Estro et Rêveries Romantiques de Thierry Malandain et Sirènes de Martin Harriague

 

Estro et Rêveries Romantiques, chorégraphie de Thierry Malandain et Sirènes, chorégraphie de Martin Harriague

IMG_0294On retrouve les qualités de ce chorégraphe néoclassique que nous avions appréciées dans Estro sur une partition d’Antonio Vivaldi (voir Le Théâtre du Blog) et qui est repris ici.  Dans Rêveries romantiques sur une musique de Frédéric Chopin, Thierry Malandain impose sa vision personnelle et teintée d’ironie, des Sylphides, une œuvre créée par les Ballets russes de Serge Diaghilev au Théâtre du Châtelet à Paris, en 1909.
Sous un ballon blanc qui symbolise la lune, les Sylphides, femmes et hommes, dansent tous en tutu blanc. La question du genre sur scène qui fera l’objet de nombreux débats au prochain festival d’Avignon, se dévoile ainsi au public. Mais sur ce thème, nous aurions aimé plus de folie et de surprises. Les danseurs, avec des mouvements précis et justes, s’impliquent  complètement, comme dans toutes ses créations…

La surprise vient de Martin Harriague avec Sirènes qui traite de la pollution dramatique des mers par les emballages en polyéthylène d’origine pétrolière.  Un thème au cœur de l’actualité : la revue National Geographic intitule son dernier numéro Apocalypse plastique et une baleine s’est échouée récemment sur les côtes thaïlandaises avec quatre-vingt sacs de polyéthylène dans le ventre.
Indépendant et danseur à la Kibbutz contemporary dance company, Martin Harriague a été lauréat du premier Concours du jeune chorégraphe, il y a deux ans, à Biarritz, ce qui lui a permis de réaliser cette création avec les danseurs de Thierry Malandain. Pour figurer les fonds marins, un miroir en fond de scène reflète l’image des danseurs au sol. Les mouvements de groupe sont d’une parfaite cohésion et les jeunes interprètes surprennent par leur énergie et la vivacité de leurs gestes. Martin Harriague révèle chez eux, une violence insoupçonnée. Les sirènes : des danseuses aux jambes gainées d’une queue de poisson en tissu, se meuvent avec une grande sensualité. Une créature étrange, poulpe ou Alien- à chacun son interprétation- apparaît au milieu des danseurs tous vêtus de noir, couleur dominante de ce spectacle et rappelant celle du pétrole brut, autre prédateur de l’écosystème marin.
Sirènes, tout en étant esthétique, dérange et c’est tant mieux ; il faudra suivre  les futures créations de ce jeune chorégraphe.

Jean Couturier

Spectacle vu à  la Gare du midi, à Biarritz (Pyrénées Atlantiques),  les 5 et 6 juin.

 

 


Un commentaire

  1. Danielle Nopal dit :

    « les Sirènes » Une chorégraphie d’une force incroyable qui vous accroche dés la première seconde et vous transporte dans un univers en perdition ou la force laisse place à la désolation. Prise de conscience des dérives de la société provoquée par un « humour » noir et percutant . Un spectacle dont on ne sort pas indemne ! Merci

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