L’Établi d’après Robert Linhart, mise en scène d’Olivier Mellor

© Ludo Leleu

© Ludo Leleu

 

L’Établi d’après le livre de Robert Linhart, adaptation de Marie-Laure Boggio et Olivier Mellor, mise en scène d’Olivier Mellor

 

«Les personnages, les événements, les objets et les lieux de ce récit sont exacts», écrit Robert Linhart à la fin de son livre. Brillant étudiant de Louis Althusser, fondateur des Jeunesses communistes marxistes léninistes, puis militant à la Gauche Prolétarienne pendant les événements de Mai 68, il se fait embaucher comme OS 2 aux usines Citroën de la Porte de Choisy.  Comme beaucoup de ses camarades «établis», il espère organiser les luttes ouvrières en créant des comités de base prolétariens. A l’instar de Leslie Kaplan, elle aussi établie avec L’Excès-l’usine, il retrace dix ans plus tard cette expérience humaine et politique dans l’Établi, publié en 1978 un titre qui désigne à la fois ces jeunes diplômés engagés dans la lutte des classes et la table d’un travailleur manuel : ici, celle d’un vieil ouvrier qui, dans un coin de l’usine, retouche les portières cabossées…

 Robert Linhart a découvert L’Établi il y a longtemps, au lycée, grâce à son professeur d’économie : « J’y vois décrits des mécanismes jusque-là à peine théorisés, des ambiances familière, des idées…  »  Avec la compagnie du Berger, basée à Amiens et bientôt installée dans une ancienne chapelle, il entreprend de porter à la scène ce témoignage singulier, à la fois roman sociologique et d’apprentissage. L’aventure d’un jeune homme : sa rencontre avec des personnages attachants dont il a su saisir la beauté ; la violence de l’environnement et des rapports hiérarchiques dans le monde impitoyable du travail. Rien de bien nouveau mais dit ici avec grand talent, et sans manichéisme. Un voyage en terre inconnue, dont il ne reviendra pas indemne.

 Cette adaptation théâtrale comme le livre,  a pour chapitres: « Le premier jour ; Les Lumières de la grande chaîne, (…) ; La grève, l’ordre Citroën », etc.  Autour du narrateur, gravitent une dizaine de personnages, qui entrent en dialogue avec lui. On pénètre littéralement et de plus en plus profond dans l’usine : « Trois sensations délimitent cet univers nouveau. L’odeur, une âpre odeur de fer brulé, de poussière, de ferraille. Le bruit : les vrilles, les rugissements des chalumeaux, le martèlement des tôles ? Et la grisaille : tout est gris, les murs de l’atelier, les carcasses métalliques des deux CV, les combinaisons et les vêtements de travail des ouvriers ».

 La scénographie évoque cet univers de ferraille, de limaille où s’affairent les ouvriers, trimbalant des chariots chargés de boulons, de tôles et d’autres matériaux ;  maniant des palans ou des fers à souder… Dans un vacarme que la voix des comédiens parvient quand même à couvrir. En fond de scène, derrière un vitrage semi-opaque, l’usine rugit sans répit, sous les martèlements et grincements joués en direct par les musiciens dont le metteur en scène et l’orchestre de sa compagnie, rejoints par Vadim Vernay. S’y mêlent parfois des riffs rock ou des accords de jazz des années soixante.

 Comme les lecteurs à la sortie du roman, le public est saisi par l’épopée de ce novice, confronté à un monstre froid où il va aussi découvrir des personnes d’une profonde humanité. Maladroit, notre apprenti sorcier éprouvera dans sa chair fatigue, désarroi et  désillusions… Mais aussi la camaraderie et la solidarité des travailleurs face à l’hostilité et la cruauté des petits chefs (et des grands). Il réussira, avec une poignée de collègues, à déclencher une grève quand la direction de Citroën met à mal les acquis de Mai 68. Mais c’est peine perdue et son aventure tournera court. La pilule est amère et il  avoue rêver aujourd’hui de cadence et de production…

Après des années de dépression et d’éloignement de Robert Linhart, son œuvre suscite un regain d’intérêt et sa fille, Virginie Linhart, lui a consacré un livre : Le Jour où mon père s’est tu et dernièrement Laure Adler l’a invité pendant une semaine à son émission l’Heure Bleue sur France-Inter. Il a accordé volontiers les droits d’adaptation à la compagnie du Berger et en a validé le travail. Et on entend une  voix off, la sienne, dire les dernières lignes du livre, relayant Aurélien Ambach-Albertini, le comédien qui l’incarne.

