Lulu, tragédie de Frank Wedekind, mise en scène de Paul Desveaux


Lulu, tragédie de Frank Wedekind en deux parties, L’Esprit de la terre et La Boîte de Pandore, traduction de Ruth Orthmann et Eloi Recoing, mise en scène de Paul Desveaux

© Kentin Denoyelle

© Kentin Denoyelle

Le grand dramaturge allemand (1864-1918) a souvent dénoncé l’hypocrisie sexuelle de son époque où nombre d’ouvrières devaient faire le trottoir pour compléter un misérable salaire et où prospéraient à Paris comme à Berlin, des bordels bien fournis en prostituées placées là par leur famille pauvre, avec la bénédiction de la grande bourgeoisie. Frank Wedekind écrivit L’Eveil du printemps sur la sexualité de très jeunes gens (érotisme, masturbation, avortement):  c’est dire qu’à son époque, il ne reculait devant aucune audace! Puis Lulu (1894) qui eut ensuite une longue histoire, avec un titre donné à plusieurs pièces dont La Boîte de Pandore.
Véritable bombe sociale, elle ne fut en effet de son vivant, à cause de la censure ni jouée ni publiée. Il la  remania  et L’Esprit de la terre fut créé à Leipzig en 98, et La Boîte de Pandore, sera éditée en 1904 et  mise en scène à Vienne l’année suivante par Karel Kraus pour une représentation privée. Georg Wilhelm Pabst s’en inspira pour son film Loulou (1929), avec Louise Brooks. Puis Alban Berg en fit un opéra avec un prologue et trois actes; inachevé, il fut créé à Zurich en 1937. Patrice Chéreau le mit en scène brillamment il y a trente-huit ans déjà à l’Opéra de Paris.

 
La pièce fut enfin éditée en 1988 seulement, et Peter Zadek la créa à Hambourg  avec le texte intégral. Un travail des plus remarquables qui nous avait ébloui. Stéphane Braunschweig l’a mise en scène, il y a sept ans déjà (voir Le Théâtre du Blog) dans une version à juste titre établie à partir de la pièce de 1894, «fulgurante, plus crue, moins explicative, et moins bavarde que la version de 1913».

Dans la version proposée par Paul Desveaux, on va assister en un peu plus de trois heures, à l’irrrésistible ascension puis à la déchéance sociale et intime de cette jeune femme. D’abord violée et battue par son père, elle a douze ans quand Schön, patron de presse et homme politique, en fait sa maîtresse, puis la marie au riche docteur Goll. Quand il meurt, elle épouse un photographe, Schwarz, tombé amoureux d’elle. Mais il se tue quand il apprend son passé et sa relation avec Schön qui l’a fait jouer dans une revue écrite par Alwa, son fils. Mais il interrompt la représentation quand il aperçoit dans une loge, son amant en compagnie d’une jeune fille de bonne famille qu’il entend épouser par intérêt. Lulu obligera Schön à rompre et à l’épouser, elle.

Dans cette galerie de personnages pas très reluisants il y a aussi Schigolch, le père de Lulu ou son ancien amant ou les deux, un acrobate, Rodrigo,  Alwa, et enfin, Marta, une jeune comtesse, très amoureuse de Lulu. Schön, quand il découvre ses multiples liaisons, est excédé par cette femme-poupée aussi fascinante que dangereuse : « Laisse-moi hors du jeu ! Fais ce que tu veux. Je ne viens pas pour faire un scandale. Je viens me débarrasser du scandale. Ma liaison me coûte déjà suffisamment de sacrifices ! J’avais supposé qu’avec un jeune homme sain, comme une femme de ton âge ne peut en souhaiter de meilleur, tu serais enfin satisfaite. Si tu as quelque obligation envers moi, alors ne te jette pas une troisième fois en travers de mon chemin ! Dois- je attendre encore plus longtemps avant de mettre ma part à l’abri ? Dois-je risquer que tout le succès de mes concessions tombe à l’eau de nouveau après deux ans ? A quoi me sert que tu sois mariée si on te voit entrer et sortir de chez moi à toute heure du jour ? »

