Giselle par le Yacobson Ballet de Saint-Pétersbourg

©Jean Couturier

©Jean Couturier

Giselle par le Yacobson Ballet de Saint-Pétersbourg

Fondée par Leonid Yacobson en 1969, première compagnie indépendante de Russie, non attachée à un Opéra et basée de Saint-Pétersbourg, elle entame, avec soixante de ses membres, une longue tournée française.

 Avec Giselle nous retrouvons avec plaisir les pas de la danse classique interprétés avec rigueur : entrechats, cabrioles, pirouettes, jetés, pas de bourrée. Pour le plus grand bonheur du public qui n’a pas souvent l’occasion de voir ce chef-d’œuvre du ballet romantique, dansé,  autrefois par des couples mythiques : Serge Lifar et Yvette Chauviré, Rudolf Noureev et Margot Fonteyn. Ici, Elena Chernova et Stephan Demin relèvent pleinement le défi dans ces rôles difficiles.

La chorégraphie de Jean Coralli, Jules Perrot et Marius Petipa, dont on célèbre cette année le deux centième anniversaire, est restée inchangée depuis la création. Théophile Gautier a imaginé un livret en deux parties très contrastées. Giselle, une jeune villageoise, s’éprend du prince Albrecht, lui-même déjà fiancé à une princesse. Elle sombre alors dans la folie et en meurt.

Ensuite, nous pénétrons dans l’univers surréaliste des Willis, dont Giselle fait maintenant partie. Ces esprits des jeunes filles trahies sont représentés par des danseuses en tutu avec de petites ailes dans le dos. La reine des Willis condamne le prince à danser jusqu’à la mort, mais l’esprit de Giselle apparaît et le sauvera.

Le directeur artistique, Andrian Fadeev, diplômé de l’Académie Vaganova et ancien danseur du théâtre Mariinsky, reste toujours en coulisses avec les maîtres de ballet, pour guider les quarante danseurs… Le corps de ballet, tout comme les solistes, s’implique avec force et grâce, ici les gestes sont fluides et précis. Pendant cette tournée exténuante, les interprètes dansent en alternance. Les décors de toiles peintes et les costumes de Viacheslav Okunev reproduisent les images classiques imaginées par le scénographe Alexandre Benois en 1910.

«C’est hier soir que Giselle est née, et sa naissance a été accompagnée de circonstances qui lui promettent longue vie», écrivait Adolphe Adam, créateur de la musique, au lendemain de la première, le 28 juin 1841, à l’Opéra Le Peletier à Paris IXème, où l’étoile italienne Carlotta Grisi dansait Giselle. Il ne s’était pas trompé !

Une  belle soirée, mais n’hésitez pas à aller découvrir les autres pièces du répertoire de cette compagnie de danse exceptionnelle.

 

Jean Couturier

Spectacle vu au Théâtre André Malraux de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) le 16 février.

www.ltddanse.com


Archive pour février, 2018

Nénesse d’Aziz Chouaki, mise en scène de Jean-Louis Martinelli

© Pascal Victor

© Pascal Victor

 

Nénesse d’Aziz Chouaki,  mise en scène de Jean-Louis Martinelli

Nénesse, cela sonne à l’oreille comme une note musicale et populaire. Un surnom affectif et un peu moqueur… Mais pour l’auteur, la pièce est «une métaphore d’un possible contemporain, et représente une sorte de verrue sur le visage de l’occident, comme la métastase d’un système à bout de souffle, en proie à une hystérie identitaire sans précédent ». Comédie noire ou farce politique ? Cette fiction dramatique est un tableau sans concession des malaises et des maux : « le discours de la réaction », selon Jean-Louis Martinelli, de notre société occidentale aujourd’hui. Nénesse, rocker dans sa jeunesse, ancien légionnaire, a subit deux AVC. Au chômage, il décide alors avec sa femme Gina qui fait des ménages par intérim, d’installer une cabine Algéco dans leur appartement et de la sous-louer 500 € par mois a deux SDF sans- papiers.

Après Une Virée (2004) et Les Coloniaux (2009) d’Aziz Chouaki, au Théâtre Nanterre-Amandiers, cet auteur et Jean-Louis Martinelli collaborent de nouveau pour créer un spectacle politique d’une actualité brûlante, à l’humour grinçant, parfois à la limite du supportable, mais qui ne laisse pas indifférent. Très vite, le public surpris parfois même dérouté, passe du rire au silence et vice-versa… Le comique de certaines situations cache un malaise profond : cette pièce qui parle aussi d’un autre fléau de notre société : la peur. Celle de l’autre, mais aussi de soi. 

