23 rue Couperin, texte et mise en scène Karim Bel Kacem

23 rue Couperin, texte et mise en scène  de Karim Bel Kacem, direction musicale d’Alain Franco avec l’ensemble Ictus

67EBF435-3222-4467-97FA-CE8B1A0B2BF7« Sous la forme d’un poème scénique ou plutôt d’une épopée musicale, politique et visuelle; un projet d’archéologie introspective », 23 rue Couperin répond à «la nécessité personnelle et politique, dit Karim Bel Kacem, d’approfondir l’introspection d’une banlieue-type comme seule la France a réussi à en produire. Outre le fait de porter ce nom-Le Pigeonnier-l’autre particularité de mon quartier d’enfance était que tous les bâtiments portaient celui d’un compositeur de musique. » L’auteur-metteur en scène a grandi dans les quartiers Nord d’Amiens, dans la barre nommée Couperin, parmi d’autres : Mozart, Messager, Gounod, Ravel….  Et Karim Bel Kacem. anticipe la destruction de trois de ces immeubles en 2019.  Comme l’avait fait in situ le Théâtre de l’Unité, en 2006 dans ces mêmes quartiers Nord d’Amiens, où avait lieu un brillant adieu à une barre dite  La Tour bleue, vidée de ses habitants mais avec leur participation: chansons, textes, et éclairages et fumigènes rouges sanglant dans certains des appartements. Avant que les ingénieurs, déclarait Jacques Livchine au mégaphone, ne fassent exploser la dite barre à la fin devant un public d’un millier de personnes réunis à quelques dizaines de mètres. Bien entendu, il n’y eut aucune explosion- totalement hors de question pour d’évidentes raisons de sécurité- mais nous y avions tous cru !

Sur le plateau, face public une construction en plaques de bois qui ressemble à une barre d’immeuble-belle scénographie de Jonathan O’Hear qui a aussi signé les lumières-va s’écrouler dans un vacarme assourdissant. Derrière, de vraies flammes et de puissantes rafales de fumigènes rouge qui ont fait tousser la salle et que le metteur en scène aurait pu nous épargner..

Il ne se passe rien ou presque sur le plateau sinon l’arrivée d’une sorte de curieuse machine à six branches en étoile chacune munie d’un projecteur, manipulée par une technicien vêtu et masqué de noir… On entend des rumeurs de foule, des sirènes de voiture de police, et des bribes de dialogues, sur un remarquable fond sonore de révolte sociale, comme en ont connu les banlieues en 2005 puis sept ans plus tard. Cela  a souvent été montré au cinéma mais ici,  cela explose en direct et avec  efficacité, un peu partout sur la scène.

Tout est dit, ou plutôt suggéré sur ces ghettos construits vite fait-mal fait-à la périphérie des grandes villes. Suite à la gigantesque erreur commise à la fois par les gouvernements successifs mais aussi par les architectes-urbanistes, et dont on paye la note aujourd’hui. Cher, très cher! A leur décharge, il avait fallu vite concevoir des immeubles pour loger dans de longues barres uniformes  de plus de dix étages les nombreux immigrés surtout maghrébins indispensables à la vie de l’industrie française  vers les années 60-70 …

Le tout début de 23 rue Couperin, avec cette installation en plaquettes de bois ressemblant  à une barre et  qui s’écroule, a,  sur le plan plastique et sonore grâce à une probable amplification, a quelque chose d’assez bluffant et en dit plus, que bien des documentaires sur la création de ces banlieues dont la France n’a pas hélas le monopole.

Et cette “installation” va  perdurer jusqu’à ce qu’on perçoive un bruit de machinerie sans doute aussi amplifié marquant la montée du plateau de la fosse d’orchestre, jusqu’au niveau de la scène, avec un piano à queue et les lutrins nécessaires aux instrumentistes qui vont entrer. Pour un mini-concert que rien ne vient relier à ce qui a précédé, sinon le nom des compositeurs dont sont affublées les barres de ces quartiers Nord d’Amiens : bel exemple de colonisation culturelle! Suivra un beau texte-poème de Karim Bel Kacem où son personnage essaye d’obtenir un peu de l’argent de sa mère. et  mais qui échappe au public à cause d’une diction affligeante.

En fait, le spectacle tout entier souffre d’une dramaturgie trop approximative et cette heure et quelque, paraît longue. A force de se balader entre installation d’art plastique et création théâtrale, Karim Bel Kacem semble hésiter et finalement rate son but. Dommage, car ce 23 rue Couperin a des qualités de réelle invention et une indéniable beauté.

Philippe du Vignal

Athénée-Théâtre Louis Jouvet, square de l’Opéra-Louis-Jouvet, 7 rue Boudreau, Paris IX ème. T.  : 01 53 05 19 19, jusqu’au 19 mai.
 