 Il la poussera au suicide en lui donnant son revolver :  Mais pas de chance, c’est elle qui le tuera ! Elle suppliera Alwa de ne pas la remettre à la police… Condamnée à neuf ans de réclusion et mise en taule, Lulu s’évade grâce à Martha et s’enfuit avec Alwa à Paris, sous un faux nom. Mais un certain Casti Piani menace de la dénoncer, si elle ne lui obéit pas et ne va pas travailler dans un bordel au Caire; quant à Rodrigo, il lui réclame de l’argent, et Schigolch voudrait qu’elle redevienne sa maîtresse. Lulu, cernée,  échappe quand même à la police et se réfugie à Londres avec Alwa et Schigolch dans une pauvre chambre de bonne et fait le trottoir pour survivre. Martha la rejoindra pour la sauver mais mourra avec elle, tuée par  un pervers. Horrible fin pour une créature qui se voulait de rêve arrivée au bout d’une déchéance absolue… Cette histoire de la fin du XIX ème siècle n’a rien perdu de sa force de ni de son actualité, il suffit de lire les faits-divers avec son cortège de tueurs en série…

La pièce, avec des dialogues d’une modernité absolue est devenue un véritable mythe théâtral, mais reste dans la mise en scène de Paul Desveaux, assez longue et parfois bavarde, avec de nombreux personnages qui, fascinés tournent  autour de Lulu, femme fatale et dangereuse, héritière direct de la Nana d’Emile Zola…Très provocatrice, elle en a bien conscience de la valeur marchande de son corps, et n’hésite pas à le vendre au plus offrant. Cynique, cette jeune femme libre prend plaisir à susciter les désirs et assouvir sans état d’âme les fantasmes sexuels des hommes. Mais, schéma classique, elle est aussi assoiffée d’affection et a bien du mal à concilier les deux attitudes… Paul Desveaux a choisi, dit-il, de situer l’action de la célèbre pièce dans un univers qui rappelle celui du cirque avec dix acteurs, une chorégraphie de mannequins qui rappellent ceux de Tadeusz Kantor, un acrobate, et des fauves en peluche…

Pour le metteur en scène, « les faveurs sexuelles ont été, tout au long de notre histoire, une monnaie d’échange efficace. A ceci près que le sexe a souvent été le pouvoir du pauvre. (…) L’argent et le sexe posent toujours la question de l’altérité. Dans les deux cas, c’est l’expression d’un désir de possession. Ils sont l’un et l’autre,  les moyens d’exercer un pouvoir. L’autre devient un objet de désir, et dans les cas extrêmes, il n’est plus que l’objet du désir. Tout devient alors objet, même le corps de l’autre. L’autre disparaît dans le fantasme du désirant. Il n’est plus que projection : projection de sexualité ou projection d’ascension sociale, par exemple. »

 Toutes choses finement pensées par Paul Desveaux ; oui, mais voilà… reste à faire incarner et à mettre en scène , ce qui, pour Lulu, tournera au cauchemar : la riche prostituée de luxe, à la vie de rêve et  qui joue de son pouvoir absolu ou presque sur les hommes, ira de déboires en échecs au moment où le réel et la société reprendront le dessus sur ses rêves de puissance et de gloire,  et sera misérablement obligée de faire le trottoir puis finira assassinée.
Sur le plateau, quelques caisses qui serviront un peu à tout, et en fond de scène, et une sorte de coulisse munie d’un rideau à lamelles en plastique translucide comme dans les garages, où Lulu ira enfiler une de ses nombreuses robes. Sur un praticable au-dessus, un orchestre de trois musiciens joueront pendant presque tout le temps, surtout dans la seconde partie. Cela commence plutôt mal avec une chorégraphie dérisoire, et continue sans rythme pendant plus de trois heures. Les petites scènes succèdent aux petites scènes. Cela criaille beaucoup et sans raison. Et les micros HF n’arrangent rien, et surtout après l’entracte où les acteurs les utilisent sans arrêt et où la musique  est aussi amplifiée. On est alors submergé par un déluge sonore où les personnages ne sont pas vraiment assumés. Du coup,  on n’a plus guère envie d’écouter le texte.

