Les sept Pendus d’Andreïev Leonide, mise en scène de Konstantinos Gogoulos et Angélique Paspaliari
Les sept Pendus d’Andreïev Leonide, adaptation d’Angélique Paspliari, mise en scène de Konstantinos Gogoulos et Angélique Paspaliari
Auteur dramatique russe, influencé par le symbolisme sans appartenir au mouvement dont certains membres le rejetaient, Andreïev Leonide (1871- 1919) signe des pièces comme La Vie de l’homme (1907), Le Roi-faim (1908), Les Masques noirs (1909), Celui qui reçoit des gifles (1915), etc. Son théâtre, à l’écriture assez rude, est hanté jusqu’au morbide par la solitude de l’homme face à la mort, par la frontière insaisissable entre folie et raison et la noirceur de la vie sociale.
La nouvelle Les Sept Pendus (1908) retrace les derniers jours de la vie de condamnés à mort: des terroristes qui préparaient l’assassinat du ministre de l’Economie : un bandit, un voleur, un assassin russe venant d’Orel, et un fermier estonien qui a tué son maître et a tenté de violer sa femme… Coincés dans une petite cellule, ils attendent l’annonce de leur pendaison. Chacun prend la parole, juge ses actes, articule sa propre vérité et étale ses souvenirs, tout en essayant de se justifier défend sa vision du monde. Le terroriste lutte ici avec son destin; il montre et partage ses inquiétudes et ses angoisses.
Angélique Paspaliari a choisi des extraits de la nouvelle et écrit des dialogues qui dévoilent avec force la psychologie des prisonniers et les relations contradictoires qui se forment durant cette terrible attente. Le metteur en scène souligne les combats idéologiques auxquels se livrent les personnages. Décor simple: des planches de deux mètres tracent les murs d’une cellule. Les comédiens incarnent bien leurs personnages mais parfois surjouent et/ou crient trop fort, même quand ils sont soucieux des nuances.
Konstantinos Dalamagas (Ivan Ianson) colore à travers ses expressions l’injustice de son châtiment et sème la panique, tout en implorant la pitié. Stergios Kontakiotis (Micha le Tzigane) joue d’une façon extraordinaire, toujours située entre un burlesque où il exprime la mentalité du héros et un grotesque qui reflète la situation présente. Konstantinos Gogoulos (Werner) et Dimitris Papavassiliou (Serge) développent chacun leur propre rhétorique sur les événements qui les ont marqués Charis Chiotis (Vassili) n’approfondit guère son personnage de condamné et reste à la surface de l’interprétation avec cris et gestes. Aggeliki Paspaliari (Tania) et Athanassia Kourkaki (Moussia), des forces «douces» mettent un certain équilibre dans cet espace plein de tensions.
Nektarios-Georgios Konstantinidis
Théâtre Tempus Verum, 19 rue Iakchou, Gkazi, Athènes, T. : 0030 210 34 25 170