Le spectacle est saisissant de vérité quand il nous parle de notre société et du regard porté sur l’autre, différent et fragilisé, ou en dérive. « De retour en France, dit Nénesse,  je me suis rangé des voitures, aussi sec, j’ai fait du chantier, j’étais chef d’équipe. Eh! Ben, je te jure, t’avais du rital, du pollack, du portos, du yougo, mais que du catho quoi, du catho blond yeux verts, alors que là, t’as que du crépu visqueux et merdoyard, des rats d’égout de bas de gamme, à vite dire, en plus aucune ambition je te dis, aucune, comment tu veux que. Nous, avant, dès 6 h du mat, t’avais les doigts dans le béton glacial dès potron minet, alors qu’aujourd’hui t’as les Bonobos, les Ben Laden, les tchadors, la burqua, que la nouvelle boulangère du quartier, elle m’a fait peur l’autre jour. »

Cette comédie amère, parfois trop dans l’excès, est bien menée par de merveilleux comédiens: Christine Citti, Hammou Graïa, Geoffroy Thiebaut, et Olivier Marchal (dans le rôle-titre) que le public découvre là au théâtre. Etonnant de sincérité, il réussit, sans aucun pathos, à faire jaillir les contradictions du personnage, insupportable, de Nénesse. Mise en scène et scénographie entrent en totale cohésion avec l’humeur de la pièce, et son écriture, tranchante et colorée. Comme l’emplacement choisi, par exemple, pour mettre la cabine Algéco dans l’appartement  et qui, une fois dans l’espace, devient semblable à la porte d’entrée monumentale d’une prison. Excellente idée dramaturgique et esthétique.

L’écriture d’Aziz Chouaki a cette qualité précieuse pour les acteurs-et déjà observée dans Une Virée-de leur offrir une parole ancrée dans une oralité forte et d’aujourd’hui, au tempo vif et poétique : «L’Europe des cirques, l’Europe de toutes les transversales de tous les possibles.. » Dans une langue sonore et imagée, qu’elle soit populaire ou plus littéraire, suivant le contexte des situations : « Eh! Ben… regarde je te dis, non mais regarde-moi la gueule du Duché ! Je te présente : c’est Peshawar-sur-Oise que c’est devenu, regarde, frangin, tout le quartier qu’est devenu barbu, gandouras (il se regarde dans le miroir). Il est où le Nénesse, bordel. Le King de la Creuse, j’étais, moi: rock and roll.». 

Le personnage d’Aurélien fait penser à ceux des pièces d’Anton Tchekhov, et  les autres rappellent ceux de François Rabelais. Jean-Louis Martinelli a su laisser s’épanouir ici cetee théâtralité du vécu grâce à un phrasé peu ordinaire et  charnel, présent dans le texte: « J’ai fait deux ans de zonze à l’époque, cause qu’on s’était fait gauler moi et le Riri avec un kilo de chichon a la frontière belge. À la sortie je vois une affiche : Engagez vous dans la Légion, que c’était écrit en rouge sur bleu, et moi, ni une ni deux, me v’la trois ans de Légion:  Kolwezi, le Liban. Le pognon, l’aventure.  C’était pas de la guimauve, je vais te dire.. »

La mise en scène donne cette dimension du vivant, indéniable dans l’écriture. « Alors, comment? Tiens, la petite vieille du rez-de- chaussée, oui le jour où qu’elle reçoit sa retraite, qu’elle sort de la B.N.P. , oh! Je la vois bien, la douairière, toute rasée de près, la petite dame, et tout, petits yeux violets, lunettes dorées, ses belles petites mules lavande, ses mitaines saumon rapiécées avec son bavoir blanc de la reine Victoria, comme dans les gravures . » Nénesse, type même du raté, aigri et raciste, violent et faible à la fois,  et son entourage nous ouvrent grand les yeux sur des situations trop souvent mises de côté, comme étant celles d’un autre monde…Saluons l’audace d’Aziz Chouaki et de Jean-Louis Martinelli: ce spectacle va droit au but, face à la situation sociale et morale de notre société française et européenne.Politique et poétique mais grotesque aussi : du théâtre au sens fort du mot!

 Elisabeth Naud

Spectacle vu au Théâtre Déjazet, 41 Boulevard du Temple, Paris IIIème. T: 01 48 87 52 55.

Du 13 au 16 mars, La Manufacture-Centre Dramatique National de Nancy-Lorraine.

Les 29 et 30 mars,  Théâtre Liberté  de Toulon.

 

Miracle en Alabama de William Gibson, adaptation et mise en scène de Pierre Val

 

Miracle en Alabama de William Gibson, adaptation et mise en scène de Pierre Val

 

Photo Lot

Photo Lot

William Gibson est né en 1948 en Caroline du Sud. Il a six ans quand son père meurt accidentellement. Sa mère va s’installer dans sa famille, en Virginie.. Lui, introverti, il devient un lecteur acharné et elle a beaucoup de mal à l’élever seule: elle décide alors de l’envoyer en pension, à des milliers de kilomètres de chez lui, en Arizona! Il découvrira alors la « beat generation » et toute la contre-culture .

