7 d’un coup, texte et mise en scène de Catherine Marnas

7 d’un coup texte inspiré du Vaillant petit tailleur des frères Grimm et mise en scène de Catherine Marnas 

©frederic Desmesure

©frederic Desmesure

Ce beau spectacle créé l’an passé à Bordeaux (voir Le Théâtre du Blog) arrive à Paris. Un conteur invite les jeunes spectateurs «à la grande aventure des rêves », avec une histoire « qui commence bien mal». Il était une fois un petit garçon «un peu trop “tout », que l’on appellera Olivier : trop petit, trop malingre, trop maladroit…» Tête de turc de ses camarades, souvent violents à son égard, il se réfugie dans la lecture et l’étude. Un jour, les mouches le harcèlent pendant le goûter mais il réussit à en écraser sept. A partir de cet exploit, sa vie bascule : il arbore fièrement un  tee-shirt où est écrit: 7 d’un coup et part à l’aventure. Ce 7, objet de malentendu, sera interprété de travers et forcera le respect de ses adversaires et interlocuteurs. 

 Le personnage principal (Olivier Pauls) quitte alors son univers quotidien et pénètre dans le monde imaginaire du conte des Grimm, où les épreuves qu’il rencontre et surmonte lui permettront de dissiper ses peurs et de se débarrasser de son rôle de victime.  Olivier, petit, mais malin, vaincra un géant redoutable mais un peu bêta, des fantômes évanescents, et surtout, trois sorcières sanguinaires, dernière épreuve qui lui vaudra la main de la princesse…

 «J’ai eu envie, dit la metteuse en scène et directrice du Centre Dramatique National de Bordeaux,  de m’attaquer à  une adaptation du Vaillant petit tailleur, pour cet âge de l’enfance où l’on se sent toujours plus petit, plus faible ou plus malhabile que les autres. Les peurs, angoisses, désirs,  et sentiment d’impuissance devant le monde des adultes, trouvent dans les personnages ou les situations de ce conte, un soulagement, des consolations, voire une revanche. »

Partant d’une situation réaliste et familière où les enfants évoluent en survêtement, sweat à capuche et baskets, la pièce entre progressivement dans un environnement onirique, et les êtres étranges qui peuplent les forêts revêtent des costumes de conte de fée contrastant avec les uniformes des jeunes d’aujourd’hui. La musique et les sons réverbérés renforcent l’étrangeté de l’ambiance. Un contraste entre réalisme et fantastique, géré par le narrateur, sorte de meneur de jeu, qui, avec deux autres partenaires se partage tous les rôles satellites autour d’Olivier. 

Catherine Marnas aborde ici de manière ludique, à travers ce conte initiatique, le thème du harcèlement. Les enfants présents au débat à l’issue de la représentation, ont d’abord, spontanément, commenté cet aspect de la pièce disant que cela arrive surtout aux filles mais aussi aux garçons. Ils ont ensuite posé des questions aux acteurs et techniciens sur les effets de magie. Preuve que le spectacle est une réussite à la fois esthétique et pédagogique.

Mireille Davidovici

Théâtre Paris-Villette, 211 avenue Jean Jaurès, Paris XIXème.

 

 


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