La vague teinture de cirque (le père de Lola en habit de M. Loyal, l’acrobate aux sangles qui tournoie au-dessus du plateau…) ne fonctionne pas.  Anne Cressent, affublée d’un corset rose, même si elle fait le boulot, ne semble pas vraiment à l’aise, sauf à la fin quand elle apparait, en pute coiffée d’une perruque blonde, en short et cuissardes noires. Là, dans cette déchéance, il se passe quelque chose et les choses commencent théâtralement à prendre vie mais trop tard ! Et à cause d’une distribution approximative, aucun des autres personnages n’est vraiment crédible. Cette mise en scène a quelque chose de sec-jamais un soupçon d’émotion !-et de démonstratif où rien ne semble vraiment dans l’axe, surtout quand on essaie d’innover dans un style qui se veut proche du cirque…

 A la décharge de Paul Desveaux, la marge de manœuvre reste limitée, quand un metteur en scène s’empare de Lulu: soit on replace la pièce dans son contexte d’origine il y a déjà plus d’un siècle mais pas facile ! Soit on essaye de trouver des équivalences dans le monde actuel, seule voie finalement possible. Oui, mais voilà, il y faudrait une vraie réflexion dramaturgique en ce qui concerne le texte, la scénographie et les costumes-ici vraiment très laids-qui, visiblement ici a fait défaut. Tant pis !  Mais ces trois heures et quart sont bien longues, et il aurait aussi sans doute fallu couper un peu dans le texte.  On sort de là très déçu par cette mise en scène et tout le tragique existentiel de la pièce n’apparaît pas vraiment… Et le public?  Il semblait plus indulgent mais s’ennuyait un peu, et a applaudi mollement.

En tout cas, on ne vous conseille pas l’opération, et Frank Wedekind méritait vraiment mieux ! Décidément Après Légendes de la forêt viennoise (voir Le Théâtre du Blog), le public rouennais n’est pas très gâté en ce début de saison…

Philippe du Vignal

Spectacle vu au Centre Dramatique National Normandie-Rouen au Petit-Quevilly, le 8 novembre.

Le Tangram, Scène Nationale Evreux-Louviers, les 14 et 15 novembre. Le Volcan-Scène Nationale du Havre, les 21 et 22 novembre. Ma-Scène Nationale de Montbéliard, le 28 novembre. Théâtre de l’Union-Centre Dramatique National du Limousin  du 5 au 7 décembre.
Théâtre 71-Scène Nationale de Malakoff du 10 au 19 janvier.

 

 


Archive pour 15 novembre, 2017

Lulu, tragédie de Frank Wedekind, mise en scène de Paul Desveaux


Lulu, tragédie de Frank Wedekind en deux parties, L’Esprit de la terre et La Boîte de Pandore, traduction de Ruth Orthmann et Eloi Recoing, mise en scène de Paul Desveaux

© Kentin Denoyelle

© Kentin Denoyelle

Le grand dramaturge allemand (1864-1918) a souvent dénoncé l’hypocrisie sexuelle de son époque où nombre d’ouvrières devaient faire le trottoir pour compléter un misérable salaire et où prospéraient à Paris comme à Berlin, des bordels bien fournis en prostituées placées là par leur famille pauvre, avec la bénédiction de la grande bourgeoisie. Frank Wedekind écrivit L’Eveil du printemps sur la sexualité de très jeunes gens (érotisme, masturbation, avortement):  c’est dire qu’à son époque, il ne reculait devant aucune audace! Puis Lulu (1894) qui eut ensuite une longue histoire, avec un titre donné à plusieurs pièces dont La Boîte de Pandore.
Véritable bombe sociale, elle ne fut en effet de son vivant, à cause de la censure ni jouée ni publiée. Il la  remania  et L’Esprit de la terre fut créé à Leipzig en 98, et La Boîte de Pandore, sera éditée en 1904 et  mise en scène à Vienne l’année suivante par Karel Kraus pour une représentation privée. Georg Wilhelm Pabst s’en inspira pour son film Loulou (1929), avec Louise Brooks. Puis Alban Berg en fit un opéra avec un prologue et trois actes; inachevé, il fut créé à Zurich en 1937. Patrice Chéreau le mit en scène brillamment il y a trente-huit ans déjà à l’Opéra de Paris.

 
La pièce fut enfin éditée en 1988 seulement, et Peter Zadek la créa à Hambourg  avec le texte intégral. Un travail des plus remarquables qui nous avait ébloui. Stéphane Braunschweig l’a mise en scène, il y a sept ans déjà (voir Le Théâtre du Blog) dans une version à juste titre établie à partir de la pièce de 1894, «fulgurante, plus crue, moins explicative, et moins bavarde que la version de 1913».