La mise en scène, parfois un peu appuyée, a su traduire en paroles, musiques et images, le regard aigu et l’écriture vive et précise d’un écrivain de talent qui témoigne du monde du travail autant que des utopies de la jeunesse, il y a cinquante ans. Parmi les nombreux événements artistiques liés à la commémoration de Mai 68,  un spectacle à voir.


Mireille Davidovici

 Théâtre de l’Epée de bois, Cartoucherie  de  Vincennes, route du Champ de manœuvre.  T. : 01 48 09 39 74, jusqu’au 1er juillet.
Festival d’Avignon Off à  Présence Pasteur, du 6 au 28 juillet.

 L’Établi est publié aux éditions de Minuit et Le jour où mon père s’est tu aux éditions du Seuil


Archive pour juin, 2018

June Events 2018 (suite)

 

June Events 2018  (suite) :

 

Cellule, chorégraphie de Nach

 cellulleConnaissez-vous le Krump (Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise ? En français : élévation du Royaume par un puissant éloge) ? Nach a rencontré cette danse urbaine, née des émeutes de Los-Angeles dans les années 2000, sur le Parvis de l’Opéra de Lyon. Puis elle s’est formée auprès d’Heddy Maalem participant dernièrement à Eloge du Puissant Royaume de ce chorégraphe franco-algérien.

 Debout devant de hauts panneaux gris, où sont projetées des images d’archives de sessions krump, Nach développe la gestuelle codifiée et très masculine de cette danse, comme enfermée dans un corps à l’identité incertaine. Progressivement, elle va abandonner la grammaire des krumpers : frappe du pied (stomp),  balancement des bras (arm swing), mobilité de la poitrine (chest pop), cris et grimaces (gimmicks), autant d’exutoires expressifs à la violence concentrée dans le corps, loin des codes peace and love du hip hop. Elle s’ouvre alors  à une gestuelle plus sereine, empruntée au kathakali et à la danse contemporaine : quittant son uniforme de garçon des rues, elle dévoile des courbes féminines harmonieuses sur une musique de Keith Jarrett.

 Nach, dans ce premier solo, retrace son itinéraire artistique, appuyée par les conseils de d’Heddy Maalem et de Marcel Bozonnet : «Je pars de ce que j’ai, de ces moments ou on doute de soi-même , dit-elle, pour arriver à la naissance d’une femme». Jusqu’à danser nue, dans une vidéo projetée sur le mur de cette «cellule ». Elle envisage de développer trois versions de ce solo avec une pièce de trente minutes, une autre de quarante-cinq minutes et une performance en espace urbain ou alternatif : « Je veux lier ces deux réalités, mes identités. Celle du plateau et celle de la rue. »  Une artiste à suivre.

 Volt(s)face,  chorégraphie de Frank Michelletti

58388.HR Survoltée ! Créée au Théâtre Les Salins de Martigues, cette pièce de soixante-dix minutes qui porte bien son nom, est née de la rencontre entre les danseurs de  Kubilai Kahn investigations et le groupe post-rock MUGSTAR, basé à Liverpool. Le batteur et les trois guitaristes occupent un bon tiers du plateau, pour plus de proximité avec les sept danseurs. Comme émergeant de la batterie, un duo féminin danse en miroir, avant de s’égayer dans l’espace. Rejointes par le reste de la troupe… L’orchestre impulse un tempo d’enfer. L’écriture chorégraphique et la partition musicale partagent une plongée dans un bain de vitesse, jusqu’à l’affolement des interprètes, électrons libres dans un monde débridé.

