Les Bijoux de pacotille, de Céline Millat-Baumgartner, mise en scène de Pauline Bureau

 

Les Bijoux de pacotille  de Céline Millat-Baumgartner, mise en scène de Pauline Bureau

©Pierre Grosbois

©Pierre Grosbois

Le 19 juin 1985, à 3h30 du matin, une voiture fait une sortie de route à l’entrée d’un tunnel à Saint-Germain-en-Laye près de Paris. Les pompiers trouveront les corps carbonisés d’un homme et d’une femme… Et juste une boucle d’oreille en forme de fleur, et deux bracelets en métal, noircis par le feu, des bijoux de pacotille qui seront restitués à la famille. Les enfants n’assisteront pas à l’enterrement de leurs parents, et  seront  élevés par une de leurs tantes.

Céline Milliat-Baumgartner entreprend avec ce texte, un travail de mémoire avec les objets et photos qu’elle possède, pour dresser le portrait de ses père et mère disparus, quand elle avait neuf ans. Lui, souvent absent pour son travail et elle, une actrice que l’on voit embrasser Gérard Depardieu dans un film de François Truffaut. L’auteure fait le récit d’une enfance presque normale mais… sans parents. Ce roman autobiographique, interprété ici par  son auteure, est, sous des apparences ludiques, profondément émouvant. Sur un plateau nu, surmonté d’un grand miroir, une petite fille se promène, d’abord silencieuse, et plonge dans ses souvenirs : « J’ai une multitude de photos de ma mère (..) , je tourne en rond dans mon lit (…), je réveille mon frère ».

L’actrice nous fait entendre le récit de son grand-père qui apprend à Colmar,  la mort brutale de sa fille et de son gendre, et qui a dû aller à Paris pour reconnaître leurs corps. Mais il n’en dira rien à ses petits-enfants. Céline Milliat-Baumgartner enlève ses chaussures, se promène pieds nus, ouvre le grand carton et  y prend des chaussons de danse; elle les enfile et esquisse quelques pas… « Les bijoux, c’est tout ce qui reste de cette nuit-là ! ». Le grand-père a pu identifier le corps de sa fille atrocement brûlée grâce à ses bijoux… Cette histoire vraie, racontée ici de façon très pudique sous les belles lumières de Bruno Brinas, nous a bouleversé.

Edith Rappoport

Théâtre Romain Rolland, 18 Rue Eugène Varlin,  Villejuif (Val-de-Marne). T. : 01 49 58 17 00, jusqu’au 18 novembre.
Scène nationale du Pays de Montbéliard, le 21 novembre. Théâtre du Merlan à Marseille, les 30 novembre et 1er décembre.

Théâtre Paris-Villette, 211 avenue Jean Jaurès, Paris XIXème, du 16 au 20 janvier.
Le Bateau-feu, Scène nationale de Dunkerque, les 22 et 23 février  et Théâtre du Rond-Point, Paris du 6 au 31 mars.
Théâtre de Chelles, le 6 avril.

Le texte de la pièce est publié aux éditions Arléa.

 

 

 


Répondre

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...