogatif, philosophique et devient intéressant. Mais dommage, cela prend du temps pour  y entrer et le rythme reste un peu lent. On assiste quand même à un retournement vivifiant, quand les ados se plaignent de la façon dont les adultes les racontent. C’est frais, juste et ouvre sur une fin gentille qui permet à la chanson spécialement écrite par Dominique A,  de retentir.

 Fanny de Chaillé signe ici un spectacle fondé sur des bases solides mais dont le passage au plateau ne tient pas toutes les promesses, malgré une belle équipe de comédiens, petits et grands.

 Julien Barsan

 Théâtre benoit XII, rue des teinturiers  jusqu’au 26 juillet.
Du 20 au 23 septembre au Festival d’Automne à Paris
 Du 14 au 18 novembre à la Comédie de Reims.
Les 18 et 19 janvier au Centre Chorégraphique National de Caen, les 23 et 24 janvier au Centre Dramatique national de Montpellier, les 26 et 27 janvier au Centre de développement chorégraphique national de Toulouse, le 30 janvier au Parvis, Scène nationale de Tarbes
 Et les 20 et 21 avril au Théâtre de Lorient, Centre Dramatique national.

 

 

 

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