 Répondant à Henri Michaux : «Pourquoi je joue du tam-tam ? Pour forcer vos barrages», le chorégraphe veut « croiser les forces statiques avec les forces dynamiques dans l’entrelacs social éminemment complexe des êtres et des choses ensemble. » et quitter « le quadrillage ». Le composite caractérise cette pièce qui alterne tension dynamique de mouvements collectifs bien réglés, déphasage aléatoiredu groupe, et moments de répit et d’intimité avec solos et duos où s’exprime la personnalité des danseurs. La musique parfois se tait pour laisser à la danse sa propre respiration,  et du répit aux spectateurs pour apprécier le talent des interprètes

« Accélération, compression, dispersion, condensation, évaporation, le monde nous traverse et nous regarde », résume Frank Micheletti. Ce lexique irrégulier provoque un petit vertige chez les spectateurs certains adhèrent, d’autres décrochent…

 Mireille Davidovici

June Events du 2 au 22 juin, Ateliers de Paris, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de Manœuvre.  T. : 01 41 74 17 07

 

 

La Fabrique des Monstres, conception de Jean-François Peyret

La Fabrique des Monstres ou Démesure pour mesure d’après Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley, conception de Jean-François Peyret

 

©Mathilda Olmi

©Mathilda Olmi

Noirceur et terreur, de la fin du XVIIIème siècle révolutionnaire et de l’orée romantique du XIX ème siècle (1764-1820), le roman gothique surgit de l’amour des ruines et des cimetières, de la violence médiévale des passions shakespeariennes et de la tradition allemande des contes de fées et récits de fantômes.

Le mythe de Frankenstein voit le jour avec le récit de Mary Shelley en 1818 : le savant Frankenstein tente de créer un homme et cette créature provoque l’horreur : un monstre abhorré par son créateur et condamné à la solitude, à la vengeance et à l’anéantissement final dans les glaces. Ce roman composite, nourri de références philosophiques, littéraires, et scientifiques dont le galvanisme : contraction d’un muscle stimulé par un courant électrique, naît des conversations de Mary avec son époux Shelley et Byron.

 Victor Frankenstein crée un monstre à partir de morceaux de cadavres : invention d’un double démoniaque et persécuteur, visions macabres, innocents sacrifiés, plongée dans la folie, la terreur et un onirisme cauchemardesque. L’inventeur est attiré par la quête transgressive d’un savoir supérieur qui le pousse à violer les lois naturelles et divines.Par déplacement, le savant et le monstre, le créateur et sa créature, sont confondus, l’humain échappant au contrôle. Le mythe prométhéen se dédouble : à la fois, le désir du savant d’égaler un dieu créateur, et le désir du monstre d’égaler l’homme.

 La créature répond à une image négative de laideur morale et physique, terrifiante et humaine : le monstre est capable de conscience morale et de sensibilité délicate. Un récit  fondé sur la pérégrination des protagonistes qui  vont aller de Suisse, en Angleterre jusqu’en Écosse et Russie pour se conclure au pôle Nord. Le projet de Robert Walton dont le récit introduit et clôt le roman annonce celui de Frankenstein. L’exploration de l’Arctique est une métaphore de la quête du savoir de Frankenstein. Elizabeth, la fiancée de Victor, ultime victime de la créature, jouera un rôle épisodique. 

Jean-François Peyret « enferme » ses comédiens sur un plateau de théâtre, à la façon de Mary Shelley, son mari et Byron, sur le bord du Lac Léman en 1816, quand les amis s’inventent des histoires à se faire peur, alors que sur la Suisse, tombent des particules issues de l’éruption d’un volcan indonésien.

Sur le plateau donc, de la poussière de cendres, quelques poubelles beckettiennes en souvenir de Fin de partie, un lit qu’on avance ou éloigne, un fauteuil à roulettes ; le fantôme de Mary Shelley passe en robe et chapeau d’époque, Elizabeth, la fiancée de Victor, et  toutes les femmes  incarnées par  la nonchalante et facétieuse Jeanne Balibar.

