Que nos vies (aient l’air d’un film parfait) de Nathanaël Frérot, mise en espace de Catherine Marnas

© N. Frérot

© N. Frérot

 Que nos vies (aient l’air d’un film parfait) de Nathanaël Frérot, mise en espace de Catherine Marnas, avec les élèves de l’École du Nord.

 

L’École Pratique des Auteurs de Théâtre Ouvert (EPAT) est un laboratoire où des auteurs « sont invités à remettre sur le métier leur texte avec la collaboration d’artistes sur le plateau : « un maître d’œuvre » et des interprètes ».  Il y a aussi certaines sessions prises en charge par une équipe d’élèves-comédiens, ce qui permet de tester une dramaturgie mais aussi de familiariser les jeunes acteurs à sa mise en jeu. Les quatorze élèves de L’École du Nord (dont deux élèves-auteurs), déjà aguerris aux écritures contemporaines (Voir Le Théâtre du Blog), ont choisi, parmi plusieurs textes, de travailler l’écriture complexe de Nathanaël Frérot.

«C’est une expérience intense de confronter son écriture à leur passion et l’acuité du regard de Catherine Marnas », remarque le jeune auteur qui n’en est pas à sa première pièce… Apparemment simple mais d’une construction peu évidente, elle s’appuie sur la géographie d’un territoire : la Manche où Nathanaël Frérot travaille avec plusieurs compagnies. Le texte, issu d’une commande, met en scène un groupe d’artistes débarquant à Coutances, non pas en quête d’auteur mais de personnages et d’une histoire à raconter, d’un spectacle à composer collectivement : « On sait ce qui rassemble ces personnages. Des lieux, le département de la Manche… ». Ils s’interrogent, remettent leur travail en question, et élaborent devant nous des mini-séquences, des amorces d’intrigue, à partir de lieux précis : un appartement, une station balnéaire, une place de village, un gros bourg, les rues d’une ville moyenne…

Entre poésie, petits drames  banals et étude ethnologique, la pièce s’articule en trois parties où les scènes opèrent comme des mises en abyme du récit global (l’arrivée d’une troupe d’acteurs en quête d’un spectacle) et s’annoncent par des didascalies très littéraires. On suit quelques personnages du début à la fin, d’autre passent seulement… S’inventent ici des paysages où vivent des gens au quotidien : des agriculteurs à la retraite dans leur cuisine, deux copines à la terrasse d’un café, des couples de néo-ruraux  confrontés à la laideur «rurbaine».

 La première partie expose la situation et des tentatives d’écriture. La deuxième, avec une « libération de la situation, le réel, on y mélange l’ordre », se présente comme un tournage de film, dans le désordre de courtes séquences avec des histoires banales, un polar politique et des dénouements comiques. Enfin, l’aventure théâtrale se termine dans un joyeux chaos : «Une grande carte aura été déroulée…», conclut l’un des personnages.

 Catherine Marnas et les élèves-comédiens ont débroussaillé cette pièce qui joue sur plusieurs registres fictionnels : du naturalisme au poétique, du polar à la dramatique télé. Le texte, ouvert à tous les vents, fourmillant de vies minuscules, ressemble à un chantier permanent et convient parfaitement au travail collectif proposé ici. Qu’en adviendra-t-il? Après ces échanges dramaturgiques entre le plateau et la page écrite, la balle est dans le camp de l’auteur.  A suivre.

 

Mireille Davidovici

 

Travail vu à Théâtre Ouvert 4 bis Cité Véron, Paris 18ème. T. 01 42 55 55 50,  le 24 février.

 

Prochain rendez-vous de l’EPAT : Sur/Exposition d’Aurore Jacob, mise en espace de François Wastiaux et Sarah Jane Sauvegrain, avec les élèves du groupe 44 de l’école du Théâtre National de Strasbourg.

 

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