Sa mère meurt quand il a dix-huit ans et il s’enfuit au Canada pour éviter d’être envoyé  faire la guerre au Viêt nam. Il reprend des études, voyage beaucoup et se marie. En 1977, il  retrouve  sa vieille passion pour la science-fiction et découvre le mouvement punk, mais se défie du capitalisme comme de la contre-culture, et commence à écrire des nouvelles influencées par la cybernétique et la réalité virtuelle sur la race humaine dans un futur imminent. Son premier roman, Neuromancien fut un grand succès littéraire, et il devient la figure de proue du cyberpunk.  Ce   livre est le premier de Sprawl Trilogy. Suivront Comte Zéro et Mona Lisa s’éclate, sur des thèmes comme les changements technologiques et leurs conséquences sur l’homme.

Bridge trilogy, (Lumière virtuelle, Idory, All Tomorrow’s Parties) se situe dans un futur proche.William Gibson écrivit également quelques éléments d’anticipation pour Alien qui furent intégrés au film. Miracle en Alabama est à l’origine, une nouvelle The Miracle worker, que Marguerite Duras avait adaptée* (Arthur Penn en fit aussi un film en 1962), un texte tiré de l’autobiographie d’Helen Keller (1903) Sourde, muette, aveugle : histoire de ma vie.

Cela se passe en Alabama, en 1887. Cette conférencière et militante politique était sourde et aveugle à deux ans, donc coupée du monde extérieur. Désespérés, ses parents feront appel à Annie Sullivan, une institutrice  tenace  qui prendra en charge l’éducation d’Helen et qui l’ouvrira au monde. Ce qui pose la question de la perception, de l’origine du langage et de son apprentissage. Et, bien entendu, cela n’ira pas sans conflit-parfois violent-entre cette éducatrice atypique qui veut avoir les mains libres pendant plusieurs semaines, et les parents d’Helen soucieux de garder l’affection de leur enfant. Mais aussi très inquiets des méthodes radicales utilisées par Miss Sullivan… On ne vous dévoilera pas la fin, mais les parents seront finalement à la fois éblouis et émus de voir que leur petite fille réussit à retrouver le tout début d’une expression orale.
Sur le plateau, un décor très simple censé représenté la salle à manger de la famille mais aussi la petite dépendance où Miss Sullivan vit avec la petite fille. La mise en scène de Pierre Val qui joue aussi le Père, tient la route et Valérie Alane, Julien Crampon, Stéphanie Hédin, Marie-Christine Robert font leur boulot, mais Lila Mekki, bien dirigée, est exceptionnelle de vérité, dans ce rôle pas facile de cette enfant difficile.
Mais bon, c’est toujours le même constat: comment faire passer l’essentiel d’une nouvelle au théâtre. Marguerite Duras pense que chaque roman ou nouvelle, possède  « un espace imaginaire propre ». Mais elle ne donnait pas, bien entendu, les clés pour le transposer sur un plateau. Ce qui n’a jamais empêché les metteurs en scène, de théâtre comme de cinéma, de tenter l’expérience et parfois à s’en sortir au mieux… Comme entre autres Jean Bellorini avec Tempête sous un crâne, une adaptation tiré surtout des dialogues des Misérables de Victor Hugo. Krzysztof Warlikowski  lui choisit de faire un spectacle à partir d’A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust. « Il ne s’agit pas, dit-il, d’une adaptation, ce qui serait impossible. (…) Ce sont des tableaux, nés d’une investigation personnelle sur l’univers de Proust, au fil de découvertes ».

Et comment faire ressentir toute la saveur d’un récit, avec les  indispensables dimensions d’espace et surtout de temps, quand on l’adapte  pour le théâtre. Là est toute la difficulté et cela pose d’abord une question de rythme et de mise en place des dialogues. Ici, certaines scènes ont tendance à s’installer et on a parfois l’impression que  l’on a affaire à un théâtre d’un autre âge, et cette adaptation rame un peu surtout à la fin, et dégouline de bons sentiments… Un spectacle honnête dont on ne ressort pas vraiment convaincu. Mais il y a l’excellente interprétation de Lilas Mekki…

 Philippe du Vignal

Théâtre La Bruyère  5 rue La Bruyère, Paris IXème. T. : 01.48.74.76.99.
Séances sur-titrées pour sourds et malentendants, le 22, 17 et 31 mars.

Adaptation publiée par L’Avant-scène du théâtre n°279, du 1er janvier 1963.

Le Mystère de l’écureuil bleu, opéra-comique de Marc-Olivier Dupin et Ivan Grinberg

 

 DR Vincent Pontet

DR Vincent Pontet

Le Mystère de l’écureuil bleu, opéra-comique de Marc-Olivier Dupin et Ivan Grinberg

Le théâtre national de l’Opéra-Comique, à l’instar d’autres institutions comme le Théâtre de la Ville, se  préoccupe du jeune public, qui adulte, aura envie de fréquenter ce lieu. Au programme, Mon premier festival d’Opéra avec, parmi les trois œuvres de cette manifestation,  ce Mystère de l’écureuil bleu, une intelligent web opéra, créé et diffusé sur Internet durant la fermeture de la salle Favart.