Un poète de scène et un bouffon de sagesse, Jacques Bonnaffé joue Robert Walton, le narrateur de l’aventure insolite de Frankenstein, un loup de mer poétique entre Coleridge et Conrad, au bonnet de marin sur la tête et en ciré contre vents et marées. Victor Frankenstein est interprété par l’inquiet Victor Lenoble, dépassé par sa créature engoncée dans un imperméable.

Sur l’immense plateau vide, paraît et disparaît un mur de fenêtres éclairées derrière lesquelles passent les personnages. L’espace est habillé au lointain par des toiles de Nicky Rieti, avec paysages d’hiver, monts enneigés, souvenirs du du Pôle Nord. Le marin fait monter dans son embarcation un Frankenstein malade et dépressif.

La représentation est à l’image de la scène : un capharnaüm indéfinissable :bribes de littérature et de poésie, extraits de découvertes scientifiques du temps. Une épopée généreuse ; face à la Femme et à ses discours féministes, à l’inventeur dépressif et au monstre créé malgré lui, le narrateur s’amuse paisiblement… Les spectateurs eux, s’amusent beaucoup moins face à cette angoisse de l’Homme et à sa révolte désespérée. Et ce spectacle exigerait vraiment plus de concision et moins de complaisance !

 Véronique Hotte

Spectacle vu à la MC 93 Maison de la Culture de Bobigny (Seine-Saint-Denis)

Manifeste-2018 Festival de l’Ircam-Centre Georges Pompidou, du 8 au 13 juin. T : 01 41 60 72 72

 

Le Songe, chorégraphie et mise en scène de Jean-Christophe Maillot

 

Le Songe, d’après le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare, chorégraphie et mise en scène de Jean-Christophe Maillot

©Aice Blangero.

©Aice Blangero.

«Que tous les esprits et toutes les fées/Sautent d’un pied léger, comme l’oiseau sur la branche/Répétez ce couplet par cœur: Chantez et dansez rapidement à sa mesure», intime Obéron à la fin du Songe d’une nuit d’été  de William Shakespeare.  Le chorégraphe, qui avait lui-même dansé ce ballet dans la pièce de John Neumeier, a pris le texte au pied de la lettre.

Trois univers se côtoient associés à trois compositeurs différents. Les fées, les lutins et les elfes  se déploient, sensuels, dans les  magnifiques costumes de Philippe Guillotel, sur la musique de Daniel Teruggi. Apparaissent bientôt  Obéron, Titania et Puck,  initiateurs de l’intrigue amoureuse qui vient déstabiliser les jeunes Athéniens, Hermia, Lysandre, Démétrius et Héléna. Ces quatre personnages, incarnés par les plus jeunes danseurs des Ballets de Monte-Carlo, la compagnie de Jean-Christophe Maillot, se cherchent, se perdent et se retrouvent sur la musique de Felix Mendelssohn. Difficile de les confondre : leurs prénoms sont inscrits sur leurs costumes… L’univers des artisans occupe ici une place différente: accompagné de la musique de Bertrand Maillot, chaque danseur bascule ici dans le burlesque.

Cette pièce de deux heures, où la pantomime domine le geste dansé, est réalisée dans une scénographie signée Ernest Pignon-Ernest. Un galet géant constitué en deux parties se met en mouvement selon les déplacements des artistes.  L’ensemble constitue une danse narrative légère que nous aurions aimé plus folle, à l’instar des derniers mots de la pièce: «Si nous légers fantômes, dit Puck, nous avons déplu, figurez-vous seulement (et tout sera réparé)/ Que vous avez fait ici un court sommeil/ Tandis que ces visions erraient autour de vous / Seigneurs, ne blâmez point ce faible et vain sujet/ Et ne le prenez que pour un songe … ».

Jean Couturier

Théâtre national de La Danse de Chaillot 1 place du Trocadéro Paris XVIème jusqu’au 15 juin.

