Kodak chorégraphie d’Alan Lucien Øyen

Kodak chorégraphie d’Alan Lucien Øyen

©Jean Couturier

©Jean Couturier

Entre théâtre et danse, le chorégraphe norvégien ne choisit guère son camp ! Et il se prépare à faire prochainement une mise en scène au Tanztheater de Wuppertal de Pina Bausch. Les dix artistes du GöteborgsOperans Danskompani, tous excellents comédiens et danseurs, nous emportent dans un  monde d’images. La scénographie mouvante de Leiko Fuseya évoque avec nostalgie les mythes du cinéma hollywoodien : Mickey, E.T., la cigarette des acteurs ou encore la voix sensuelle de blondes comédiennes… Des musiques comme celle d’In the Mood for love de Wong Kar Wai nous emportent dans une sorte de La La Land de Damien Chazelle (2016) et qui reçut de nombreux Oscars et où Mia,  une actrice en devenir,  sert des cafés entre deux auditions .

«La Californie est dans nos cœurs» dit un danseur. L’image d’aujourd’hui, instantanée et éphémère, visant très souvent à l’autocélébration, a remplacé la photo d’hier. «Kodak pour les moments de votre vie», affichait le slogan de la célèbre marque. La photo était jadis un art que la diffusion massive des images numériques a abâtardi. «L’important n’est pas de filmer mais de bien cadrer, la réalité n’est pas du cinéma», dit ici l’un des personnages, caméra en main. Cette réflexion  paradoxale définit le pouvoir des photographies d’autrefois, objets de fantasmes et de rêves. Différents tableaux se succèdent évoquant l’histoire d’un fils venant de perdre sa mère qui faisait de la photographie, morte d’avoir trop respiré les produits chimiques de son labo photo…et d’avoir aussi trop fumé : «Elle aimait la chambre noire, dit-il, c’est là où elle pouvait être elle-même».

Les danseurs ont des mouvements harmonieux et simples, comme dans les comédies musicales d’antan. Le surtitrage français parasite parfois l’image et nous oblige à un choix difficile. Ce spectacle-d’une heure vingt-cinq seulement-paraît un peu long mais évoque joliment la nostalgie des artistes de la fin du XXème siècle : «Des gens seuls ensemble» qui ont nourris nos imaginaires et nous ont donné le goût du spectacle. Une manière aussi de fuir la réalité de nos vies quotidienne.

Jean Couturier

Spectacle représenté au Théâtre National de la danse de Chaillot, 1 Place du Trocadéro, Paris XVIème, du 25 au 27 janvier.      

 

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