Triumvirus, conception et mise en scène de Nina Villanova

© Simon Gosselin

© Simon Gosselin

TriumVirus, conception et mise en scène de Nina Villanova

 

Après cinq étapes de travail au Local à Marseille, puis à Athènes, Falaise et à Alfortville,  première de ce spectacle sur la dette, la crise et l’état d’exception conçu par la metteuse en scène qui devient artiste associé au Théâtre Studio d’Alfortville, aux côtés de son directeur Christian Benedetti. « Que serait aujourd’hui un théâtre politique ? Et quels moyens avons nous pour dire notre époque et sa nécessaire transgression ? ».

Nina Villanova partie d’une analyse de la crise grecque,  y a ajouté des textes théoriques et poétiques, des extraits de pièces et de films, de livres et de musiques dont Le Malade imaginaire de Molière, Une femme sous influence de John Cassavetes, Knock de Jules Romains et quelques citations de personnalités médiatiques et politiques. « TriumVirus,pièce/montage en douze tableaux pour quatre actrices est une réflexion sur la dette, son accumulation et sa conséquence indéfectible : la crise, un cycle infernal qui se répète à l’infini et nous plonge dans un état d’exception permanente. (…)  Nous vivons au jour le jour, sans projet à long terme, nous ne voyons pas plus loin que le bout de nos peines.  La « dette souveraine » écrit Paniagiotis Grigoriou dans La Grèce fantôme, est passée du statut de « crédit bancaire », à celui d’échéance téléologique perpétuelle.

Dans un joyeux capharnaüm, Marine Behar, Julie Cardile, Zoe Houtin et Nina Villanova se déchaînent et courent après un lapin masqué sur une musique de chasse à courre : « Élever et discipliner un animal qui tienne ses promesses, n’est-ce pas le véritable problème de l’homme ? (…)  Celui qui a de l’argent, peut vivre, celui qui n’en a pas,  peut mourir ».
Elles installent une table qui sera rapidement mise en l’air… « J’ai voulu parler de la dette ! ». Une actrice se déshabille, puis se barbouille de noir et revêt un masque de lapin. «Les uniformes sont bientôt prêts ».. Nous assistons au supplice décrit dans La Colonie pénitentiaire par Franz Kafka expliquée à Lapinou qui écoute de ses deux oreilles;  dans un foutoir intégral, l’une des actrices est enterrée sous les débris. Difficile de rendre compte des surgissements inopinés des nombreuses images qui se succèdent, élaborées à partir de lectures.

Un spectacle souvent drôle et tragique en même temps, interprété par une équipe qui n’a pas froid aux yeux, et toujours lucide.


Edith Rappoport

Théâtre Studio d’Alfortville, 16 rue Marcelin Berthelot 94140 Alfortville. T :  01 43 76 86 56, jusqu’au 9 novembre. 

 

 


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