 

VxH – La Voix humaine, à partir de La Voix humaine de Jean Cocteau et des extraits de Disappear here de Falk Richter, musique et mise en scène Roland Auzet

VxH-La Voix humaine, à partir du texte de Jean Cocteau et d’extraits de Disappear here de Falk Richter, musique et  mise en scène Roland Auzet

Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

 Un spectacle articulé autour de deux récits: La Voix humaine (1929) de Jean Cocteau et des extraits Disappear herede Falk Richter, écrits à presque un siècle d’intervalle. Soit la douleur insondable de l’être aimant, confronté à l’absence de l’aimé qui ne vous aime plus. L’absence de l’autre est sentie au plus près et blesse l’intime, via une conversation heurtée, cassée, interrompue, puis reprise sur les ondes téléphoniques – un moyen de communication à fil encore révolutionnaire en 1930 -, quand le récit de Falk Richter suit le parcours d’un personnage absent à lui-même dans sa quête de l’être cher.

 Une conversation téléphonique,  rupture et abandon, «Dans le temps, un regard pouvait tout changer mais avec tous ces appareils ce qui est fini, est fini ». Elle, après quelques tentatives infructueuses, finit par joindre son destinataire : elle doit rendre des lettres à cet ancien amant et transcender sa souffrance présente.

 Non-dits, sous-entendus plus ou moins explicites, interruptions de la ligne téléphonique, la séparation à la fois physique et morale est vécue, de secondes en minutes et heures, dans la douleur. Sentiment de solitude, isolement, abandon, Irène Jacob ne sait ni ne peut plus se tenir debout  et elle a voulu attenter à sa vie.

La pièce créée en 1930 à la Comédie-Française dans des décors de Christian Bérard eut une première représentation privée, chahutée par les Surréalistes. Innovante, elle met en scène un seul personnage : une femme à son téléphone avec un dialogue  tronqué. Roland Auzet se saisit du texte de Jean Cocteau pour aller plus loin encore dans sa perception par le public hyper-connecté d’aujourd’hui. Il imagine une symphonie urbaine entre ciel et terre.  Et la chorégraphe Joëlle Bouvier dirige la partition corporelle de l’actrice.

 L’espace de scène et les spectateurs s’installent sous l’habitacle surélevé, pieds nus sur le tapis, assis par terre, allongés sur des coussins, ou assis encore sur une chaise autour de l’espace quadrifrontal. La plate-forme en plexiglass de l’action dramatique accueille ainsi son public en-dessous, construisant un rapport intime singulier à la narration théâtrale et sonore.
 La scénographie fait songer à un ring de boxe placé en hauteur, faisant jouer les couleurs et lumières changeantes d’un toit installé, selon la palette de Bernard Revel.

 Pour une narration à la fois visuelle et sonore, le son feu-follet se faufile aux quatre coins de la scène. L’imaginaire du  public se nourrit de la parole de La Voix humaine par Irène Jacob avec gravité et légèreté et par des musiques contemporaines. Avec Daniele Guaschino à la réalisation informatique musicale Ircam et Luca Bagnoli au mixage en temps réel. Dans un espace muni de capteurs pour l’harmonisation des sons vocaux et corporels retranscrits.  Et le public ne sait où porter son attention, testant toute réception potentielle. Quelle est cette émotion d’être ici : voir et ne pas voir, être vu ? Les formes multiples et insolites de l’expression artistique se répondent, et diffusent un courant de rencontre entre jeu théâtral, illustration scénographique et musique.

 Quant à Irène Jacob, elle accorde à son public s on talent avec une belle présence, entre murmures, cris et chuchotements, chutes et reptations sur le sol transparent.

 Véronique Hotte

 Le Cent-Quatre, Paris XIX ème, ManiFeste-2018, festival de l’Ircam, du 7 au 10 juin.
Théâtre des Célestins, Lyon, du 9 au 22 novembre.
Festival Aujourd’hui Musiques /Théâtre de l’Archipel, Perpignan, du 24 au 25 novembre. Théâtre-Scène nationale de Saint-Nazaire du 30 au 31 janvier.

Grande Traversée

Grande Traversée

3C60A92C-1E53-4232-B12B-6496F00F137CUne occupation avec deux semaines sans écran et dîner partagé, conçue par le collectif l’Avantage du doute, animé par Simon Bakhouche, Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas et Nadir Legrand. Installé du 23 mai au 16 juin, au Théâtre de la Bastille, ils nous proposent avec cette Grande Traversée de revisiter leurs préoccupations de ces dix dernières années : un solide engagement politique et l’héritage des années 68-70.

