Parler la bouche pleine conception et mise en scène de Julien Bonnet

© Thierry Laporte

© Thierry Laporte

 

Parler la bouche pleine, conception et mise en scène de Julien Bonnet

Après Le Nez dans la serrure, c’est le deuxième spectacle sans paroles autour de la famille de ce metteur en scène, aidé par Thomas Gornet qui a écrit un texte « souterrain » donnant des clefs aux sept acteurs pour trouver leurs personnages. Ils sont assis autour d’une table, et l’hôtesse, chaussée de talons aiguille, met le couvert dont elle  change sans arrêt la disposition, en rajoutant un pour un convive inattendu; le téléphone sonne sans arrêt.

La table mise, les convives s’asseyent mais très vite, il faut débarrasser nappe et couverts pour mettre une rallonge. Ils sont tout sourire puis désespérés, s’endorment en se tenant la main; un couple danse, une femme en remplace une autre, on tâte le ventre de l’hôtesse. On lève les verres, on allume la télévision dont on baisse ou augmente le son, puis on l’éteint. Bagarre générale, un femme s’allonge sur la table. On fait mine d’étrangler un vieil homme, et la folie monte,  il menace les autres de son couteau; tout le monde parle en même temps et  se met à chanter…

Sonnerie du téléphone à nouveau: l’hôtesse tombe. On se rassemble et on se caresse, chacun vacille et le groupe se disperse. Elle remet la table mais on sonne à la porte pour une livraison de deux gros paquets, d’où on tire un vêtement et un portrait qu’on accroche. Les convives rient et pleurent à la fois, certains s’écroulent. On distribue des lunettes de soleil et élargit encore la table. Tout le monde s’assied, puis se lève et enlève ses lunettes. Peut-être assiste-t-on  à un repas  après un enterrement, peut-être à un mariage qui se défait ? Mais on ne décroche pas un instant du plateau où se déroule cet étrange spectacle.

Julien Bonnet a fait partie pendant deux saisons de la troupe permanente du Fracas, Centre Dramatique National de Montluçon dirigé par Johanny Bert; il y a rencontré les acteurs du spectacle: Catherine Lafont, Bernard Oulès, Evguénia Chtchelkova et Aurélie Le Glaunec. Nathalie Davoine, Max Bouvard et Caroline Guyot, eux, ont été recrutés au terme de stages. Un spectacle à ne vraiment pas manquer.


Edith Rappoport

La Loge,  77 rue de Charonne, Paris XIème. T: 01 40 09 70 40, jusqu’au 2 mars.

 
 

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