A partir d’une intrigue policière bouffonne, la disparition du fameux écureuil, huit personnages enquêtent et vont tenter d’élucider le mystère: le directeur de théâtre, la chanteuse vedette, le ténor, la jeune choriste, le cintrier, la costumière, le mécène, et enfin l’expert en sécurité. Comme à l’époque du disque vinyle, où le conte musical Piccolo saxo et compagnie faisait découvrir les instruments classiques d’un orchestre, cette pièce d’une heure vingt-cinq révèle les lieux, les corps de métier qui travaillent à la création d’un opéra, et les termes techniques utilisés. Un livre- programme pédagogique complète le spectacle.

Chaque personnage est incarné avec justesse par les chanteurs… La scénographie d’Aurélie Maestre et les costumes d’Alain Blanchot, comme un bande dessinée géante, nous font voyager entre atelier de couture, bureau du directeur et coulisses. La magie du spectacle vivant opère, d’autant plus que ce théâtre historique à l’italienne a été très bien rénové. Ici, on prend encore des risques, et cela incite chroniqueurs  et public à hanter chaque soir les théâtres.

Les spectateurs sont invités à la fin du spectacle à découvrir la fosse d’orchestre avec ses musiciens et leurs instruments. A la fin, chose rare, l’équipe salue, y compris les techniciens. Après une danse finale, réglée par Caroline Marcadé,  tous les personnages chantent: «Lèv’-toi, viens te mélanger. Au Comique. C’est magique. C’est de la bombe atomique. Aime et fait ce qu’il te plaît.». «C’est trop bien !», s’exclame un jeune spectateur, une fois la lumière revenue dans la salle. Tout est dit de ce beau programme…

Jean Couturier

Opéra-Comique, Place Boieldieu,  Paris IIème. T. :  0 825 01 01 23, jusqu’au 25 février

Que nos vies (aient l’air d’un film parfait) de Nathanaël Frérot, mise en espace de Catherine Marnas

© N. Frérot

© N. Frérot

 Que nos vies (aient l’air d’un film parfait) de Nathanaël Frérot, mise en espace de Catherine Marnas, avec les élèves de l’École du Nord.

 

L’École Pratique des Auteurs de Théâtre Ouvert (EPAT) est un laboratoire où des auteurs « sont invités à remettre sur le métier leur texte avec la collaboration d’artistes sur le plateau : « un maître d’œuvre » et des interprètes ».  Il y a aussi certaines sessions prises en charge par une équipe d’élèves-comédiens, ce qui permet de tester une dramaturgie mais aussi de familiariser les jeunes acteurs à sa mise en jeu. Les quatorze élèves de L’École du Nord (dont deux élèves-auteurs), déjà aguerris aux écritures contemporaines (Voir Le Théâtre du Blog), ont choisi, parmi plusieurs textes, de travailler l’écriture complexe de Nathanaël Frérot.

«C’est une expérience intense de confronter son écriture à leur passion et l’acuité du regard de Catherine Marnas », remarque le jeune auteur qui n’en est pas à sa première pièce… Apparemment simple mais d’une construction peu évidente, elle s’appuie sur la géographie d’un territoire : la Manche où Nathanaël Frérot travaille avec plusieurs compagnies. Le texte, issu d’une commande, met en scène un groupe d’artistes débarquant à Coutances, non pas en quête d’auteur mais de personnages et d’une histoire à raconter, d’un spectacle à composer collectivement : « On sait ce qui rassemble ces personnages. Des lieux, le département de la Manche… ». Ils s’interrogent, remettent leur travail en question, et élaborent devant nous des mini-séquences, des amorces d’intrigue, à partir de lieux précis : un appartement, une station balnéaire, une place de village, un gros bourg, les rues d’une ville moyenne…

Entre poésie, petits drames  banals et étude ethnologique, la pièce s’articule en trois parties où les scènes opèrent comme des mises en abyme du récit global (l’arrivée d’une troupe d’acteurs en quête d’un spectacle) et s’annoncent par des didascalies très littéraires. On suit quelques personnages du début à la fin, d’autre passent seulement… S’inventent ici des paysages où vivent des gens au quotidien : des agriculteurs à la retraite dans leur cuisine, deux copines à la terrasse d’un café, des couples de néo-ruraux  confrontés à la laideur «rurbaine».

 La première partie expose la situation et des tentatives d’écriture. La deuxième, avec une « libération de la situation, le réel, on y mélange l’ordre », se présente comme un tournage de film, dans le désordre de courtes séquences avec des histoires banales, un polar politique et des dénouements comiques. Enfin, l’aventure théâtrale se termine dans un joyeux chaos : «Une grande carte aura été déroulée…», conclut l’un des personnages.