On se souvient sans doute du remarquable Tout ce qui reste de la révolution, c’est Simon, (2009) de La Légende de Bornéo avec la question du travail et de son incidence sur nos vies, et du bruit court que nous ne sommes plus en direct avec notre rapport aux images et aux médias…A partir d’une écriture collective, chaque acteur ne dit pas exactement ce qu’il pense au moment où il prend la parole mais en exprimant ses interrogations personnelles.

Ici, le Collectif décide de laisser au hasard le soin d’écrire le spectacle et propose donc ainsi une visite aléatoire mais non exhaustive de chacune de leurs trois premières réalisations. Avec une dramaturgie construite en direct grâce à la main «innocente» du public. Cette Grande Traversée correspond à un travail d’acteurs-auteurs mais sans metteur en scène, libres, responsables et privilégiant le présent de la représentation, partir du monde d’aujourd’hui, pour en faire un théâtre «à hauteur d’homme».

Nous sommes assis en carré, une vingtaine de personnes autour d’une table installée sur le plateau de la petite salle. «Les réseaux sociaux nous rendent présents les uns aux autres». On cite un texte de  Georges Pérec. Y a-t-il une légitimité à parler d’espace numérique ? Internet, une révolution comparable au téléphone mais comprendre ce nouveau système implique de le pratiquer. Tout part d’un point à un autre de la planète, avec une prodigieuse transformation des fluxs. Mais Internet nous éloigne aussi de ce qui nous est proche, et nous rapproche de ce qui est lointain. En fait, l’espace numérique nous met en relation avec une multiplicité d’espaces.
  Depuis 1985 ce médium électronique est devenu un réservoir virtuel de différences, et a changé l’information, puisqu’il la centralise et la diffracte et ce lieu d’échanges d’expériences sociales donne l’illusion de l’immatérialité. Mais notre espace numérique est-il un enfermement ? Autant de questions que pose avec une grande acuité ce spectacle intelligent et hors-normes…

Nous sommes ensuite invités  dans le hall du théâtre à préparer et partager un repas dont les ingrédients  ont été disposés sur une grande table.

Edith Rappoport

Spectacle vu le 4 juin au Théâtre de la Bastille, rue de la Roquette, Paris XIème. T.:  01 43 57 42 14.
Cette semaine sans écrans se poursuit jusqu’au 10 juin.
Prochain spectacle:  La Veillée des orangs-outangs le 16 juin 

Tout va bien se passer de Maïa Brami

Tout va bien se passer de Maïa Brami, mise en scène de Coralie Emilion-Languille et Bruno Fougnès

©Maïa BRAMI

En réalité, tout s’est mal passé au «pavillon des assistées à la procréation». Un jour de poisse pour la jeune femme qui espère, après un prélèvement d’ovocytes, avoir un enfant avec le sperme de son compagnon. L’œuf a mûri vingt jours mais la ponction se transforme en boucherie, et s’envolent alors les rêves de grossesse après plusieurs tentatives de procréation médicalement assistée.

L »éminent » professeur a loupé son coup et provoqué une hémorragie interne qui a conduit la nuit suivante la jeune femme aux urgences: incompétence, mauvaise organisation du travail? Et fatigue de  cette patiente qui, levée aux aurores, s’est fourvoyée toute la matinée dans les transports en commun avant d’atteindre l’hôpital paumé au milieu de nulle part, et où même les taxis se perdent ? Pire, insouciance générale des médecins et infirmiers vis-à-vis du corps des patients. Ici, de celui des femmes: «Je suis jambes écartées dans les étriers. Que reste-t-il de soi, les jambes écartées dans des étriers sous la lumière crue ? Que reste-t-il de la femme? »

Partie d’une expérience vécue, la romancière de Pour une vie refusée, déverse sa colère et sa tristesse. Mais son  texte, tout en retenue et d’une précision clinique, évite le pathos, et c’est le seul moyen pour elle de guérir de cette violence: la dire. Elle a adapté pour le théâtre son roman et a fait appel à Coralie Emilion-Languille qu’elle avait appréciée dans Valentina Tchernobyl de Svetlana Alexievitch (voir Le Théâtre du Blog).

