Le défilé haute couture de Rynshu

Le défilé haute couture de Rynshu

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dessin de Rynshu

 Pour la maquette initiale, il définit tous les élément du vêtement, y compris chapeau et chaussures. Une collection compte environ vingt-cinq prototypes où domine le noir. Et il invente une coiffure pour chaque modèle et il y a donc une dizaine de coiffeurs et maquilleurs qui l’accompagne à chaque défilé. Très souvent, ses mannequins portent des perruques. La plupart de ses présentations se déroulent dans les salons de l’hôtel Meurice, à Paris. Pointilleux à l’extrême, il définit lui-même l’emplacement des chaises pour le public, et le parcours de ses mannequins. 

 Comme si la mode ne lui suffisait pas, ce touche-à-tout a aussi publié un livre en 2012, édité en France, en Chine et au Japon, et intitulé Black Legend. Découpé en séquences comme un scénario de cinéma, il comporte dialogues et dessins illustrant les 193 scènes de ce premier roman graphique qui a donné naissance à un film qui a été présenté au festival de Cannes 2012. L’an dernier, son défilé avait eu lieu sur la terrasse de la suite Belle Étoile de l’hôtel Meurice, avec, en toile de fond, le ciel de Paris : un moment magique…  Cette année, plus intimiste, le défilé a eu lieu dans un salon de ce même hôtel devant un public restreint qu’il a plongé dans les années cinquante, au début de la haute couture parisienne. Nous avons donc rencontré un vrai artisan de la mode, loin des multinationales de l’habillement… Après le cinéma, Rynshu pourrait, comme certains de ses illustres prédécesseurs, se tourner vers le spectacle vivant!  

 Jean Couturier

 Défilé vu le 22 janvier à l’Hôtel Meurice, Paris VIIIème.

           


Archive pour 24 janvier, 2018

Blue-s-cat-Variations, librement inspiré de Koffi Kwahulé, mise en scène de Alexandre Zeff

 

Blue-s-cat-Variations, librement inspiré de Koffi Kwahulé, mise en scène d’Alexandre Zeff

 IMG_9040 2L’auteur d’origine ivoirienne, dramaturge, comédien et metteur en scène, a été lauréat du Grand prix de littérature dramatique 2017, et Alexandre Zeff avait déjà monté de lui Big shoot et Jaz Shoot. Blue-s-cat est le dernier volet de ce triptyque.C’est une sorte de conte musical sur  des airs de jazz,  au tempo entêtant. Avec entre autres, Cat’s Meow,  Blue Moon Rising ou What a wonderful world (1967) de Louis Amstrong, joué par le Mister Jazz Band : Etienne Alsamia, Louis Jeffroy, Gilles Normand et Franck Perrolle : «I see trees of green, red roses too/I see them bloom for me and you/And I think to myself what a wonderful world/I see skies of blue and clouds of white… »

Mais le monde n’est pas aussi beau qu’on le chante parfois, et Koffi Kwahulé ne tolère aucune complaisance dans ce qu’il est convenu d’appeler par euphémisme, le «savoir-être» contemporain, un concept malmené par une société froidement oppressive. Peu de personnages dans ce théâtre,  une seule femme pour Jaz, et dans Blue-s-cat (2005), un homme et une femme  bloqués dans un ascenseur en panne; dans cet espace fermé, ils en deviennent violents et cela finira avec le meurtre de l’homme par la femme qui a une peur injustifiée de lui. Ces prisonniers malgré eux quittent en imagination la cage des temps modernes : dans un temps correspondant au silence de la parole tue, à la pensée intérieure qui tourne sur elle-même. Leur corps alors  se libère : claquettes, hip-hop acrobatique : autant de performances physiques de haut vol, tracées au cordeau dans l’espace et le temps par Alexandre Zeff, dont Vanessa Bile-Audouard et Abdou N’Gom sont les excellents interprètes.

Une  rencontre d’abord artistique pour le bonheur d’un public ravi, mais  aussi profondément humaine  quand l’auteur évoque les ratages de la vie. La pièce,  (écrite en 2005), disait déjà comme on le dévoile  maintenant, ce qu’une femme subit au quotidien mais aussi ce qu’un homme peut aussi éprouver : un sentiment d’agression et de mal-être. Il est noir, et elle, blanche; elle va preque aussitôt le soupçonner de vouloir l’agresser sexuellement et la tuer. Elle s’invente des peurs, doutes et menaces mais fébrile et inquiète, elle est surtout immensément seule. Enfermée dans cette cabine d’ascenseur, et en colère, elle s’imagine le pire : «Je ne sais pas d’où il sort, jamais je ne l’ai rencontré. Ni dans l’ascenseur ni dans le couloir. Ni dans le parking… »

Dans un délire à n’en plus finir, elle évoque les attentats des tours jumelles à New-York où beaucoup ont préféré sauter par la fenêtre plutôt qu’emprunter les escaliers; ceux restés sans  aucune possibilité de fuir, ont été vaporisés… « Pas de corps à honorer. Et là, impossible de faire le deuil… Et c’est à ce moment-là, dans le corps absent, que commence la vraie tragédie. » Lui, reste absorbé par ses  soucis : impôts et pourcentages financiers qui, bien sûr, n’ont rien à voir avec un comportement dangereux qu’elle, toujours sur la défensive, lui imagine.

Erreurs, quiproquos, malentendus quotidiens affectent les êtres, parfois incapables de la moindre empathie ou compréhension envers l’autre. Entre sensations d’identité et d’altérité, l’écriture de Koffi Kwahulé, proche du jazz, distille à profusion, ratés et brisures, tremblements et tensions de la vie.  Cette musique d’origine afro-américaine puis esthétique commune du XX ème et sans doute du XXI ème siècle, avec ici des standards de blues et de comédies musicales, traduit, on le sait, les désarrois, colères et espoirs des musiciens noirs…

Un spectacle fort aux vibrations politiques mais aussi poétiques.

Véronique Hotte

Spectacle joué à La Loge, 77 rue de Charonne, Paris XIème, du 15 au 18 janvier. T. : 01 40 09 70 40.

Blue-s-cat, comme la plupart des œuvres de Koffi Kwahulé, est publiée aux Editions Théâtrales.

 

 

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