 Catherine Marnas et les élèves-comédiens ont débroussaillé cette pièce qui joue sur plusieurs registres fictionnels : du naturalisme au poétique, du polar à la dramatique télé. Le texte, ouvert à tous les vents, fourmillant de vies minuscules, ressemble à un chantier permanent et convient parfaitement au travail collectif proposé ici. Qu’en adviendra-t-il? Après ces échanges dramaturgiques entre le plateau et la page écrite, la balle est dans le camp de l’auteur.  A suivre.

 

Mireille Davidovici

 

Travail vu à Théâtre Ouvert 4 bis Cité Véron, Paris 18ème. T. 01 42 55 55 50,  le 24 février.

 

Prochain rendez-vous de l’EPAT : Sur/Exposition d’Aurore Jacob, mise en espace de François Wastiaux et Sarah Jane Sauvegrain, avec les élèves du groupe 44 de l’école du Théâtre National de Strasbourg.

Mon fils Nikolas Mantzaros de Chryssa Spilioti, mise en scène d’Avgoustinos Remoundos

Mon fils Nikolas Mantzaros de Chryssa Spilioti, mise en scène d’Avgoustinos Remoundos
 
mantzarosLe titre se réfère bien entendu au fameux compositeur grec, né à Corfou en 1795 d’une famille riche.  Son père Iakovos Chalikiopoulos-Mantzaros était juriste après avoir fait ses études de droit en Italie. Sa mère, Regina Turini, une poétesse et musicienne, de famille noble, raconte ici  l’histoire de ses proches parents et sa relation privilégiée avec son fils Nikolas, qui, dès l’âge de huit ans, étudie le piano et la théorie de la musique auprès de sa mère.
     Ce monologue chargé d’émotion, est surtout joué dans une langue locale mais avec des paroles en italien qui lui donnent un charme particulier. Regina Turini a insufflé à son fils l’amour pour  la musique et pour la composition. Avec des détails  historiques et socio-politiques précis.  Elle suit de près son enfant qui  ne sait pas encore qu’un chemin glorieux l’attend. Quelques années plus tard, il deviendra l’ami du grand poète Dionissios Solomos, et sa vie commencera à prendre une nouvelle allure  quand il aura conscience de son identité hellénique.
Et L’Hymne à la liberté, un long poème de Dionissios Solomos  sera plus tard l’hymne national. Les deux artistes  s’engagent dans une lutte nationaliste et aspirent à voir un jour leur patrie libérée et prête  devenir un Etat institutionnalisé. La cause est grave et l’opération doit s’élever à la hauteur d’un niveau requis. La mère, très attentive à son fils, voit avec beaucoup de joie cette rencontre de la poésie et de la musique.

        Reste à trouver pour l’hymne national grec, un accompagnement convenable : une fugue, une cantate ou bien une marche militaire?  Au centre du dilemme, la sentimentalité poétique de ce chant à la liberté. La musique donne en effet à chaque strophe une sorte d’apothéose de la paix, malgré des conflits à venir inévitables.
     Avgoustinos Remoundos  a imaginé une scénographie qui s’appuie sur des petits objets dans un espace dominé par un grand cadre, d’où Chryssa Spilioti sort par moments pour se rapprocher du public. Habillée d’une belle robe dessinée par Tonia Avdelopoulou-elle circule avec beaucoup d’aisance sur le plateau et raconte sa vie de mère affectueuse. La pièce  diffuse une émotion particulière sans doute due ici à la fusion des vers et de la musique…
 
Nektarios-Georgios Konstantinidis
 
Théâtre Vault, 26 rue Melenikou, Votanikos, Athènes. T: 0030  213 0356472

Six films au féminin, présentés par Altermedia

 

Six films au féminin, présentés par Altermedia au Cinéma Saint-André-des-Arts.

260d4653f9Art et essai : Caroline Chomienne a fait ses preuves depuis longtemps. Cinéaste, danseuse, et femme. Inutile d’ajouter : engagée. En marge des grands circuits commerciaux, elle construit une œuvre précieuse et populaire, sous la bannière républicaine: liberté, égalité, fraternité.

Pilier de l’association Altermedia, créée par Félix Guattari et actuellement présidée par Gérard Mordillat, Caroline Chomienne intègre dans ses films la devise et le fonctionnement de ce phalanstère du cinéma. Il faut aller voir son site : ateliers, production, formation aux métiers du cinéma-avec de grands professionnels-rencontres pour ceux, et surtout celles qui débutent dans le métier sans pouvoir s’appuyer sur un réseau, et pour les amateurs, jeunes ou non. Une sorte d’anti-Fémis, l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son, établissement public d’enseignement supérieur. Altermedia est plutôt un complément indispensable à  cette école «de classe» à tous les sens du terme. Les locaux mêmes de l’association, comme ceux d’un coin du vieux Paris populaire qui aurait glissé à Saint-Denis, en plus de raconter une vie en commun, créative et mouvante, peuvent servir de décor à ces histoires.

