Le Décapsuleur de Laetitia Ajanohun, mise en lecture d’Armel Roussel

Photo Pascal Gély

Photo Pascal Gély 

 

Festival d’Avignon; cycle: Ça va, ça va le monde ! 2017

 Le Décapsuleur de Laetitia Ajanohun, mise en lecture d’Armel Roussel

 Le focus sur l’Afrique annoncé par la direction du festival a déçu: pas de  juste place pour les nouvelles dramaturgies, pourtant bien vivaces. Radio-France Internationale vient un peu rétablir l’équilibre; elle organise tous les ans un cycle de lectures et un prix Théâtre qui a été remporté l’an passé par l’écrivain guinéen Hakim Bah avec Convulsions (voir Le Théâtre du Blog).

Dans ce programme, Le Décapsuleur a retenu notre attention. Belge par sa mère, Béninoise par son père, Laetitia Ajanohun, jeune comédienne et émetteuse en scène, a répondu à une commande : il s’agissait d’écrire sur Kinshasa. Dans ce vaudeville à la sauce kinoise, le Décapsuleur incarne la débrouille : comme il faut bien vivre et se loger, il s’introduit  subrepticement dans le confortable foyer d’un couple…

L’épouse se laisse séduire par le bagout du jeune homme, et son mari, qui a fait son trou dans la «ville des casseurs de pierres», en revenant de l’étranger, vaque à ses combines mais se trouve bientôt dépassé par les événements. L’auteure, dans une langue charnelle, donne vie à ce trio explosif, porté par l’énergie effervescente d’une mégalopole brutale et chaotique mais inventive et pleine de ressources.

Laetitia Ajanohun s’est inspirée, dit-elle, «de trois figures rencontrées à Kinshasa». « Pour parler d’aujourd’hui, de la ville, des mouvements citoyens en République démocratique du Congo, comme LUCHA (Lutte pour le Changement)…» L’auteure n’en est pas à son premier texte : dès sa sortie de l’Institut des Arts de Diffusion en Belgique où elle apprend à jouer, elle écrit et monte Hippocampes une pièce chorale pour six acteurs, à Bruxelles.

Puis une rencontre déterminante avec Étienne Minoungou, organisateur des Récréâtrales de Ouagadougou, un festival qui a accouché de nombre d’auteurs remarquables, lui a donné l’occasion d’écrire pour des comédiens africains et de retrouver ainsi « la musique de la langue de mon papa, me racontant des histoires ». «J’ai appris à travers eux, ajoute-t-elle, la possibilité du chemin : le résultat n’est pas l’essentiel, tout reste en mouvement .»

 Laetititia Ajanohun  veut «porter une parole organique et engagée. Avec un rythme et une pulsation qui passe par le ventre.» Cette deuxième pièce d’une trilogie, bien construite, a fait l’objet d’une belle lecture, où la batterie discrète de Wilfried Manzaza soutenait les pulsations des mots vigoureusement portés par Moanda Daddy Kamono, Israeël Tshipamba, et Aminata Abdoulaye. Cette actrice sera l’interprète d’une pièce sur Joséphine Baker de la jeune auteure qui ne manque pas de projets.

Membre de la compagnie de Dieudonné Niangouna, les Bruits de la rue, basée à Paris, elle participe à des créations comme metteuse en scène ou comédienne. On la retrouvera aussi au prochain festival de lectures Prise Directe, à Lille, avec un projet d’écriture épistolaire Talking to each other  entre des collégiens du Nord et de migrants  guinéens mineurs, « ces héros contemporains ». Une démarche artistique aux enjeux importants.

 Mireille Davidovici

 Diffusion de la pièce  sur RFI dimanche 20 août à 12 h ; toutes  les pièces du cycle sont diffusées les dimanches à 12h, à partir du 30 juillet  sur rfi.fr : Fréquence Paris – RFI 89 FM / Abidjan – RFI 97,6 FM / Conakry – RFI 89 FM  Cotonou – RFI 90 FM / Dakar – RFI 92 FM / Lubumbashi – RFI 98 FM / Ouagadougou – RFI. Et en podcast sur http://www.rfi.fr/tag/ca-va-ca-va-le-monde/

Le Décapsuleur est publié aux Editions Passages/Tarmac, La Noyée à L’Harmattan et Les Mots sont manouches, chez Lansman.

