A quand la mer ? texte et mise en scène de Manuel Durand

Festival d’Avignon

A quand la mer ? texte et mise en scène  de Manuel Durand

©Philippe Castilla

©Philippe Castilla

 Un spectacle de plus sur le thème de la famille et des souvenirs de jeunesse ? Ce que l’on pourrait se dire un peu vite en survolant le résumé d’ A quand la mer. Mais à la différence de Flore Lefebvre des Noëttes, passée maître dans l’autofiction (voir La Mate et Juliette et les années 70 dans  Le Théâtre du Blog), le texte comporte ici des passages où la réalité est malmenée, théâtre de l’espace intérieur des personnages.

Soit dans une famille recomposée, une mère, un beau-père, deux filles et un garçon, narrateur principal qui commence par se demander si deux demi-sœurs en valent une « entière » ! Le fils a été nommé Odysseas, souvenir de l’amour de la mère pour la Grèce. Une des sœurs se prénomme Nana, en hommage à Nana Mouskouri ! On voit d’ailleurs la chanteuse grecque traverser le plateau et s’adresser à la mère.

La famille part en vacances et on assiste aux chamailleries habituelles entre frères et sœurs. Le père/beau-père fait de son mieux, la mère bascule peu à peu vers une certaine folie et les enfants peinent à comprendre et à se dire les choses. Le père d’Odysseas, l’ex-mari, fait son apparition, avec un masque couleur chair qui lui donne un air de cow-boy fantomatique inquiétant. Réel et rêves se mélangent allègrement.

«Dans cette atmosphère que l’on voudrait légère comme un départ à la mer, dit Manuel Durand, dans ce joli capharnaüm des émotions, les incompréhensions persistent. Chacun tire la ficelle censée dénouer ce mal à dire, mais la pelote n’est plus qu’un gros nœud serré. (…) Ici la fiction interroge la réalité pour mieux souligner nos fragilités, la violence de nos émotions, la peur de la dépossession de soi et celle du temps qui passe. »

Avec quelques éléments d’époque, perruques, costumes et vieux canapé, Manuel Durand nous embarque dans une comédie douce-amère,  où cette famille qui n’a rien d’extraordinaire pourrait être la nôtre. Stéphane Aubry, d’une voix douce, incarne un jeune homme désemparé et rempli de questionnements. Si vous avez aimé Émilie Cazenave en Nana Mouskouri évanescente, vous l’adorerez en hôtesse de l’air québécoise et narcoleptique. Le couple est incarné par Manuel Durand et Flore Grimaud, en mère qui s’abandonne peu à peu à la folie. Signalons aussi la belle énergie de Lucie Brunet qu’on a connu dans un télé-crochet à succès, belle reconversion !

Une belle proposition qui mêle tendresse et cruauté, avec une écriture riche,  digne d’être jouée.

Julien Barsan

Ninon Théâtre jusqu’au 30 juillet T. : 04 84 51 05 22

https://www.theatre-video.net/video/A-quand-la-mer-de-Manuel-Durand-Extraits

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