Archive pour 16 mai, 2018

23 rue Couperin, texte et mise en scène Karim Bel Kacem

23 rue Couperin, texte et mise en scène  de Karim Bel Kacem, direction musicale d’Alain Franco avec l’ensemble Ictus

67EBF435-3222-4467-97FA-CE8B1A0B2BF7« Sous la forme d’un poème scénique ou plutôt d’une épopée musicale, politique et visuelle; un projet d’archéologie introspective », 23 rue Couperin répond à «la nécessité personnelle et politique, dit Karim Bel Kacem, d’approfondir l’introspection d’une banlieue-type comme seule la France a réussi à en produire. Outre le fait de porter ce nom-Le Pigeonnier-l’autre particularité de mon quartier d’enfance était que tous les bâtiments portaient celui d’un compositeur de musique. » L’auteur-metteur en scène a grandi dans les quartiers Nord d’Amiens, dans la barre nommée Couperin, parmi d’autres : Mozart, Messager, Gounod, Ravel….  Et Karim Bel Kacem. anticipe la destruction de trois de ces immeubles en 2019.  Comme l’avait fait in situ le Théâtre de l’Unité, en 2006 dans ces mêmes quartiers Nord d’Amiens, où avait lieu un brillant adieu à une barre dite  La Tour bleue, vidée de ses habitants mais avec leur participation: chansons, textes, et éclairages et fumigènes rouges sanglant dans certains des appartements. Avant que les ingénieurs, déclarait Jacques Livchine au mégaphone, ne fassent exploser la dite barre à la fin devant un public d’un millier de personnes réunis à quelques dizaines de mètres. Bien entendu, il n’y eut aucune explosion- totalement hors de question pour d’évidentes raisons de sécurité- mais nous y avions tous cru !

Sur le plateau, face public une construction en plaques de bois qui ressemble à une barre d’immeuble-belle scénographie de Jonathan O’Hear qui a aussi signé les lumières-va s’écrouler dans un vacarme assourdissant. Derrière, de vraies flammes et de puissantes rafales de fumigènes rouge qui ont fait tousser la salle et que le metteur en scène aurait pu nous épargner..

Il ne se passe rien ou presque sur le plateau sinon l’arrivée d’une sorte de curieuse machine à six branches en étoile chacune munie d’un projecteur, manipulée par une technicien vêtu et masqué de noir… On entend des rumeurs de foule, des sirènes de voiture de police, et des bribes de dialogues, sur un remarquable fond sonore de révolte sociale, comme en ont connu les banlieues en 2005 puis sept ans plus tard. Cela  a souvent été montré au cinéma mais ici,  cela explose en direct et avec  efficacité, un peu partout sur la scène.

Tout est dit, ou plutôt suggéré sur ces ghettos construits vite fait-mal fait-à la périphérie des grandes villes. Suite à la gigantesque erreur commise à la fois par les gouvernements successifs mais aussi par les architectes-urbanistes, et dont on paye la note aujourd’hui. Cher, très cher! A leur décharge, il avait fallu vite concevoir des immeubles pour loger dans de longues barres uniformes  de plus de dix étages les nombreux immigrés surtout maghrébins indispensables à la vie de l’industrie française  vers les années 60-70 …

Le tout début de 23 rue Couperin, avec cette installation en plaquettes de bois ressemblant  à une barre et  qui s’écroule, a,  sur le plan plastique et sonore grâce à une probable amplification, a quelque chose d’assez bluffant et en dit plus, que bien des documentaires sur la création de ces banlieues dont la France n’a pas hélas le monopole.

Et cette “installation” va  perdurer jusqu’à ce qu’on perçoive un bruit de machinerie sans doute aussi amplifié marquant la montée du plateau de la fosse d’orchestre, jusqu’au niveau de la scène, avec un piano à queue et les lutrins nécessaires aux instrumentistes qui vont entrer. Pour un mini-concert que rien ne vient relier à ce qui a précédé, sinon le nom des compositeurs dont sont affublées les barres de ces quartiers Nord d’Amiens : bel exemple de colonisation culturelle! Suivra un beau texte-poème de Karim Bel Kacem où son personnage essaye d’obtenir un peu de l’argent de sa mère. et  mais qui échappe au public à cause d’une diction affligeante.

En fait, le spectacle tout entier souffre d’une dramaturgie trop approximative et cette heure et quelque, paraît longue. A force de se balader entre installation d’art plastique et création théâtrale, Karim Bel Kacem semble hésiter et finalement rate son but. Dommage, car ce 23 rue Couperin a des qualités de réelle invention et une indéniable beauté.

Philippe du Vignal

Athénée-Théâtre Louis Jouvet, square de l’Opéra-Louis-Jouvet, 7 rue Boudreau, Paris IX ème. T.  : 01 53 05 19 19, jusqu’au 19 mai.
 

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...