Aimez-moi! de Pierre Palmade, mise en scène de Benjamin Guillard

 

Aimez-moi! de Pierre Palmade, mise en scène de Benjamin Guillard

fce6e02_14584-1eqyecc.p0pomCurieux mais bon titre qui résonne parfois comme une sorte d’appel au secours.  Pierre Palmade avait commencé à vingt ans, au tout petit Théâtre de la Lucarne à Bordeaux! Quelle carrière! Il a fait de la scène avec une bonne dizaine de solos et a aussi écrit pour Sylvie Joly, Muriel Robin, Michèle Laroque, Pierre Richard. Il a fait de la télévision, du cinéma, écrit deux livres et revient à presque cinquante ans, avec un solo sur la grande scène du Théâtre du Rond-Point. Il présente à un public acquis d’avance qui vient retrouver son Palmade, une galerie de personnages en proie à l’amour comme aux difficultés existentielles. »
La transparence, dit-il joliment, est le rouge à lèvres de nos pêchés ». Pas très habiles ses peu personnages, un peu coincés mais attachants, et le public rit, mais parfois jaune. Pierre Palmade a acquis un sacré métier et emmène les spectateurs exactement là où il veut ; il pique là où cela fait mal mais jamais de façon méchante.

Les petits sketches se succèdent vite, entrecoupés de noirs, ce qui casse un peu le rythme mais Pierre Palmade semble plus rigoureux,  et a  une impeccable diction-même si on aurait bien aimé que sa voix ne soit pas amplifiée-et est très bien dirigé par Benjamin Guillard.

Il dit sans le dire, et suggère plutôt, et de façon très habile, l’angoisse du grand âge comme on dit pudiquement, de la solitude… Il parle beaucoup des autres, c’est à dire en fait toujours et encore de lui-même, de son homosexualité revendiquée, du mariage, de son penchant pour l’alcool et la coke, des médicaments en tout genre pour trouver le sommeil, puis le matin à donner l’énergie suffisante, et d’autres enfin pour soigner les maux de ventre provoqués par les médicaments, etc… Bref, Pierre Palmade en connait un rayon… Et côté comique, cela fonctionne bien.

“Mais, dit-il, je ne voulais pas qu’on m’oblige à être drôle à chaque phrase dans le prochain spectacle ». Et il y a souvent ici comme de la nostalgie des temps heureux de sa jeunesse enfuie ; il y a aussi en rafales, de l’angoisse dans l’air-«Je ne suis plus ton fils mais tu seras toujours mon père »- et sans doute le regret d’avoir trop abusé de la vie, sans toujours en jouir vraiment.
C’est efficace et brillant, toujours très fin, et d’une belle élégance, même et surtout quand Pierre Palmade frise le scabreux. Au chapitre des bémols : certains sketches sur la fin manquent de puissance et auraient pu être abrégés. On se demande bien comment des jeunes de vingt ans -il y en avait très peu dans la salle-peuvent recevoir ce qui doit leur apparaître comme un ovni. Mais bon, cela fait du bien de retrouver Pierre Palmade, seul en scène après sept ans d’absence, et de rire enfin … Le théâtre contemporain étant, comme on le sait, plutôt avare de ce côté-là. Rêvons-un peu. Un jour dans les années 2067 ou plus, de jeunes acteurs de la Comédie-Française redécouvriront les sketches de cet homme à la fois drôle et émouvant, et auront envie de les monter.

Philippe du Vignal

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, Paris VIIIème jusqu’au 31 décembre.

Et le 30 janvier, Maison de la Culture de Nevers; le 31 janvier, Espace Lino Ventura, Garges-les-Gonesse (Val-d’Oise)

Le 1er février, Théâtre de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) ; le 2  février au Centre Culturel Yves Furet ; le 3 février, à La Souterraine (Creuse), puis en France dans de nombreuses villes.

 

 


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