Dirigée par Bruno Fougnès, la comédienne apporte une densité à ce règlement de compte factuel, et donne corps et sensibilité à ce témoignage. Elle introduit une certaine distance et parfois, de l’humour dans ce texte qui tourne un peu en rond. Contre-champ musical à ce récit, David Kpossou l’accompagne à la guitare, en dialogue avec le  texte  mais on aimerait qu’il affirme davantage sa belle présence.

Les mots auront-ils raison de la douleur charnelle infligée par un gynécologue, sans anesthésie? S’il semblait nécessaire à l’auteure de partager son expérience et ses déboires avec le corps médical, et bien qu’on puisse «  faire théâtre de tout » selon Antoine Vitez, nous restons un peu sur notre faim, faute d’une véritable dramaturgie. Malgré le talent des interprètes et la portée générale de ce témoignage, cette parole a du mal à nous parvenir.  Mais Tout va bien se passer témoigne d’une possible résilience, ce qui ne peut laisser personne indifférent.

Mireille Davidovici

 Théâtre de la Reine Blanche 2 bis passage Ruelle, Paris XVIIIème T. : 06 60 43 21 13, jusqu’au 23 juin.
 Pour une vie refusée est publié aux éditions de l’Ixcea (2012).

Festival Onze bouge: Le Parlement par le Théâtre de l’Unité

 

Festival Onze bouge: Le Parlement par le Théâtre de l’Unité

le parlement Quatorzième édition de ce festival gratuit, et qui offre à nombre une scène parisienne. « pendant le mois de juin à Paris. Avec une trentaine de spectacles en extérieur et en intérieur, grâce au soutien des salles partenaires comme Le Bataclan, Le Palais des Glaces, Le Réservoir, le Théâtre Déjazet, Le Temple, le Satellit Café, La Java, le Nouveau Casino…). Pendant dix jours, un programme avec musique, théâtre, arts de la rue. Seule consigne, retirer ses billets gratuits au Kiosque Onze, situé dans l’entrée de la mairie du 11e, 2 jours avant chaque spectacle.

Reprise de ce spectacle créé au Festival d’Aurillac il y a trois ans (voir Le Théâtre du Blog). Installé à la hauteur du 128 boulevard Voltaire, tout près de la mairie du XIème à Paris, le Théâtre de l’Unité évoque les débuts du premier Parlement de rue élaboré avec les habitants d’Amiens en 2003.  Des lois sont proposées par le public de cette dix-septième édition mais…  c’est la première de ce spectacle à Paris.
On élit la Présidente, baptisée Madame la Provisoire : Hervée de Lafond codirectrice du Théâtre l’Unité qui  va s’installer sur sa chaise haute d’arbitre de tennis. Elle fait la synthèse des votes, les accepte ou les rejette. Une fois adoptés, les projets de lois sont envoyés à Matignon qui confirme les avoir bien reçus, mais n’y donne pas suite. Fantasio rythme la séance avec sa contrebasse et ses chants vibrants.

On débat d’une première loi sur le port obligatoire d’un d’uniforme dans les écoles mais elle est rejetée… Comme celle selon laquelle les hommes porteraient leurs bébés dans le dos, ou celle de pouvoir manger son animal domestique. Lucile Tanoh cite Victor Hugo : « La misère est une maladie du corps social, comme la lèpre est une maladie du corps humain ! »
Une loi autorisant à faire habiter les immeubles vides est adoptée, et celle sur un «terrorisme sympa» bénéficie de l’abstention. Jacques Livchine l’autre directeur du Théâtre de l’Unité récite alors Combien ça coûte l’indifférence? de François Béranger. Des spectateurs proposent ensuite de rendre un tiers des sièges de l’Assemblée Nationale à la société civile,  avec  des citoyens tirés au sort. Une  autre proposition de loi prévoirait qu’au-delà d’un SMIC à 1350 € net, on n’aurait plus droit à aucune aide. Et une loi  permettrait aux enfants de parents séparés de choisir leur lieu de résidence est rejetée.

