The Pianist par le Circo Aero, avec Thomas Monkton

 

The Pianist par le Circo Aero,  avec Thomas Monkton

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© Heli Sorjonen

Thomas Monkton arrive en se glissant dans les plis du rideau noir dont il a le plus grand mal à se dépêtrer: premier accroc à ce récital de piano qui n’aura jamais vraiment lieu. Visage impassible puis tout plissé, cheveux en bataille, ce Néo-Zélandais en queue-de-pie noir a un regard un peu triste et perdu, quand il veut nous prouver la grande maîtrise de son instrument. Mais bien entendu, rien à faire, les objets plus forts et toujours plus intelligents, lui résisteront. Impitoyablement!

Ici, tout se détraque dans ce récital qui, pourtant au départ, paraissait bien rodé. Le pianiste au regard de plus en plus perdu, ne maîtrise plus rien et les gags vont se succéder: clavier qui n’arrive pas à s’ouvrir, partitions tombant sans arrêt, tabouret jamais à la bonne hauteur ni à la bonne distance, comme chez Grock, son illustre prédécesseur. Le piano, lui, part en fumée, puis perd un pied, et il devra provisoirement le soutenir, tant bien que mal, et plutôt mal que bien. Thomas Monkton monte sur le piano pour enlever la housse mais n’y arrive pas, et s’emmêle dedans. Apparaissent alors deux formes humaines qui, entièrement couvertes par un voile gris extensible, vont  se battre. Un court mais  sublime ballet. Il y a aussi autre moment sublime le vol plané quand il se balance accroché au petit lustre, d’abord par les mains puis par les pieds…

Les numéros sont souvent brillants, et toujours d’une grande virtuosité: Thomas Monkton possède  une force comique digne des plus grands  burlesques américains: on pense bien sûr d’abord à Buster Keaton avec ses glissements du corps toute entier sur sa fameuse General mais aussi  à Harold Lloyd quand il est se touve dans un équilibres des plus risqués et parfois aussi à Charlie Chaplin. Thomas Monkton a quelque chose d’unique: à la fois mime, jongleur, contorsionniste, acrobate. Toujours impeccable.

Des bémols: oui, un rythme parfois un peu lent et il y a quelques longueurs et redites : en fait le spectacle mériterait d’être mieux mis en scène: on oubliera ses trop longues incursions dans la salle qui sonnent assez faux et qui cassent le tempo. Par ailleurs, le spectacle est un peu perdu dans ce trop grand lieu où les gags ne passent donc pas toujours bien. Ce genre de comique en solo a besoin de plus d’intimité et d’une plus grande proximité avec le public. Le lieu en fait-même coupé par un rideau pour ce spectacle-reste malheureusement une salle de cinéma! Sans âme et un peu tristounette, comme son hall froid, et des plus mal foutus. Bravo l’architecte! Il faudrait  aussi que l’on supprime d’urgence deux des trois premiers rangs d’où l’on voit très mal le sol du plateau. Plutôt ennuyeux! Ou que l’on rehausse cette vaste scène aux mauvaises proportions : peu de profondeur et une ouverture de quelque dix-huit mètres
Mais bon, même si les places ne sont pas données-on est dans le théâtre privé! -allez quand même, si vous le pouvez, voir ces cinquante minutes de The Pianist: on n’a pas tous les jours l’occasion de rire… 

Philippe du Vignal

13ème Art, Place d’Italie jusqu’au 12 novembre.

Centre culturel Robert-Desnos à Ris-Orangis le 17 décembre.

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