La Journée du Patrimoine vivant à la BnF

La Journée du Patrimoine vivant à la BnF

©Jean Michel Coubart.

©Jean Michel Coubart.

La Bibliothèque nationale de France, la Fédération nationale des Arts de la Rue, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) et ARTCENA-Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre, se sont associés pour organiser cette journée du souvenir vivant.
 Pas mal de monde dans le square Louvois, face au site Richelieu de la Bnf, ce 7 avril dernier pour fêter les 20 ans d’existence  de la Fédération nationale des Arts de la rue; de nombreux spectacles ont marqué la mémoire collective. Et le département des Arts du spectacle de la BnF conserve ainsi sur les arts de la rue  les archives de Michel Crespin, le fondateur du festival d’Aurillac décédé en 2014, de Lieux publics et de la Cité des arts de la rue à Marseille, des fonds de compagnies et de photographies dont celles de Jean-Pierre Estournet et Joël Verhoustraeten. On fête l’entrée des souvenirs et documents de tout ordre à la BnF.

 Antoine le Ménestrel,  grimpeur français et frère de Marc, avec lequel il a souvent travaillé, descend depuis les toits puis de la belle façade de ce monument historique, tout en douceur. Et Frédéric Fort, directeur de la compagnie Annibal et ses Éléphants (voir Le Théâtre du Blog) et administrateur des arts de la rue à la SACD, met dans un petit panier au bout d’un fil avec poulie, des souvenirs (affiches, livres, etc.) qui vont entrer par la fenêtre  au premier étage de la BnF, tout en prononçant un petit discours. «C’est un acte symbolique. La BnF a accepté de programmer cette soirée du souvenir vivant comme pour dire: «Ne jetons pas, ne perdons pas notre répertoire.» Frédéric Fort rappelle aussi que les collections sur les Arts de la rue à la BnF  sont un acte capital, puisque une de ses missions consiste à accueillir tout un patrimoine souvent fragile et négligé (textes, musiques, chorégraphies, affiches, objets…) pour donner plus de visibilité à ce qui a été fait depuis quelque cinquante ans. On trouve en effet, au département des Arts du spectacle de la BnF, dirigé par Joël Huthwohl, archiviste et paléographe, la mémoire visuelle et sonore de toutes les expressions du spectacle: théâtre, cirque, danse, marionnettes, mime, cabaret, music-hall, spectacles de rue… mais aussi cinéma, télévision et radio. Textes, correspondance, maquettes, éléments de décor, costumes et objets, photographies, documents audiovisuels, affiches, dessins et estampes, programmes et coupures de presse… Et bien sûr, livres et revues.  Et de nombreux fonds d’archives et collections de personnalités, salles, festivals, compagnies…). Avec  une antenne à la Maison Jean Vilar en Avignon.

La BnF possède des documents parfois rares et des plus précieux pour les chercheurs et professionnels et de véritables trésors, comme entre autres,  les photos de spectacles de rue de 1981 à nos jours, de Joël Verhoustraeten, les dessins de costumes imaginés par Jean-Paul Goude et réalisés à l’occasion du spectacle du bicentenaire de la Révolution française, ou ceux dessinés et réalisés par Philippe Guillotel pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Albertville  en 1994, mise en scène par Philippe Découflé.

Jouer de la musique, danser, faire du théâtre de rue n’était pas vraiment reconnu, il y a une quarantaine d’années. Il nous souvient avoir vu Jules Cordière interdit par les flics de monter sur une corde molle attachée entre deux arbres à Saint-Germain-des-Prés. Le pas décisif sera fait, quand Jean Digne, alors directeur du Relais Culturel d’Aix en Provence présidé par Charles Nugue, montera en 1973, aidé par Charles Nugue, le président ce même Relais et soutenu  par maire Félix Ciccolini (1916-2010) son très remarquable et populaire Aix, ville ouverte aux saltimbanques… en accueillant des compagnies alors considérées comme marginales les Colombaioni, le Théâtre de l’Unité, le Diable blanc: le funambule plus rapide sur câble, Hubert l’homme-artifice, etc.

Lucile Rimbert, présidente de la Fédération des arts de la rue créée en 1997, a aussi rappelé à cette occasion: «L’interdiction de jouer dans l’espace public avait fait réfléchir à la nécessité d’un espace solidaire, par rapport aux enjeux de la création artistique, et un acte collectif à Aurillac a donné naissance à cette fédération. Acteurs politiques, nous revendiquons le dérèglement, le hors-cadre, le pouvoir de négociation, l’interrogation de l’espace public, la liberté d’expression et de pensée, l’engagement  politique et la revendication.»
Notre pays peut avoir quelque fierté à avoir fait émerger des compagnies comme le Théâtre de l’Unité d’Hervée de Lafond et Jacques Livchine, ou Le Royal de Luxe créé par Jean-Luc Courcoult… qui ont joué un peu partout dans le monde. Rappelons aux sceptiques et à M. Laurent Wauquiez qui n’aime pas beaucoup les écoles de cirque, que le  spectacle de rue, celui des bateleurs et autres saltimbanques de petits cirques, aura été l’une des sources les plus fécondes du théâtre européen… Allez, une petite dernière pour la route: « La rue, disait le cher Victor Hugo, est le cordon ombilical qui relie l’individu à la société. »

La BnF/François Mitterrand présentera du 3 mai au 26 août, en partenariat avec Chaillot-Théâtre National de la Danse, Chaillot, une mémoire de la danse (1878-2018) dont les commissaires sont Joël Huthwohl et Valérie Nonnenmacher. Seront exposés de nombreux documents: photos, dessins, affiches, programmes, archives audio-visuelles, etc. pour retracer les grandes étapes de l’histoire de ce lieu…

 Philippe du Vignal

BnF/Richelieu 58 rue de Richelieu, Paris IIème. T. : 01 53 79 59 59.

 

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