Géopolis mise en scène de Christophe Chatelain

Festival d’Aurillac:

Géopolis par le Pudding Théâtre, mise en scène de Christophe Chatelain, metteuse en mots : Sylvie Faivre

21077753_1741292746164737_4413598199342448844_nLe Pudding Théâtre, né en 1999 en Franche-Comté, fait du théâtre à taille humaine, du théâtre citoyen à partir de «créations collectives dirigées». On se souvient de Hollywood Tif , et de Mémoires des chambres froides, voilà quelques années.

Ici, par de hautes marches, nous arrivons au château Saint-Étienne pour déguster ce spectacle capital. Un très grand bateau monté sur un camion descend jusqu’au parvis du château, où nous sommes plusieurs centaines à l’attendre. Nous l’entourons pour écouter neuf personnages qui nous parlent dans un sabir « oriental », incompréhensible mais très vivant. On est en Europe de l’Est, et le spectacle a pour thème, l’émigration forcée, un sujet majeur qui afflige notre monde, avec des réactions de rejet immondes dans une Europe de l’Ouest encore privilégiée.

Géopolis se déroule en plusieurs séquences, le bateau se déplaçant dans l’espace, avec ses personnages. Dans ce chaos très organisé sur le plan technique( bravo Clovis Chatelain et Mathias Jacques), il faut s’asseoir, puis se percher sur des murets pour parvenir à embrasser le sens de cette fresque tragique et pourtant drôle,  comme sait en peindre le Pudding Theatre.

Impossible de décrocher, sauf quand on ne parvient plus à s’installer dans le bon angle de vue. Les neuf acteurs maîtrisent admirablement cette langue inventée qu’ils interprètent avec humour, sur un remarquable dispositif mobile. Comment quitter son pays, où se reconstruire, et en a-t-on encore le choix, quand on veut échapper à la mort ? On est ému, déconcerté,  voire bouleversé, même si l’on rit parfois.

Edith Rappoport
 
Spectacle vu au château Saint-Étienne, Aurillac le 26 août.
 


Archive pour 26 août, 2017

Les Tondues, mise en scène de Périne Faivre

 

Festival d’Aurillac

© J-P Estournet

© J-P Estournet

Les Tondues par la compagnie des Arts Oseurs, mise en scène de Périne Faivre, scénographie et musique de Renaud Grémillon

 «L’Europe goûte à l’extrême les politiques nauséabondes, l’histoire c’est aujourd’hui ! (…) Je n’ai pas le dernier mot  du spectacle! » déplore Périne Faivre. Nous suivons Maril Van der Broek, Mathieu Maisonneuve, Muriel Holtz, Périne Faivre, Renaud Grémillon,  qui suivent un piano sur roulettes dans les rues d’Aurillac où l’on évoque  un vieil épisode de la dernière guerre, que peu de gens maintenant ont pu voir: celles des femmes coupables d’avoir eu des relations avec les allemands. Soit au minimum quelque 20 000 femmes un peu partout en France tondues en public  puis promenées en camion à moitié nues sous les quolibets de la foule , des collaboratrices parfois mais aussi des amoureuses, des prostituées ou même de simples femmes de ménage qui travaillaient pour l’occupant.

On nous distribue des enveloppes de couleur différente, avec à l’intérieur, des lettres comme le testament de la grand-mère du notaire de Marie. On suit la petite fille qui part voir Lili, un amie d’enfance de sa grand-mère. Elle sonne à la porte, elle est morte, et sa petite-fille n’est plus là. Nous suivons le piano, il y a treize femmes sur la place, avec Gaston le coiffeur-tondeur : « On se regardait, on se regardait, j’étais là et je n’ai rien dit ! »

Plusieurs stations à travers la ville, font monter l’émotion. On colle un œil sur des silhouettes blanches, les acteurs dansent sur la musique du piano, l’homme se frappe et s’écroule, tombe à terre. «1945, vous accédez à la citoyenneté, mais sachez que votre corps ne vous appartient  toujours pas. Vous étiez 20. 000, en aurait-il eu une qui aurait pu penser à se révolter ? On va vous oublier, mais ça va peut-être recommencer… »

 Un parcours impressionnant dans un lointain passé déjà lointain,  suivi par  de nombreux festivaliers mais aussi par des Aurillacois:  un spectacle majeur du théâtre de rue…

 Edith Rappoport

 Spectacle vu à Aurillac le 24 août. 

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