Morphed, chorégraphie de Tero Saarinen, musique d’Esa-Pekka Salonen

©Jean Couturier

©Jean Couturier

 

Festival nordique de danse contemporaine au Théâtre National de la danse de Chaillot

Morphed, chorégraphie de Tero Saarinen, musique d’Esa-Pekka Salonen

Avec cinq compagnies venues d’Islande, Norvège, Suède, Danemark et Finlande, cette programmation sur quinze jours, rassemble petites formes et larges ensembles, créateurs repérés et jeunes pousses. Le Finlandais Tero Saarinen, est de retour ici avec une pièce axée sur la personnalité des danseurs. La Compagnie des hommes, titre d’une pièce du dramaturge anglais Edward Bond, pourrait servir de sous-titre à Morphed, une chorégraphie d’une heure.

La scénographie et les lumières de Mikki Kunttu sont d’une grande beauté, avec deux rangées de cordes tombant des cintres qui délimitent l’espace scénique. Le chorégraphe connaît-il ce mot fatal en France : corde, que personne ne doit jamais prononcer dans un théâtre, et remplacé par « guinde », « fil », « bout ». Corde évoque, dit-on, (les interprétations divergent) le sort des marins d’autrefois ayant échappé de justesse à la pendaison mais condamnés à travailler comme machinistes dans les cintres des théâtres: ils étaient seuls à ne pas avoir le vertige parce qu’habitués à monter très haut sur les mâts des bateaux. Cette tradition de reconversion des taulards s’est poursuivie encore il y a peu…

Les danseurs vont jouer régulièrement avec ces éléments du décor, s’en entourant ou en luttant contre eux. Sur une musique, très cinématographique, tour à tour douce et violente. Les huit interprètes, en formation compacte, commencent à dessiner avec des mouvements de rotation,  une sorte de beau kaléidoscope…un peu monotone. Puis ce groupe homogène va progressivement se dissocier, et chacun des danseurs va alors retirer sa veste à capuche, pour se lancer dans une belle danse libre. 

«Les huit danseurs et moi-même, dit le chorégraphe, avons tendu vers les limites de la puissance expressive du corps humain, et du mouvement libérateur.» Seul, ou par groupe de deux ou trois, ils expriment en effet leur personnalité en développant leur propre langage,  entre sauvagerie et sensualité. Les corps sont beaux, et les mouvements, plutôt simples, bien réalisés.  Avec un engagement total des artistes.

Que représente l’homme, aujourd’hui, après des siècles de domination sans limites, à une époque où nous regardons plutôt les hommes tomber? Un des thèmes essentiels  de cette pièce…

Jean Couturier

Théâtre National de la danse de Chaillot, 1 Place du Trocadéro, Paris XVIème, jusqu’au 20 janvier.

 

          

 


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