Les Pâtissières de Jean-Marie Piemme, mise en scène de Nabil El Azan

 

Festival d’Avignon

photoaffichesanscopyright-300x205Les Pâtissières  de Jean-Marie Piemme, mise en scène de Nabil El Azan 

 Les trois sœurs de la pâtisserie Charlemagne, Mina, Flo et Lili ont dû vendre la boutique ancestrale à un promoteur et mettre un terme à leur activité. Entre la maison de retraite et leurs  souvenirs, elles répondent à l’interrogatoire-réel ou imaginaire-d’un policier qui enquête sur la disparition du marchand de biens…

Nous avions vu le spectacle à sa création, au Théâtre des Déchargeurs, mais, entre temps, il a été rodé et débarrassé d’une scénographie encombrante. Dans le sobre décor qu’offre cette chapelle du 13e siècle, aménagée en confortable salle de spectacle, la pièce de Jean-Marie Piemme trouve toute sa force et son humour caustique, portée par une distribution taillée sur mesure.

Comme chez Anton Tchekhov, trois caractères s’opposent : l’aînée  (Christine Murillo) se sent responsable du naufrage de la maison Charlemagne, et tente de ramener à la raison sa cadette (Chantal Deruaz), râleuse patentée, prompte à vilipender l’époque et  «le goût merdeux» du «client standard»,  et la benjamine (Christine Guerdon), restée fleur bleue, malgré son âge.   Mais grand chose  de tchékovien dans l’écriture tonique de l’auteur belge, même si un brin de nostalgie se glisse entre les lignes. « Mais ne nous y trompons pas, dit-il, ces pâtissières en bout de course n’ont rien perdu de leur éclat. Elles savent rebondir. Au pied du mur inéluctable que dressent devant elles, le devenir d’une société grise et les spectres de la vieillesse, ce sont trois femmes combatives qui se dressent. Trois femmes[…] que le sens de l’humour n’a pas déserté, trois femmes tour à tour agressives, tendres, violentes, défaites, enragées, (dangereuses ?). »

 Nabil el-Azan a su manier avec tact cette comédie «pâtissière», sous-tendue par une intrigue policière qui tient en haleine. Derrière le goût sucré  de cette pièce saupoudrée d’une pincée de burlesque, grâce à la  plume subtile de Jean-Marie Piemme,  subsiste une pointe d’amertume. À savourer …

Mireille Davidovici

 Petit-Louvre, 3, rue Félix-Gras, Avignon. T. 04 32 76 02 79,jusqu’au 30 juillet.

 La pièce est publiée aux éditions Lansman

 

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