La Leçon de danse répond à une commande : travailler à la prévention du viol. On se méfie souvent des films à programme, et l’on a tort. Ce film nous fait partager la joie qu’a une jeune danseuse, à passer sa première audition professionnelle, l’euphorie d’une soirée trop arrosée, et puis l’inconscience cynique des garçons qui utilisent la drogue du viol pour se payer une fille…Bon, en aidant une autre fille, la danseuse blessée trouvera sa résilience, et les spectateurs (masculins en particulier) eux auront une réponse à la question du consentement : non, accepter de boire un verre avec des copains, ce n’est pas consentir à une relation sexuelle multiple.

Cuba no Cuba si évoque l’envie d’un ailleurs : un séduisant peintre cubain exilé va «voir ailleurs»,  laissant tomber sa galiériste amoureuse pour tanguer entre deux jeunes cousines… Les filles auront leur revanche, risquée. Que faire, sinon partir ? Véra, danseuse et reçue à l’Opéra après des mois d’un travail rigoureux et exigeant, s’enfuit. Vers la danse métisse de Norma Claire, filmée précisément dans la maison d’Altermedia à  Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

 En arrière-plan, au coin des rues, danses urbaines, “Demoiselles de Saint-Denis“ en robes tournoyantes aux couleurs de fleurs… Véra, elle aussi “sidérée“ par une agression sexuelle, s‘en sortira en dansant sa vie, en s’inventant un style libre et unique., L’adolescente de Chica se cherche, à travers la danse, la musique, son admiration pour le Cirque Plume… Et la drogue. Frôler la mort l’entraîne vers un retour à ses racines : sa grand-mère tzigane, jouée par la grande Cristina Hoyos, va la remettre au monde. La danse, toujours : comme art, comme création, comme troisième dimension donnée à l’image, comme liberté….

 Dans Coucher de soleil sur le 9-3, on ne danse pas, mais c’est la poésie qui danse, en noir et blanc, entre jardins ouvriers, femme peintre et trafics étranges… Il y a quelque chose de rhomérien dans ce monde de sentiments fluides.

Ces films parlent de l’art, montrent la création en train de se faire et des artistes au travail : peintres, chorégraphes… Avec sa famille de cinéma, la scénariste Corinne Atlas, la chorégraphe Andrea Sitter, Yann Dedet au montage, Paolo Carnera à l’image, avec des acteurs amis et tout ceux qui viennent les rejoindre, Caroline Chomienne crée des films audacieux et simples, courts parfois et qui prennent leur temps. La chance du cinéma impécunieux : être contraint à la liberté. Si l’on ne peut tourner assez de plans, le montage sera d’autant plus “à pic“, et fort. Inutile de reconstituer un monde de toutes pièces, on filmera sur leur visage, la vérité de personnes que l’on connaît intimement. Tout bénéfice, si l’on ose dire : de si près, cette famille devient la nôtre.

Manque une chose à ce cinéma original, bien ancré dans son monde via ses ateliers et formations : qu’il soit plus largement diffusé, et qu’on cesse de s’imaginer que les spectateurs n’attendent que des “blockbusters“. Oui, ces six films au féminin, on les attendait, sans le savoir…

Christine Friedel

Films vus au cinéma Saint-André des Arts,  30 rue Saint-André des Arts, Paris VIème. contact@cinesaintandre.fr

 

 

 

Seasonal affective disorder de Lola Molina, mise en scène de Lélio Plotton

Seasonal affective disorder de Lola Molina, mise en scène de Lélio Plotton

 

© Victor Tonnelli

© Victor Tonnelli

Pour Dolly et Vlad, l’hiver n’en finit pas. Le soleil ne se lèvera qu’à la fin de leur cavale,  à l’aube de leur mort. Leurs amours précaires ont commencé  dans un Etap-Hôtel à la Porte de Bagnolet. Vlad, l’homme mûr «au nom qui porte malheur», a cueilli par hasard une gamine de quatorze ans dans un bar. Elle l’a suivi. Mais la police est à ses trousses : elle a tué une camarade de lycée. Ils fuient ensemble. Une longue errance avec vols à main armée, nuits à la belle étoile, bains dans des rivières gelées. Elle écrit des poèmes et il  dessine des tatouages imaginaires sur sa peau laiteuse, éclats de beauté et de liberté dans l’opacité visqueuse d’une folie à deux.