 


Archive pour 3 août, 2017

Le Décapsuleur de Laetitia Ajanohun, mise en lecture d’Armel Roussel

Photo Pascal Gély

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Festival d’Avignon; cycle: Ça va, ça va le monde ! 2017

 Le Décapsuleur de Laetitia Ajanohun, mise en lecture d’Armel Roussel

 Le focus sur l’Afrique annoncé par la direction du festival a déçu: pas de  juste place pour les nouvelles dramaturgies, pourtant bien vivaces. Radio-France Internationale vient un peu rétablir l’équilibre; elle organise tous les ans un cycle de lectures et un prix Théâtre qui a été remporté l’an passé par l’écrivain guinéen Hakim Bah avec Convulsions (voir Le Théâtre du Blog).

Dans ce programme, Le Décapsuleur a retenu notre attention. Belge par sa mère, Béninoise par son père, Laetitia Ajanohun, jeune comédienne et émetteuse en scène, a répondu à une commande : il s’agissait d’écrire sur Kinshasa. Dans ce vaudeville à la sauce kinoise, le Décapsuleur incarne la débrouille : comme il faut bien vivre et se loger, il s’introduit  subrepticement dans le confortable foyer d’un couple…

L’épouse se laisse séduire par le bagout du jeune homme, et son mari, qui a fait son trou dans la «ville des casseurs de pierres», en revenant de l’étranger, vaque à ses combines mais se trouve bientôt dépassé par les événements. L’auteure, dans une langue charnelle, donne vie à ce trio explosif, porté par l’énergie effervescente d’une mégalopole brutale et chaotique mais inventive et pleine de ressources.

Laetitia Ajanohun s’est inspirée, dit-elle, «de trois figures rencontrées à Kinshasa». « Pour parler d’aujourd’hui, de la ville, des mouvements citoyens en République démocratique du Congo, comme LUCHA (Lutte pour le Changement)…» L’auteure n’en est pas à son premier texte : dès sa sortie de l’Institut des Arts de Diffusion en Belgique où elle apprend à jouer, elle écrit et monte Hippocampes une pièce chorale pour six acteurs, à Bruxelles.

Puis une rencontre déterminante avec Étienne Minoungou, organisateur des Récréâtrales de Ouagadougou, un festival qui a accouché de nombre d’auteurs remarquables, lui a donné l’occasion d’écrire pour des comédiens africains et de retrouver ainsi « la musique de la langue de mon papa, me racontant des histoires ». «J’ai appris à travers eux, ajoute-t-elle, la possibilité du chemin : le résultat n’est pas l’essentiel, tout reste en mouvement .»

 Laetititia Ajanohun  veut «porter une parole organique et engagée. Avec un rythme et une pulsation qui passe par le ventre.» Cette deuxième pièce d’une trilogie, bien construite, a fait l’objet d’une belle lecture, où la batterie discrète de Wilfried Manzaza soutenait les pulsations des mots vigoureusement portés par Moanda Daddy Kamono, Israeël Tshipamba, et Aminata Abdoulaye. Cette actrice sera l’interprète d’une pièce sur Joséphine Baker de la jeune auteure qui ne manque pas de projets.

Membre de la compagnie de Dieudonné Niangouna, les Bruits de la rue, basée à Paris, elle participe à des créations comme metteuse en scène ou comédienne. On la retrouvera aussi au prochain festival de lectures Prise Directe, à Lille, avec un projet d’écriture épistolaire Talking to each other  entre des collégiens du Nord et de migrants  guinéens mineurs, « ces héros contemporains ». Une démarche artistique aux enjeux importants.

 Mireille Davidovici

 Diffusion de la pièce  sur RFI dimanche 20 août à 12 h ; toutes  les pièces du cycle sont diffusées les dimanches à 12h, à partir du 30 juillet  sur rfi.fr : Fréquence Paris – RFI 89 FM / Abidjan – RFI 97,6 FM / Conakry – RFI 89 FM  Cotonou – RFI 90 FM / Dakar – RFI 92 FM / Lubumbashi – RFI 98 FM / Ouagadougou – RFI. Et en podcast sur http://www.rfi.fr/tag/ca-va-ca-va-le-monde/

Le Décapsuleur est publié aux Editions Passages/Tarmac, La Noyée à L’Harmattan et Les Mots sont manouches, chez Lansman.

 

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