Price de Steve Tesich,mise en scène de Rodolphe Dana

 

Price de Steve Tesich, traduction de Jeanine Hérisson, adaptation et dramaturgie de Rodolphe Dana et Nadir Legrand, mise en scène de Rodolphe Dana

©jean-louis Fernandez

©jean-louis Fernandez

Cet auteur américain, mal connu en Europe, est né en 1942  dans l’actuelle Serbie et mort en 1996 au Canada. Scénariste, dramaturge et romancier, il avait eu l’Award du Meilleur scénario original en 1979, pour le film La Bande des Quatre.

Price, roman-culte aux Etats-Unis et dans une large mesure, autobiographique, se passe à East Chicago, une banlieue industrielle  pauvre, vers 1960. Dans un gymnase, un tout jeune homme, Daniel Price fait le point sur son échec à une compétition avec son entraîneur. Seul, assez désemparé, il a deux bons copains  qui, comme lui,  ne veulent absolument pas de la vie terne de leurs parents habitant cette  banlieue où les jeunes sont condamnés au chômage.

Daniel a une drôle de famille : un père violent avec lui, qui avoue à son fils avoir été trahi par la mère : un soir d’été, elle aurait souri à un autre homme. Sans doute une brève histoire d’amour… Et Price a aussi une mère qui le fascine. Mais le père, un ouvrier usé par son travail à l’usine et très malade, finira par mourir. Daniel, lui, tombe amoureux d’une belle jeune fille, Rachel. Miracle qui lui permet d’échapper un peu à la lente agonie de son père et à la grisaille quotidienne. Conscient de la fin de son adolescence, il n’est plus aussi seul, mais Rachel lui a menti et le quittera. Encore une désillusion pour Daniel qui devra construire sa vie, en quittant sa mère devenue veuve, ce qu’il réussira à faire par le biais de l’écriture.

« Steve Tesich dépeint, de manière si singulière et si mature, dit  Rodolphe Dana, les tourments traversés par ce jeune homme, qu’immédiatement, l’identification a lieu. Nous devenons Daniel Price, nous nous reconnaissons en lui. Nous percevons le monde à travers ses sensations. Nous vivons avec lui chaque événement et chaque événement le modifie. » Oui, sans doute dans le roman, mais cela donne quoi sur le plateau ? Rien de bien passionnant ni convaincant. «Et ne nos inducas in tentationem», aurait de se rappeler Rodolphe Dana, séduit par ce roman d’initiation mais qui n’aurait jamais dû le porter sur un plateau… A partir d’un matériau romanesque-on sait les grandes difficultés qu’il y a à réussir ce type d’opération-il a le plus grand mal à construire une dramaturgie et à réaliser une mise en scène qui tiennent la route.
Rien ici n’est vraiment dans l’axe: une scénographie minimale mal conçue avec quelques lignes au sol d’un gymnase, et des cadres métalliques pour signifier les différents lieux de l’action, des bancs de vestiaire en lattes de bois; quant aux petites séquences se succèdent à un rythme cahotant, peu convaincantes et sans autre véritable fil rouge que le personnage de Daniel. Et cela rame pendant deux heures: tout ici, reste sec dans un grand espace tristounet.

Et Rodolphe Dana aurait pu nous épargner ces vieilles ficelles du théâtre contemporain comme encore et toujours les micros HF, le jeu dans la salle, ou les comédiens qui restent assis en scène quand ils ne jouent pas ! Et il n’y a pas un gramme d’émotion dans cette mise en scène assez conventionnelle, sauf à de bien rares moments quand, par exemple, Daniel et Rachel font l‘amour. Les comédiens font ce qu’ils peuvent pour incarner ces silhouettes et sauver les meubles, en particulier Inès Cassigneul (Rachel), remarquable comme Françoise Gazio (la mère)  et Antoine Kahan (Daniel), presque tout le temps sur le plateau. Mais bon, rien à faire, le compte n’y est pas! Conseil d’ami: mieux vaut lire ou relire le roman.

 Philippe du Vignal

 T2G rue des  Grésillons Gennevilliers jusqu’au 2 décembre. 
Théâtre du Nord, Lille, du  5  au 9 décembre.

Du 10 au janvier, Théâtre Garonne, Toulouse. Les 2 et 3  février, 
TNBA, Bordeaux. Le  7 avril 
 La Scène Watteau, Nogent-sur-Marne.

Le texte est publié aux Editions Monsieur Toussaint Louverture.

