El Baile, chorégraphie de Mathilde Monnier et Alan Pauls

 

El Baile, chorégraphie de Mathilde Monnier et Alan Pauls

© Nicolas Roux

© Nicolas Roux

En juin dernier notre amie Christine Friedel-qui n’est vraiment pas du tout du même avis que-nous vous avait parlé de ce ballet… Il y a quarante ans, les compagnies n’envoyaient des invitations sur papier,  mais ni dossiers de presse ni extraits vidéo par courriel pour se faire connaître, et espéraient qu’un directeur de salle ou un producteur viendrait et aurait un coup de cœur pour leur spectacle. Ettore Scola était ainsi venu voir lui-même à Antony (Hauts-de-Seine) Le Bal, mise en scène de Jean-Claude Penchenat, avec ses comédiens du Théâtre du Campagnol qui eut un fameux succès.

Cette brillante aventure théâtrale et dansée qui racontait l’histoire de la France avant la guerre et depuis la Libération, par le biais d’un  bal populaire, va devenir en 1983 avec ces mêmes acteurs ou presque, un film couronné de nombreux prix. Librement inspiré de ce Bal, cela se passe à Buenos-Aires et ce que disait à l’époque, le réalisateur, reste aussi vrai ici :«Les gens qui se retrouvent dans une salle de bal, ne se connaissent pas et n’ont pas de raison de communiquer par la parole. A travers leurs regards, leur manière de s’asseoir, d’inviter à danser et d’accompagner les dames, ils cherchent plutôt un langage différent de la parole, une façon de communiquer et de vivre autre chose que l’échange de mots».

Les sept danseuses et cinq danseurs, tous Argentins, ont de belles personnalités. Mais pendant  cette petite heure, ils nous paraissent un peu perdus sur ce grand plateau. Chants, musiques enregistrées et chorégraphie inspirée des danses populaires de rue se succèdent  mais  les interprètes n’arrivent pas à trouver de liens entre ces éléments. «Ensemble, dit Mathilde Monnier, nous avons composé une sorte d’abécédaire  avec lequel nous avons déconstruit toutes les danses traditionnelles». Déconstruites…  mais plus guère  reconnaissables et l’émotion ne passe pas la rampe. Déception!

Sur la fin, un tango avec deux danseurs se transforme en farandole avec l’ensemble du groupe, et l’émotion est alors palpable. Une farandole qui se construit et se déconstruit sous nos yeux, rappelant celle de Kontakthof de Pina Bausch (1978), qui avait sans doute inspiré la première version du Bal de Jean-Claude Penchenat. La boucle est bouclée! «Il nous appartient dans cette nouvelle pièce d’aborder l’histoire d’un pays, non à partir de la grande histoire des évènements mais plutôt de mettre en scène ce que l’Histoire ne retient pas, ce qu’elle ne montre pas, ce qu’elle oublie» dit la chorégraphe.

La lisibilité de l’histoire contemporaine de l’Argentine avec différents épisodes marquants croisés avec les histoires personnelles des douze artistes est ici peu évidente. Une soirée avec une impression en demi-teinte: il ne faut mieux pas chercher à retrouver nos émotions du passé ni nos fragiles souvenirs !

Jean Couturier

Théâtre National de la Danse de Chaillot, 1 Place du Trocadéro, Paris XVIème, du 22 au 25 novembre.

www.theatre-chaillot.fr

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