Dans la version proposée par Paul Desveaux, on va assister en un peu plus de trois heures, à l’irrrésistible ascension puis à la déchéance sociale et intime de cette jeune femme. D’abord violée et battue par son père, elle a douze ans quand Schön, patron de presse et homme politique, en fait sa maîtresse, puis la marie au riche docteur Goll. Quand il meurt, elle épouse un photographe, Schwarz, tombé amoureux d’elle. Mais il se tue quand il apprend son passé et sa relation avec Schön qui l’a fait jouer dans une revue écrite par Alwa, son fils. Mais il interrompt la représentation quand il aperçoit dans une loge, son amant en compagnie d’une jeune fille de bonne famille qu’il entend épouser par intérêt. Lulu obligera Schön à rompre et à l’épouser, elle.

Dans cette galerie de personnages pas très reluisants il y a aussi Schigolch, le père de Lulu ou son ancien amant ou les deux, un acrobate, Rodrigo,  Alwa, et enfin, Marta, une jeune comtesse, très amoureuse de Lulu. Schön, quand il découvre ses multiples liaisons, est excédé par cette femme-poupée aussi fascinante que dangereuse : « Laisse-moi hors du jeu ! Fais ce que tu veux. Je ne viens pas pour faire un scandale. Je viens me débarrasser du scandale. Ma liaison me coûte déjà suffisamment de sacrifices ! J’avais supposé qu’avec un jeune homme sain, comme une femme de ton âge ne peut en souhaiter de meilleur, tu serais enfin satisfaite. Si tu as quelque obligation envers moi, alors ne te jette pas une troisième fois en travers de mon chemin ! Dois- je attendre encore plus longtemps avant de mettre ma part à l’abri ? Dois-je risquer que tout le succès de mes concessions tombe à l’eau de nouveau après deux ans ? A quoi me sert que tu sois mariée si on te voit entrer et sortir de chez moi à toute heure du jour ? »

 Il la poussera au suicide en lui donnant son revolver :  Mais pas de chance, c’est elle qui le tuera ! Elle suppliera Alwa de ne pas la remettre à la police… Condamnée à neuf ans de réclusion et mise en taule, Lulu s’évade grâce à Martha et s’enfuit avec Alwa à Paris, sous un faux nom. Mais un certain Casti Piani menace de la dénoncer, si elle ne lui obéit pas et ne va pas travailler dans un bordel au Caire; quant à Rodrigo, il lui réclame de l’argent, et Schigolch voudrait qu’elle redevienne sa maîtresse. Lulu, cernée,  échappe quand même à la police et se réfugie à Londres avec Alwa et Schigolch dans une pauvre chambre de bonne et fait le trottoir pour survivre. Martha la rejoindra pour la sauver mais mourra avec elle, tuée par  un pervers. Horrible fin pour une créature qui se voulait de rêve arrivée au bout d’une déchéance absolue… Cette histoire de la fin du XIX ème siècle n’a rien perdu de sa force de ni de son actualité, il suffit de lire les faits-divers avec son cortège de tueurs en série…

La pièce, avec des dialogues d’une modernité absolue est devenue un véritable mythe théâtral, mais reste dans la mise en scène de Paul Desveaux, assez longue et parfois bavarde, avec de nombreux personnages qui, fascinés tournent  autour de Lulu, femme fatale et dangereuse, héritière direct de la Nana d’Emile Zola…Très provocatrice, elle en a bien conscience de la valeur marchande de son corps, et n’hésite pas à le vendre au plus offrant. Cynique, cette jeune femme libre prend plaisir à susciter les désirs et assouvir sans état d’âme les fantasmes sexuels des hommes. Mais, schéma classique, elle est aussi assoiffée d’affection et a bien du mal à concilier les deux attitudes… Paul Desveaux a choisi, dit-il, de situer l’action de la célèbre pièce dans un univers qui rappelle celui du cirque avec dix acteurs, une chorégraphie de mannequins qui rappellent ceux de Tadeusz Kantor, un acrobate, et des fauves en peluche…

