Slava’s Snowshow de Slava, mise en scène de Slava

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Slava’s Snowshow de Slava, mise en scène de Slava

 En France, on connait depuis longtemps Slava Polunine. Il a aujourd’hui soixante-sept ans et vit en Seine-et-Marne dans un ancien moulin à eau. En 1968 cet ancien étudiant ingénieur  a ouvert à Léningrad redevenu Saint-Pétersbourg, le studio de pantomime Licedein et crée sa compagnie de théâtre de clowns. Devenue le Teatr Seminyki (La Famille) que l’on avait vu en 2015 au Théâtre du Rond-Point. Slava’s Snowshow, nième version du spectacle créé en 1993, est jouée dans le monde entier et en France, toujours avec le même succès, au Casino de Paris, au Monfort, et au Trianon. Slava est aussi depuis quatre ans le directeur artistique du Cirque de Saint-Petersbourg.

 Sur scène, juste des châssis suspendus, et parfois quelques accessoires comme une petite table aux pieds inégaux, des perches. Dans cet univers d’inspiration surréaliste au jeu influencé par le mime Marcel Marceau, surgit Assissaï, un clown au nez rouge, chauve avec quelques cheveux hirsutes, habillé d’une sorte d’ample  barboteuse jaune cru, et de grandes chaussures noires plates.  Ici, pas de véritable scénario mais des variations brillantes, impeccablement réglées où on pressent l’angoisse de la solitude, et de la mort, même quand c’est très comique, comme le moment où il apparaît, son gros ventre percé de flèches, le tout  sur des musiques électroniques ou classiques .

 Assissaï, et ses huit  complices  sont identiquement habillés: long manteau vert, vieilles mitaines rouges trouées, chaussures noires toutes plates et démesurées. Ces pauvres hères aussi loufoques que lui,  sont comme accablés par le destin. Ils jouent de temps en temps un air sur de petits accordéons. Jamais un mot:  c’est un théâtre d’images  souvent d’une rare beauté, qui fait la part belle aux objets, comme ces gros ballons qui s’invitent sur la scène puis roulent dans la salle. Il y en même un transparent avec un clown à l’intérieur qui le fait avancer.

Le spectacle est mis en valeur par un jeu très précis et une lenteur maîtrisée comme autrefois dans Le Regard du Sourd de Bob Wilson, spectacle-culte (1970) et… contemporain de la création du Licedei ! Une tempête de neige qui se déchaîne, une autre de bulles de savon, et le déploiement d’une gigantesque toile d’araignée qui va couvrir le public le rendent tout de suite complice.
Les clowns se promènent sur les rangées de fauteuils, piquent au passage le sac d’une spectatrice, embarquent un petit garçon dans leurs bras, ou aspergent d’eau le public avec des bouteilles en plastique percées installées sur de vieux parapluies. Tout cela est un peu facile et on se demande bien pourquoi il y a un entracte dans ce spectacle inégal qui a des longueurs et répétitions. Donc un peu décevant. Et les places ne sont pas données: de quelque 74€! (carré 0r) à 36 € selon les jours!

Bref, tout se passe comme si Slava, qui ne joue d’ailleurs pas chaque soir, laissait un peu faire, bien qu’il soit présent à  toutes les représentations. Les petits enfants riaient souvent mais chez les adultes, l’accueil semblait plus mitigé. Nous n’avons pas retrouvé, malgré encore une fois des moments très forts et  une formidable beauté plastique, le charme poétique indéniable qui imprégnait autrefois Slava’s Snowshow  et bien entendu Semeniaki Express.
A vous donc de voir si cela vaut bien le coup.

Philippe du Vignal

Le Treizième art, Place d’Italie, Paris XIIIème,  jusqu’au 7 janvier.

 

 

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