 

 


Archive pour 23 novembre, 2017

Price de Steve Tesich,mise en scène de Rodolphe Dana

 

Price de Steve Tesich, traduction de Jeanine Hérisson, adaptation et dramaturgie de Rodolphe Dana et Nadir Legrand, mise en scène de Rodolphe Dana

©jean-louis Fernandez

©jean-louis Fernandez

Cet auteur américain, mal connu en Europe, est né en 1942  dans l’actuelle Serbie et mort en 1996 au Canada. Scénariste, dramaturge et romancier, il avait eu l’Award du Meilleur scénario original en 1979, pour le film La Bande des Quatre.

Price, roman-culte aux Etats-Unis et dans une large mesure, autobiographique, se passe à East Chicago, une banlieue industrielle  pauvre, vers 1960. Dans un gymnase, un tout jeune homme, Daniel Price fait le point sur son échec à une compétition avec son entraîneur. Seul, assez désemparé, il a deux bons copains  qui, comme lui,  ne veulent absolument pas de la vie terne de leurs parents habitant cette  banlieue où les jeunes sont condamnés au chômage.

Daniel a une drôle de famille : un père violent avec lui, qui avoue à son fils avoir été trahi par la mère : un soir d’été, elle aurait souri à un autre homme. Sans doute une brève histoire d’amour… Et Price a aussi une mère qui le fascine. Mais le père, un ouvrier usé par son travail à l’usine et très malade, finira par mourir. Daniel, lui, tombe amoureux d’une belle jeune fille, Rachel. Miracle qui lui permet d’échapper un peu à la lente agonie de son père et à la grisaille quotidienne. Conscient de la fin de son adolescence, il n’est plus aussi seul, mais Rachel lui a menti et le quittera. Encore une désillusion pour Daniel qui devra construire sa vie, en quittant sa mère devenue veuve, ce qu’il réussira à faire par le biais de l’écriture.

« Steve Tesich dépeint, de manière si singulière et si mature, dit  Rodolphe Dana, les tourments traversés par ce jeune homme, qu’immédiatement, l’identification a lieu. Nous devenons Daniel Price, nous nous reconnaissons en lui. Nous percevons le monde à travers ses sensations. Nous vivons avec lui chaque événement et chaque événement le modifie. » Oui, sans doute dans le roman, mais cela donne quoi sur le plateau ? Rien de bien passionnant ni convaincant. «Et ne nos inducas in tentationem», aurait de se rappeler Rodolphe Dana, séduit par ce roman d’initiation mais qui n’aurait jamais dû le porter sur un plateau… A partir d’un matériau romanesque-on sait les grandes difficultés qu’il y a à réussir ce type d’opération-il a le plus grand mal à construire une dramaturgie et à réaliser une mise en scène qui tiennent la route.
Rien ici n’est vraiment dans l’axe: une scénographie minimale mal conçue avec quelques lignes au sol d’un gymnase, et des cadres métalliques pour signifier les différents lieux de l’action, des bancs de vestiaire en lattes de bois; quant aux petites séquences se succèdent à un rythme cahotant, peu convaincantes et sans autre véritable fil rouge que le personnage de Daniel. Et cela rame pendant deux heures: tout ici, reste sec dans un grand espace tristounet.

Et Rodolphe Dana aurait pu nous épargner ces vieilles ficelles du théâtre contemporain comme encore et toujours les micros HF, le jeu dans la salle, ou les comédiens qui restent assis en scène quand ils ne jouent pas ! Et il n’y a pas un gramme d’émotion dans cette mise en scène assez conventionnelle, sauf à de bien rares moments quand, par exemple, Daniel et Rachel font l‘amour. Les comédiens font ce qu’ils peuvent pour incarner ces silhouettes et sauver les meubles, en particulier Inès Cassigneul (Rachel), remarquable comme Françoise Gazio (la mère)  et Antoine Kahan (Daniel), presque tout le temps sur le plateau. Mais bon, rien à faire, le compte n’y est pas! Conseil d’ami: mieux vaut lire ou relire le roman.

 Philippe du Vignal

 T2G rue des  Grésillons Gennevilliers jusqu’au 2 décembre. 
Théâtre du Nord, Lille, du  5  au 9 décembre.

Du 10 au janvier, Théâtre Garonne, Toulouse. Les 2 et 3  février, 
TNBA, Bordeaux. Le  7 avril 
 La Scène Watteau, Nogent-sur-Marne.

Le texte est publié aux Editions Monsieur Toussaint Louverture.

 

 

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