Mi-récit à deux voix, mi-dialogue direct, les aventures de Vlad et Dolly commencent post-mortem. Dans le royaume des ombres, Dolly apparaît à Vlad comme une lumière apaisante. Ils émergent du néant pour nous raconter cette histoire à la Bonny et Clyde. Sur le plateau nu, un écran diffuse des images abstraites :  matières sablonneuses, coulures de sang ou d’encre, routes, champs et bois floutés, en accord avec les événements et les états intérieurs des personnages. Une bande- son discrète, multidirectionnelle reproduit les ambiances qui rythment de la course folle de Dolly et Vlad: cette dispersion des sources sonores donne bien l’impression de déplacement, alors que les acteurs jouissent d’un espace plus que restreint dans la petite salle du Paradis du Lucernaire.

Laurent Sauvage habite Vlad, avec le poids d’un homme qui a vécu et qui , malgré une petite dose de cynisme, s’engouffre à corps perdu dans une passion trouble qui le dépasse, et où  amour et désespoir se côtoient. Face à lui, Anne-Lise Heimburger, d’abord un peu gauche, finit par s’imposer en faisant évoluer son personnage, de la Lolita boudeuse et fantasque, à la jeune femme amoureuse.

Malgré cette distribution un peu déséquilibrée au départ, le texte dense, imagé, tendu, trouve ici une belle consistance. Dans l’univers noir où Lola Molina nous plonge, quelques détails font sourire et la poésie dévoile le versant lumineux de cette sombre histoire. Le décor visuel et sonore transpose avec subtilité la valeur symbolique que l’auteure attribue à la nature, en écho au désordre affectif saisonnier des personnages. Le metteur en scène a su traduire toute la saveur de la pièce et le prix du Lucernaire-Laurent Terzieff-Pascale de Boysson qu’elle a reçu en 2017 semble donc tout à fait justifié.

 Mireille Davidovici

Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris VIème. T. :01 42 22 66 87, jusqu’au 31 mars au www.lucernaire.fr/

Le 28 mai, Théâtre de la Décale, Vierzon (Cher).

Martha Graham Dance Company, en tournée européenne

 

Martha Graham Dance Company, en tournée européenne

©Jean Couturier

©Jean Couturier

Cette compagnie américaine historique, fondée en 1926, ouvrira, en septembre, la saison danse de l’Opéra de Paris, à l’invitation d’Aurélie Dupont. En attendant, nous avons eu le plaisir de la découvrir en Allemagne… Janet Eiber, directrice artistique de la compagnie, a présenté deux créations et deux œuvres historiques.

Peiju Chien-Pott,  dans une robe moulante d’une beauté hypnotique, interprétait Ekstasis, un solo de six minutes, dansé par Martha Graham en 1933 à New York. Virginie Mecene l’a reconstitué à partir d’archives photographiques en noir et blanc, et d’écrits de la célèbre chorégraphe. A la rentrée, Aurélie Dupont retrouvera ses sensations de danseuse en interprétant cette pièce certains soirs, parmi d’autres chorégraphies de la Martha Graham Dance Company.

Mosaic a reçu une ovation du public allemand. Cette pièce de vingt  minutes, chorégraphiée par Sidi Larbi Cherkaoui  l’an passé, sur des musiques sacrées du Moyen-Orient, prouve l’extrême adaptabilité des danseurs aux formes nouvelles. D’abord regroupés comme une masse humaine sur une fresque, ils s’en libèrent un par un pour développer, en solo, duo ou trio, des figures pleines de sensualité.
Cette séquence de regroupement, puis de dislocation, se répète plusieurs fois. «J’aime le mouvement collectif, pareil à une danse, qui se fait dans les mosquées et les églises, dit Sidi Larbi Cherkaoui. Bouger en même temps que les autres est quelque chose d’important dans la vie.»

Dark Meadow Suite, crée en 1946 sur une musique du Mexicain Carlos Chavez, a surpris le public par la modernité de ses portés, de ses figures et par la beauté des costumes d’Edythe Gilfond qui donnent à cette pièce inspirée de rituels indiens de dix-huit minutes, une qualité plastique assez rare.

Chronicle (1936), œuvre très politique de Martha Graham, dénonce la montée du fascisme en Europe. La première partie, Spectre-1914, se compose d’un solo dansé par Xin Ying dans une robe à la doublure rouge sang, conçue par la chorégraphe. La jeune femme semble sortir d’un tombeau, les amples mouvements imprimés à sa robe dessinent des figures iconiques, dont un cœur, immortalisé par les photographes du monde entier. Les deuxième et troisième parties : Steps in the Street et Prelude to Action, associent la même Xin Ying, en longue robe noir et blanc, à une dizaine de danseuses, en robe noir moulantes, qui traversent la salle avec des sauts et des mouvements saccadés, ou entourent la soliste sur un praticable.

Ces reprises de pièces historiques doivent beaucoup à Denise Vale, maître de ballet et mémoire vivante de la compagnie. Ce beau programme illustre une forme de danse développée autour des rituels et qui fait penser aux mots de Sidi Larbi Cherkaoui : «Si chaque prière est une danse, alors sans doute peut-on en déduire que chaque danse est une forme de prière».

