Sphincterography-La politique du trou du cul de Steven Cohen

 

Sphincterography-La Politique du trou du cul, performance de Steven Cohen, avec la complicité d’Agathe Berman

©Valerie le Guen

©Valerie le Guen

Artiste et performeur, juif gay né en Afrique du Sud, l’auteur vit maintenant en France. Il interroge ses performances filmées que l’on nous projette, dans un township en destruction, dans un concours canin à Johannesburg… Il répond aux questions du public aidé par Agathe Berman. Sa tenue drag queen et les vidéos diffèrent chaque soir. Il entre,  hérissé d’antennes sur son crâne chauve, maquillé en clown étincelant, chaussé d’invraisemblables cothurnes, long sexe dressé… En fond de scène, des robes étonnantes sur des mannequins. «C‘est intéressant d’avoir les pieds contraints, mais avec les mains, c’est plus difficile!»

Il ironise sur la durée du spectacle: «Je travaille seulement avec mon propre corps. » On voit six minutes de projection: face à une vieille femme noire aux seins nus, en tutu, il a le sexe à l’air, étrangement costumé. « Le film est reçu différemment en Europe,  par rapport à l’Afrique du Sud. Il n’y a pas de contrat avec le public, c’est excitant. Je suis attaché depuis l’enfance, je déteste être touché. Mais être touché par l’amour d’une mère est une bénédiction. Vous voyez le monde tel que vous êtes!»
On voit aussi un film de 1998 sur ses débuts, quand il vient de découvrir les Drag Queen en Afrique du Sud. Tout y est politique. « Avoir une caméra là-bas, c’est dangereux!» Ou dans un concours de miss à Durban, pendant un concours hippique : «Je suis intéressé par l’inconfort dans la vie. Je suis la personne la plus ennuyeuse du monde. J’ai peur de ce que je fais; après trente ans, je commence à manquer d’énergie. J’ai quitté l’Afrique du Sud à trente-neuf ans. »
Dans un film au Japon en 2016, deux paires de jambes sans corps s’agitent. «Ce travail le plus simple, c’est en l’honneur de mon frère qui s’est suicidé et qui a demandé à être incinéré.  (… ) Je suis coupable de l’apartheid pour toute personne blanche !  (…) Je me sers de toutes les parties de mon corps et dans tous les sens que je veux !»
On voit un extrait de L’Abattoir, un  film de 2016. «Quand mon compagnon a perdu tout son sang dans une baignoire. j’ai du nettoyer. Que cette soirée soit dédiée à l’amour!»
 Cette invraisemblable performance se regarde avec plaisir.

Edith Rappoport

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, Paris VIII ème T. : l 01 44 95 98 21,   jusqu’au 15 avril.

 

 

 

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