En dessous de vos corps, je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas

 

©Jean-Jacques Utz

©Jean-Jacques Utz

En dessous de vos corps, je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas,  de Steve Gagnon, mise en scène de Vincent Goethals

 Vincent Goethals choisit l’épure de la modernité, via la chorégraphie de Louise Hakim. Des châssis  transparents montent et descendent, s’ouvrent ou se ferment, alors que l’on distingue à peine en théâtre d’ombres,  le guitariste Bernard Vallery qui assure l’environnement sonore : angoisse presque palpable.

 Des lits au design blanc, parallèles, dont la configuration varie, baignoire ou bien table, meublent le plateau nu animé par les lumières subtiles de Philippe Catalano.Les personnages de ce huis-clos sulfureux, tous à la fois victimes et bourreaux dans cette histoire tragique de famille, sont incarnés avec vérité par Sébastien Amblard, Violette Chauveau, Lyndsay Ginepri, Aurélien Labruyère et Marion Lambert.

 L’histoire n’est pas tant celle du Britannicus de Racine que d’une famille traditionnelle où  deux frères s’aiment et se jalousent de tout temps, jusqu’au jour où l’un éprouve un désir infernal pour la femme de l’autre.La mère évidemment n’est pas pour rien dans cette rivalité entre les deux frères que seule, elle voudrait posséder mais qui, à la fin, lui échapperont en la détruisant.Tension, sentiment d’oppression, impossibilité de dénouement heureux, il y a ici un poids émotionnel qui envahit scène et salle. Comment en effet échapper à l’inéluctable et à l’irréparable de conflits qui ne se dominent pas,  pour cause d’immaturité, d’absence de raisonnement et de laisser-aller de soi ?

 Un moment de théâtre âcre tenu par la belle tension des objets obscurs du désir.


Véronique Hotte

©Jean-Jacques Utz

©Jean-Jacques Utz

Petit Bisou, un spectacle de Arnault Mougenot, est écrit à partir des témoignages de ceux qui font le spectacle : régisseurs, éclairagistes, costumières, maquilleuses, responsables de la billetterie, de la production… On assiste à hauteur du regard, aux allées et venues des protagonistes, techniciens et autres installés sur un radeau en lattes de bois. Avec des Des silhouettes apparaissant puis disparaissant en dessous de leur radeau de survie ou derrière, incarnant nombre de professionnels du théâtre.

 Coups de fil avec petit bisou, chuchotements, discours de panique ou de stress: le public se fait le réceptacle des angoisses des techniciens et personnels de théâtre mais aussi des doutes, rumeurs, médisances, souffrances et harcèlements.Tous se plaignent mais ne s’en sentent pas moins des êtres les plus heureux de la terre à travailler au service du théâtre, au plus près de la création et des artistes, construisant collectivement et pas à pas une œuvre humaine et artistique à venir.

 Valérie Dablemont et Solo Gomez s’amusent de ce jeu de théâtre dans le théâtre, l’une plus inquiète et fébrile, et l’autre, plus paisible et ironique, changeant de costume et de coiffure, mimant tel partenaire ou tel autre, incarnant la fatigue ou la colère, mais retournant travailler en dépit de tout, dans ce beau sérail.Un spectacle sincère qui joue malicieusement avec les codes du théâtre.

 Véronique Hotte

 
Estivales 2017 au Théâtre du Peuple de Bussang, du 14 juillet au 27 août.

 

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