Ça ira, Fin de Louis texte et mise en scène de Joël Pommerat, (en français sous-titré en grec)

 

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Ça ira, Fin de Louis, texte et mise en scène de Joël Pommerat (en français, sous-titré en grec)

 

L’auteur a voulu présenter certains des préparatifs de la Révolution française. En effet, toute la substance intellectuelle est empruntée au discours dominant et cette pièce frôle le politique. Les faits jalonnent les étapes historiques montrent comment s’est opéré le passage de l’histoire à la fiction. A vrai dire, rien ne paraît  fantasmatique, et ce metteur en scène-chirurgien intelligent et curieux à l’extrême-pratique une anatomie de tous les instantanés qui forgèrent la philosophie des fameux Droits de l’homme et du citoyen.

2La Révolution française, est une réalité pourtant  déjà lointaine. Pourtant Joël Pommerat, auteur et metteur en scène, «manipule» avec beaucoup d’attention,  tout un matériel sur lequel est bâtie une nouvelle vision du monde proclamée par ce grand changement.

Aussi, le petit peuple, formé de gens de tous les métiers, c’est-à-dire le Tiers-Etat, est présenté ici sous ses traits d’un protagoniste de cette époque tourmentée. La volonté de ce peuple, mal ou bien guidé participe de toutes les leçons données par le siècle des Lumières. Les consciences étaient prêtes à changer la réalité, mais les citoyens français, ont en fait, concrétisé les propos de la rhétorique intellectuelle, en  l’appliquant à sa vie quotidienne.

Les grands jours décisifs de l’Histoire de France, les bases de la Constitution et la réaction du pays contre la tyrannie de Versailles ont offert à Joël Pommerat la possibilité de «colorer» avec ardeur des choses invisibles, qui fondent, après tout, l’apparat philosophique et idéologique des faits majeurs de la Révolution. Et c’est le mérite de cet auteur-metteur en scène,  d’avoir transformé la réalité historique en réalité universelle. Il s’appuie sur une sorte de neutralisation des événements, au profit de l’ontologie. Les exigences de tout homme civilisé, à la conscience politique forgée, au sein de l’égalité et de la liberté, conduisent à un besoin impérieux de réviser les conditions de vie en commun. Peut-on vraiment encore, de nos jours, le faire avec son voisin e de plus, prendre plaisir à cette cohabitation ?

Le texte et la mise en scène avancent jusqu’aux profondeurs de cette question, et cela concerne plus que jamais notre vie quotidienne, que ce soit dans notre pays ou ailleurs. La Révolution française s’avère être ici un guide œcuménique. Le public athénien, hautement politisé, bon connaisseur de l’époque de Louis XVI, admirateur de l’esprit français, a rempli un grand amphithéâtre et a applaudi avec enthousiasme et émotion, ces excellents  acteurs français qui donnent l’impression d’osciller entre notre actualité grecque et la mimésis d’une action.

L’auteur semble se partager entre deux choix : faire vrai ou être vrai ? Comme metteur en scène, Joël Pommerat essaye d’établir un équilibre et il a  pris la liberté de dépasser une certaine modernité: ainsi, des tableaux vivants constituent des situations théâtrales en relation étroite avec l’appareil mimétique des Assemblées du peuple français, quand par exemple, les comédiens se mêlent aux spectateurs. Les effets sonores, la fumée des cigarettes sur le plateau et un peu partout dans la salle, et les éclairages renforcent la théâtralité incontestable ce ce beau spectacle.     

Nektarios-Georgios Konstantinidis

Centre Culturel Onassis, 107 Sygrou avenue, Athènes, jusqu’au 8 octobre.

 

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