Face à la mer, dramaturgie et chorégraphie de Radhouane El Meddeb

 © Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

Festival d’Avignon

Face à la mer, dramaturgie et chorégraphie de Radhouane El Meddeb

 

Radhouane El Meddeb avant de fonder sa compagnie de danse en 2006,  avait commencé par être comédien, d’où l’importance qu’il accorde au texte, et ce beau titre vient d’un monologue en arabe non surtitré, qui accompagne ce spectacle qui établit le lien avec son histoire personnelle, entre la France, son pays d’adoption (il a obtenu sa naturalisation en 2008) et sa Tunisie d’origine, incarnée ici par les chanteurs, musiciens  et danseurs  qui l’accompagnent.

 «Je viens de ma Tunisie, dit-il, pour y entamer une nouvelle histoire faite de ce que j’y découvrirai et que je ne sais pas encore. » Il veut raconter son pays d’hier, d’aujourd’hui et de demain, et en pleine  mutation : «Peut-on éclairer, dit-il, nous les artistes, de notre lucidité, de notre art, les chemins sombres du futur?».

 Pour le chorégraphe, cette pièce répond à une nécessité, suite aux événements de 2011 et au décès de son père, car aujourd’hui, dans ce pays, la parole se libère mais la peur subsiste. Dans la beau cloître des Carmes, la musique d’un piano à queue et les chants inspirés d’œuvres traditionnelles résonnent dans la  nuit;  la chaleur d’Avignon fait le reste pour nous transporter de l’autre coté de la Méditerranée, pendant que les artistes  cherchent un peu trop longuement notre regard. Deux danseurs traversent la pièce, et les acteurs se déplacent avec lenteur et se rejoignent parfois, comme le ressac de la mer.

Oui, mais voilà… tout ceci ne suffit pas à faire une chorégraphie signifiante qui laisse un peu sans réaction un public surpris aussi par la brièveté du spectacle : cinquante-cinq minutes !  Le chorégraphe joue de sa fragilité : «Je suis à la quête de quelque chose de l’ordre de la sensation, qui se ressent et qui n’a pas de langue, qu’est- ce que l’on est bien quand on est dans le sourire, le regard, la voix, le chant, sans le langage».

Si l’on accepte ce postulat de départ,  ce qui nous demande un certain abandon, on peut apprécier ce moment. Mais nous sommes restés sur notre faim, en manque de jeux et de mouvements et sommes  repartis de cette courte nuit…un peu frustré.

Jean Couturier

Cloître des Carmes, Avignon, jusqu’au 25 juillet, relâche le 23 juillet.

festival-avignon.com  

 

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