Radical Light, chorégraphie de Salva Sanchis

Radical Light, chorégraphie de Salva Sanchis

radicallightL’artiste espagnol, diplômé de la première promotion de la fameuse école de danse blege, P.A.R.T.S, a travaillé dès 2002 pour la compagnie Rosas d’Anne Teresa de Keersmaeker, d’abord comme danseur, puis comme chorégraphe. Il cosigne avec elle  A Love Supreme une pièce magistrale d’après la partition de John Coltrane (voir Le Théâtre du Blog), et a rejoint en 2010 la compagnie flamande Kunst/Werk, dont il partage aujourd’hui la direction .

Dans ce spectacle imaginé en dialogue avec Discodesfinado, une musique disco de Joris Vermeiren et Senjan Jansen, il se plait à croiser une grammaire  chorégraphique contemporaine avec une gestuelle moins contrainte. «Dans le mot danse, au moins deux sens m’intéressent, dit-il. Le premier fait référence aux mouvements que nous utilisons spontanément quand on danse dans une discothèque, le second fait référence à la danse actuelle, quand les mouvements sont construits selon les lois intrinsèques comme le phrasé, l’architecture.  »

Sur une piste de danse, carré orange sur fond noir, les sons pulsés, monotones, entraînent quatre hommes et une femme dans  un mouvement perpétuel. Au départ, on croirait des exercices d’échauffement. Puis chaque interprète, de noir vêtu, développe son propre phrasé, s’exhibant en pleine lumière sur le tapis, ou en dehors, dans l’ombre du plateau nu. Sauts, grands gestes de bras, accroupissements à la fois toniques et légers. Une ligne plus mélodique se développe, rythmée par des percussions, quand les lumières changent et la danse s’affirme. Quelques duos ou trios s’esquissent, éphémères, au sein de figures de groupe de plus en plus rapides. Le son techno monte en puissance et a raison de ce bel ensemble pour susciter des battles, d’un style plus contemporain que hip hop, malgré  un tempo saccadé. Comme la musique, déployée crescendo et en continu, la danse prend de l’ampleur, se libère et ne cesse de s’accélérer. Parfois un danseur se fige, ou se met hors jeu, le temps de récupérer et de rejoindre le groupe : arrêt sur image au milieu du flux permanent.

Sur le plateau et parmi les interprètes, Salva Sanchis orchestre une heure de danse intense fondée sur la musique, avec des variations rigoureuses qui libèrent le mouvement, tout en le contenant, Radical Light conjugue vitalité, et fluidité : les corps sont à l’œuvre, puissants mais harmonieux. Pour le plus grand plaisir du public qui salue chaleureusement cette belle performance.

Mireille Davidovici

Théâtre de la Bastille 76 rue de la Roquette Paris XI ème T. 01 43 57 42 14, jusqu’au 15 avril dans le cadre d’un partenariat avec le Centre de développement chorégraphique national.

 


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