Jean Couturier

Spectacle vu au Stadhalle de Neuss (Allemagne) le 17 février, dans le cadre des Internationale Tanswochen Neuss.

www.tanzwochen.de

Les Forçats de la route, texte d’Albert Londres, conception de Nicolas Lormeau

Les Forçats de la route, texte d’Albert Londres, conception de Nicolas Lorme©Vincent Pontet, collection Comédie-Française

©Vincent Pontet, collection Comédie-Française

 Reporter de la Première Guerre mondiale, Albert Londres (1884-1932) couvrira pour Le Matin,les fronts   de la campagne d’Orient entre 1915 et 1917,  puis pour Le Petit Journal, il fut correspondant de guerre pour la  bataille des Dardanelles qui fut un sérieux revers pour les Alliés et l’un des plus grands succès ottomans. Et il reviendra ensuite sur les  théâtres d’opération français et italien et enfin en Allemagne en 1919.

Cette grande expérience de la guerre l’orientera vers le journalisme militant et il dénoncera très souvent la misère et l’injustice. Ainsi, dans Au bagne (1923),  il observe et décrit les conditions de vie à Cayenne.  Un témoignage tels qu’il sera à l’origine de la fermeture de ce bagne entre 1936 et 1938. D’autres récits décrivent l’injustice sociale à travers le monde : bagnes militaires, traite des blanches, asiles, vie inhumaine des pêcheurs de perles…, Albert Long, bien documenté, montre des milieux jusque là ignorés.

Et toujours pour Le Petit Journal, en 1924 il couvre la  dix-huitième édition du Tour de France: 5.425 km, quinze étapes, avec 157 coureurs au départ, dont soixante seulement  franchiront la ligne d’arrivée! A chaque étape de cette course très populaire dès ses débuts, Albert Londres, novice en cyclisme, rencontre pourtant les coureurs, vedettes ou inconnus.

Nicolas Lormeau qui met en scène Les Forçats de la route révèle  ici la rigueur et le style du grand reporter averti. Il raconte les corps couverts de  poussière ou de boue, les crampes, les départs en pleine nuit, et déjà… les multiples pilules et anesthésiants. Il témoigne aussi des conditions inhumaines auxquelles les coureurs sont soumis, et des incohérences du règlement. Du genre : «Quand nous crevons de soif, avant de tendre notre bidon à l’eau qui coule, on doit s’assurer que ce n’est pas quelqu’un, à cinquante mètres qui la pompe.  Sinon, pénalisation! Pour boire, il faut pomper soi-même.»

Nicolas Lormeau, cycliste amateur et homme de culture, note que le dérailleur n’existait pas encore en 1924, ce qui rendait les concurrents esclaves de la petite reine. Montant ainsi, par exemple, le col du Galibier. «On s’habitue à tout, il suffit de suivre le Tour de France pour que la folie vous semble un état de nature», dicte au téléphone le correspondant au Petit Journal. Tel un maître d’école de la République du début du XXème siècle, il reproduit en pédagogue le tracé des kilomètres à parcourir, des étapes à atteindre, après avoir retrouvé les noms de des participants dont les frères Pélissier, Hector Tiberghien, et Bottecchia, ex-maçon italien, vainqueur du Tour cette année-là.

 Un conte plein de suspense et de dureté qui met au jour à la fois l’inhumanité profonde et la gratuité-l’art pour l’art-d’une telle aventure qui repose sur les ressources physiques et mentales mobilisées par ces vrais durs. Quand on voit ces Forçats de la route, on est fasciné par le courage et la ténacité de ces hommes qui ne comptent pas leurs souffrances, entre autres sur les pavés du Nord. Tous font l’épreuve  des  crevaisons sur des routes non bitumées encore, et soulevés par les voitures, d’immenses copeaux de poussière. Les yeux brûlés, la bouche desséchée, ils les ont supporté sans rien dire.»

Départ d’étape à Argenteuil, puis Coutances, Le Havre, Brest, Landerneau, Quimper, Lorient, Les Sables-d’Olonne, Luchon, Toulon.., les coureurs roulent de nuit, les habitants des villes et des bourgs se penchent à leur fenêtre pour voir passer les héros : «IIs ont le soleil, (….)  les fesses en selle depuis deux heures du matin, il est six heures trente du soir; dans une dernière souffrance, ils font un dernier effort pour l’arrivée.»

Accompagné par la musique de Bertrand Maillot et des projections d’archives : scènes d’arrivée, de chutes, de crevaison, le public est réjoui par la performance, et ce spectacle déplie la belle et douloureuse histoire de ces grands sportifs.

Véronique Hotte

Studio-Théâtre de la Comédie-Française, Galerie du Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli Paris 1er . T. : 01 44 58 98 58, jusqu’au 11 mars.

 

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