Oedipe-Parricide, écriture et mise en scène de Marcos Malavia

 

oedipe4Œdipe-Parricide, d’après Sophocle, adaptation et mise en scène de Marcos Malavia

Cette exploration sur la folie criminelle, à partir d’Œdipe Roi et d’Œdipe à Colone du grand dramaturge grec, est  jouée par  la  compagnie de Marcos Malavia. Cet acteur et metteur en scène bolivien  a aussi été aussi en 2003  à l’initiative de la première École Nationale de Théâtre  son pays et en est le directeur artistique.

On connait, surtout depuis le bon docteur Sigmund Freud, l’histoire d’Œdipe abandonné à sa naissance par ses parents Laïos et Jocaste, qui avaient peur d’une une prophétie selon laquelle il tuerait son père et ferait l’amour avec sa mère. Deux crimes affreux, impardonnables: parricide et inceste… mais dont la prophétie se réalisera. 

L’adaptation de Marcos Malavia réunit les deux Œdipe de Sophocle. Au milieu du plateau, la tombe du père, faisant émerger la vérité. Œdipe-Candide dévorant l’âme d’Œdipe-Roi et conduisant vers la lumière Œdipe-Aveugle, un vieil homme en quête de réconciliation avec  lui-même. Le roi puissant d’autrefois en quête de son passé d’homme, a découvert avec horreur qu’il était bien l’assassin de son père, puis il s’est crevé les yeux, mais il veut, après ce crime, trouver la paix avant de mourir. Plusieurs figures d’Œdipe se relaient donc  ici à différents âges de sa vie, interprétés tour à tour par Claude Merlin (Œdipe-Aveugle), Alexandre Salberg (Œdipe-Candide) et Marcos Malavia (Œdipe-Roi). Autour de la tombe, on repère Staline, un punk boiteux qui se réveille d’un cauchemar.

Deux femmes (Muriel Roland, Éléonore Gresset) évoquent l’enfance d’Œdipe en chantant : «C’était un enfant sombre et repenti, c’était un enfant doux et tendre, un enfant adopté !  (…) Sais- tu seulement où tu es né?». Au dessus du plateau sont projetées des photos de tombes et on entend une prière collective: «Sinistre désolation, les pères sont morts, tout va couler, s’enfoncer.» Au clair de lune, «les hommes nous aiment pour ce qu’on ne leur donne pas ! ».

 Il y a un beau combat quand Œdipe découvre son identité. Près de la tombe, les trois Œdipe dansent devant leur mère vêtue de blanc. On assiste à la déploration de sa naissance, et elle se fait étrangler pendant qu’on la prend en photo. «Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !». On balance des chaises pendant les imprécations d’Œdipe. Mais les  femmes n’arriveront pas ici à arrêter la folie criminelle des hommes toujours violents; seule, Ismène, conduisant son vieux père aveugle, est ici une figure apaisante.

Edith Rappoport

Théâtre de l’Épée de Bois, Cartoucherie de Vincennes. T. : 01 48 08 39 74,  jusqu’au 24 mars.

 

 

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