Nouvelles Zébrures 2018

Nouvelles Zébrures 2018

La scène francophone semble quelque peu menacée avec la fermeture du Tarmac à Paris, mais les Francophonies en Limousin poursuivent leur exploration des écritures en français venues d’Afrique, d’Amérique, d’Europe…
La Maison des auteurs de Limoges reçoit des écrivains en résidence, repérés par son comité de lecture mais veut aussi présenter leurs projets, dont certains se réaliseront lors du prochain festival, en octobre. Ce printemps, auquel neuf auteurs de la planète francophone participent avec Nouvelles Zébrures, constitue un tremplin ouvert à de futures créations bien au-delà du Limousin et trouve de nouveaux partenaires en nouvelle Aquitaine, à Sarrant (Gers), La Rochelle, Barbézieux, Monbazillac, Bordeaux, Paris et jusqu’à Bruxelles.

 Ces parcours constituent les prémices de la programmation du festival à venir. Comme Par tes yeux présentés par trois auteurs : Gianni Grégory Fornet, de Bordeaux, Martin Bellemare, du Québec et Sufo Sufo, du Cameroun. Ils sont  allés  dans ce dernier pays pour y travailler et parler avec les jeunes, et vont confronter cette expérience avec des lycéens du Limousin.  Le spectacle final naîtra en septembre, de ces allers et retours ..

 Convulsions d’Hakim Bah

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

La pièce est lue au Centre Wallonie-Bruxelles, un écho parisien de Nouvelles Zébrures, sous la direction du metteur en scène belge Armel Roussel, dans la version radiophonique qu’il avait présentée au festival d’Avignon. L’auteur a reçu le prix RFI 2016 (voir Le Théâtre du Blog : Ça va ça va le monde). Un meurtre fratricide déclenche les malédictions en chaîne, au sein d’une famille. Cette adaptation africaine de la tragédie antique des Atrides, troisième volet d’une trilogie intitulée Face à la mort, emprunte largement son intrigue à Thyeste de Sénèque,  qui est ici resituée dans un contexte contemporain. Dans l’adaptation radiophonique, la pièce centrée sur l’adultère d’Atrée et Erope et la vengeance de Thyeste, commence  par un monologue d’Erope qui parle de sa condition de femme battue. On entre ainsi d’emblée dans le cercle infernal de la violence, avec celle faite aux femmes : «Ça commence par une claque ou quelque chose comme ça/Un premier coup de poing ou quelque chose comme ça//Un premier coup de tête ou quelque chose comme ça/ Un premier coup de genou ou quelque chose comme ça/ Un premier coup de pied ou quelque chose comme ça. »

 Cette violence atteindra des sommets insoupçonnés, et la prose d’Hakim Bah verse alors dans un rythme saccadé, convulsif. La langue se fait haletante, à mesure que l’horreur gagne. L’auteur guinéen, en réponse aux guerres qui agitent le monde, entend remonter à la source des violences, avec des gens qui « se bouffent  entre eux jusqu’à devenir leurs propres victimes ». Mais les didascalies, parfois ironiques,  apportent un répit bienvenu à cette tension. Certaines situations aussi permettent de sourire.

 Mireille Davidovici

La treizième édition de Nouvelles Zébrures  a eu lieu à Limoges du 13 mars au 6 avril.

Une autre version de Convulsions sera présentée au prochain festival d’Avignon dans une mise en scène de Frédéric Fisbach

La pièce est publiée par Tapuscrit Théâtre Ouvert/RFI

 

 

Prix RFI Théâtre 2016.

 

www.lesfrancophonies.fr

 

 

 


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