Play Bach, Loom, Eddies, chorégraphie d’Yuval Pick

Play Bach, Loom et Eddies, chorégraphies d’Yuval Pick

 

event_playbach-loom-eddies-de-yuval-pick_870668Ces trois courtes pièces présentées au festival Faits d’Hiver, dans l’ordre chronologique de leur création, sont autant de jalons dans le parcours de l’artiste israélien ; ils  nous révèlent comment s’est construit son style si particulier, issu de la Batsheva Dance Company. Style que nous avions particulièrement apprécié lors de sa dernière création Acta est fabula (voir Le Théâtre du blog).

 Dans Play Bach, Thibault Desaules, Adrien Martins et Madoka Kobayashi composent une série de duos vifs et précis, sous le regard du ou de la troisième resté(e) en touche. Ils évoluent dans la symétrie d’un carré blanc cerné d’une bande noire, en diagonales ou en carrés, et leur gestuelle sinueuse contraste avec leurs trajectoires en ligne droite.  Sur des extraits de musiques de Jean-Sébastien Bach, ils changent de partenaire à chaque morceau : « La musique de Bach, dit Yuval Pick, m’a permis de travailler sur l’horizontalité et le verticalité de l’espace. »

 Très différent, Loom met en présence Julie Charbonnier et Madoka Kobayashi, dans un duo haletant. Plantées au sol, elles oscillent l’une face à l’autre, comme en miroir, sans jamais entrer en contact, le corps soulevé par la puissance de leur souffle. Une chorégraphie organique de vingt-cinq minutes fondée sur l’interaction des interprètes. Quand l’une vient à faiblir et s’écroule, l’énergie de l’autre la remet sur pied. La musique de Nico Muhly se superpose , par intermittence, au bruit des respirations, constituant un univers sonore étrange.

 Eddies rassemble les deux hommes et les deux femmes dans une chorégraphie plus fluide que les précédentes. Ces danseurs exceptionnels évoluent en électrons libres mais on retrouve cette même tension entre les corps qui s’aimantent et se repoussent sans jamais se toucher. Comme si l’espace entre eux, tour à tour se dilatait et s’expandait. Le noir du plateau et des costumes définit un univers sans limites, où les corps se déploient et s’élancent de toute leur envergure. Ils se cherchent, se rapprochent et s’éloignent les uns des autres. Une musique pop, trouée de plages de silence, rythme cette choralité qui se brise et se reconstitue. Pour notre plus grand plaisir…

 Directeur du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape, depuis 2011, Yuval Pick mène avec son équipe des ateliers de danse auprès des jeunes de cette banlieue périphérique lyonnaise difficile, et a constitué avec eux une troupe locale.

Ces trois pièces (un trio, un duo et un quatuor) constituent chacune à sa manière un hymne au souffle vital et au mouvement.

Mireille Davidovici

Théâtre de la Cité Internationale, boulevard Jourdan Paris XlVème  dans le Cadre du festival Faits d’Hiver les 29 et 30 janvier.

Le 6 mars, Lux à Valence (Drôme) ; les 10 et 11 mars, Osaka (Japon) ; le 17 mars CCNR Biennale Musique en scène de Rillieux-la-Pape (Rhône).
Le 13 avril, Espace Culturel Tabourot des Accords, Saint-Apollinaire (Côte-d’Or).
Le 16 mai, Maison pour la  Danse, Festival des Musiques, Marseille (Bouches-du -Rhône) ; le 18 mai, Espace Paul Eluard, Montbard (Côte-d’Or).
 Et le 8 juin, Centre Chorégraphique national de Tours, Festival Tours d’Horizons (Indre-et-Loire).

 Le festival Faits d’Hiver se poursuit jusqu’au 17 février dans dix théâtres partenaires à Paris et en Île-de-France. T. : 01 72 38 83 77.  www.faitsdhiver.com

 

 

 


Autres articles

Répondre

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...