June Events 2018 (suite)

 

June Events 2018  (suite) :

 

Cellule, chorégraphie de Nach

 cellulleConnaissez-vous le Krump (Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise ? En français : élévation du Royaume par un puissant éloge) ? Nach a rencontré cette danse urbaine, née des émeutes de Los-Angeles dans les années 2000, sur le Parvis de l’Opéra de Lyon. Puis elle s’est formée auprès d’Heddy Maalem participant dernièrement à Eloge du Puissant Royaume de ce chorégraphe franco-algérien.

 Debout devant de hauts panneaux gris, où sont projetées des images d’archives de sessions krump, Nach développe la gestuelle codifiée et très masculine de cette danse, comme enfermée dans un corps à l’identité incertaine. Progressivement, elle va abandonner la grammaire des krumpers : frappe du pied (stomp),  balancement des bras (arm swing), mobilité de la poitrine (chest pop), cris et grimaces (gimmicks), autant d’exutoires expressifs à la violence concentrée dans le corps, loin des codes peace and love du hip hop. Elle s’ouvre alors  à une gestuelle plus sereine, empruntée au kathakali et à la danse contemporaine : quittant son uniforme de garçon des rues, elle dévoile des courbes féminines harmonieuses sur une musique de Keith Jarrett.

 Nach, dans ce premier solo, retrace son itinéraire artistique, appuyée par les conseils de d’Heddy Maalem et de Marcel Bozonnet : «Je pars de ce que j’ai, de ces moments ou on doute de soi-même , dit-elle, pour arriver à la naissance d’une femme». Jusqu’à danser nue, dans une vidéo projetée sur le mur de cette «cellule ». Elle envisage de développer trois versions de ce solo avec une pièce de trente minutes, une autre de quarante-cinq minutes et une performance en espace urbain ou alternatif : « Je veux lier ces deux réalités, mes identités. Celle du plateau et celle de la rue. »  Une artiste à suivre.

 Volt(s)face,  chorégraphie de Frank Michelletti

58388.HR Survoltée ! Créée au Théâtre Les Salins de Martigues, cette pièce de soixante-dix minutes qui porte bien son nom, est née de la rencontre entre les danseurs de  Kubilai Kahn investigations et le groupe post-rock MUGSTAR, basé à Liverpool. Le batteur et les trois guitaristes occupent un bon tiers du plateau, pour plus de proximité avec les sept danseurs. Comme émergeant de la batterie, un duo féminin danse en miroir, avant de s’égayer dans l’espace. Rejointes par le reste de la troupe… L’orchestre impulse un tempo d’enfer. L’écriture chorégraphique et la partition musicale partagent une plongée dans un bain de vitesse, jusqu’à l’affolement des interprètes, électrons libres dans un monde débridé.

 Répondant à Henri Michaux : «Pourquoi je joue du tam-tam ? Pour forcer vos barrages», le chorégraphe veut « croiser les forces statiques avec les forces dynamiques dans l’entrelacs social éminemment complexe des êtres et des choses ensemble. » et quitter « le quadrillage ». Le composite caractérise cette pièce qui alterne tension dynamique de mouvements collectifs bien réglés, déphasage aléatoiredu groupe, et moments de répit et d’intimité avec solos et duos où s’exprime la personnalité des danseurs. La musique parfois se tait pour laisser à la danse sa propre respiration,  et du répit aux spectateurs pour apprécier le talent des interprètes

« Accélération, compression, dispersion, condensation, évaporation, le monde nous traverse et nous regarde », résume Frank Micheletti. Ce lexique irrégulier provoque un petit vertige chez les spectateurs certains adhèrent, d’autres décrochent…

 Mireille Davidovici

June Events du 2 au 22 juin, Ateliers de Paris, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de Manœuvre.  T. : 01 41 74 17 07

 

 

 


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