Pour le metteur en scène, « les faveurs sexuelles ont été, tout au long de notre histoire, une monnaie d’échange efficace. A ceci près que le sexe a souvent été le pouvoir du pauvre. (…) L’argent et le sexe posent toujours la question de l’altérité. Dans les deux cas, c’est l’expression d’un désir de possession. Ils sont l’un et l’autre,  les moyens d’exercer un pouvoir. L’autre devient un objet de désir, et dans les cas extrêmes, il n’est plus que l’objet du désir. Tout devient alors objet, même le corps de l’autre. L’autre disparaît dans le fantasme du désirant. Il n’est plus que projection : projection de sexualité ou projection d’ascension sociale, par exemple. »

 Toutes choses finement pensées par Paul Desveaux ; oui, mais voilà… reste à faire incarner et à mettre en scène , ce qui, pour Lulu, tournera au cauchemar : la riche prostituée de luxe, à la vie de rêve et  qui joue de son pouvoir absolu ou presque sur les hommes, ira de déboires en échecs au moment où le réel et la société reprendront le dessus sur ses rêves de puissance et de gloire,  et sera misérablement obligée de faire le trottoir puis finira assassinée.
Sur le plateau, quelques caisses qui serviront un peu à tout, et en fond de scène, et une sorte de coulisse munie d’un rideau à lamelles en plastique translucide comme dans les garages, où Lulu ira enfiler une de ses nombreuses robes. Sur un praticable au-dessus, un orchestre de trois musiciens joueront pendant presque tout le temps, surtout dans la seconde partie. Cela commence plutôt mal avec une chorégraphie dérisoire, et continue sans rythme pendant plus de trois heures. Les petites scènes succèdent aux petites scènes. Cela criaille beaucoup et sans raison. Et les micros HF n’arrangent rien, et surtout après l’entracte où les acteurs les utilisent sans arrêt et où la musique  est aussi amplifiée. On est alors submergé par un déluge sonore où les personnages ne sont pas vraiment assumés. Du coup,  on n’a plus guère envie d’écouter le texte.

La vague teinture de cirque (le père de Lola en habit de M. Loyal, l’acrobate aux sangles qui tournoie au-dessus du plateau…) ne fonctionne pas.  Anne Cressent, affublée d’un corset rose, même si elle fait le boulot, ne semble pas vraiment à l’aise, sauf à la fin quand elle apparait, en pute coiffée d’une perruque blonde, en short et cuissardes noires. Là, dans cette déchéance, il se passe quelque chose et les choses commencent théâtralement à prendre vie mais trop tard ! Et à cause d’une distribution approximative, aucun des autres personnages n’est vraiment crédible. Cette mise en scène a quelque chose de sec-jamais un soupçon d’émotion !-et de démonstratif où rien ne semble vraiment dans l’axe, surtout quand on essaie d’innover dans un style qui se veut proche du cirque…

 A la décharge de Paul Desveaux, la marge de manœuvre reste limitée, quand un metteur en scène s’empare de Lulu: soit on replace la pièce dans son contexte d’origine il y a déjà plus d’un siècle mais pas facile ! Soit on essaye de trouver des équivalences dans le monde actuel, seule voie finalement possible. Oui, mais voilà, il y faudrait une vraie réflexion dramaturgique en ce qui concerne le texte, la scénographie et les costumes-ici vraiment très laids-qui, visiblement ici a fait défaut. Tant pis !  Mais ces trois heures et quart sont bien longues, et il aurait aussi sans doute fallu couper un peu dans le texte.  On sort de là très déçu par cette mise en scène et tout le tragique existentiel de la pièce n’apparaît pas vraiment… Et le public?  Il semblait plus indulgent mais s’ennuyait un peu, et a applaudi mollement.

En tout cas, on ne vous conseille pas l’opération, et Frank Wedekind méritait vraiment mieux ! Décidément Après Légendes de la forêt viennoise (voir Le Théâtre du Blog), le public rouennais n’est pas très gâté en ce début de saison…

Philippe du Vignal

Spectacle vu au Centre Dramatique National Normandie-Rouen au Petit-Quevilly, le 8 novembre.

Le Tangram, Scène Nationale Evreux-Louviers, les 14 et 15 novembre. Le Volcan-Scène Nationale du Havre, les 21 et 22 novembre. Ma-Scène Nationale de Montbéliard, le 28 novembre. Théâtre de l’Union-Centre Dramatique National du Limousin  du 5 au 7 décembre.
Théâtre 71-Scène Nationale de Malakoff du 10 au 19 janvier.

 

 

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