Une séance parlementaire dynamique et pleine de poésie mais dont l’assistance plutôt bourgeoise est constituée par le public du festival… Bien peu de passants s’arrêtent devant ce spectacle salutaire et pourtant gratuit. Seule consigne: retirer ses billets au Kiosque Onze, à l’entrée de la mairie du XI ème deux  jours avant chaque spectacle.

Edith Rappoport

Spectacle vu le 3 juin au Festival Onze bouge, Mairie du XIème, Paris.

Le Parlement de Rue sera aussi joué à Clermont-Ferrand les 26 et 27 juillet. Et le 31 juillet, aura lieu la première à Montbéliard du nouveau spectacle du Théâtre de l’Unité Le Transsibérien dans le bus d’Hélène.

Jacques Livchine et Hervée de Lafond  présenteront aussi La Nuit Unique où les spectateurs allongés pendant sept heures, auront le droit de dormir (voir Le Théâtre du Blog). Au programme: sommeil, rêves, et parties conscientes pour une nuit de musique, poèmes, textes et images du passé, par dix comédiens-acteurs, chanteurs, musiciens du 10 au 21 juillet, à la Plaine de l’Abbaye, festival Villeneuve en scène, à Villeneuve-les-Avignon (Gard). T:  04 32 75 15 95. (Il faut apporter oreiller et couverture ou couette.)

 

La Dispute d’Auguste Villiers de l’Isle-Adam, mise en scène de Charles Tordjman

La Dispute d’Auguste Villiers de l’Isle-Adam, mise en scène de Charles Tordjman

©Alain Leroy

©Alain Leroy

Cette pièce en un acte d’un jeune auteur (1838-1889) et dont le thème rappelle évidemment la célèbre Maison de Poupée d’Ibsen (1879). La pièce  fut  créée neuf ans avant celle-ci à Paris mais s’arrêta après quelques représentations…Radicale et trop moderne avec déjà des accents féministes, elle remettait en cause l’idéologie bourgeoise- famille, fric et  filiation- de la classe dominante qui n’apprécia pas du tout la leçon que lui donnait ce dramaturge de trente ans… Pas très souvent représentée, La Révolte avait été mise en scène il y a deux ans par Marc Paquien avec Anouk Grimberg et Hervé Briaud.

Cela se passe à Paris chez Félix, un riche banquier de quarante ans parle bilans, rentrées d’argent et investissements avec son épouse Elisabeth, vingt-sept ans. Ils sont mariés depuis quatre ans et parents d’une petite fille. Tout va bien pour lui car il a triplé sa fortune et en remercie chaleureusement Elisabeth qui a vite appris à la gérer au quotidien et avec efficacité.
  Mais Félix se revendique homme d’affaires cynique et n’a guère d’état d’âme pour faire expulser des locataires pauvres qui ne peuvent payer leur loyer. Et en même temps, il se réjouit d’emmener bientôt Elisabeth au théâtre… Goutte d’eau qui va faire déborder le vase: elle ne supporte plus la bonne conscience et l’égoïsme de son mari. Calme et lucide, elle va lui détailler l’état exact de ses comptes et lui annonce avec des mots cinglants qu’elle le quitte. Il y a aussi de la revanche dans l’air chez cette jeune femme qui paraissait au début si sage et si soumise. Triste, accablée de douleur par le néant qui l’entoure, elle a surtout besoin de parler et d’avoir une liberté… qu’elle n’a jamais non plus revendiquée,e enfermée qu’elle était dans la carcan moral bourgeois!

Indignation de ce riche banquier, sûr de lui et  qui la soupçonne d’avoir un amant- ce qu’elle nie- et qui la traite de mauvaise mère et de quasi-folle en proie à une grave maladie nerveuse. Félix l’infantilise, la tutoie alors qu’elle le vouvoie; il ne comprend rien à cette situation qu’il n’a jamais anticipée et joue au protecteur. Il se met à crier mais s’oppose mollement à sa décision et, dans un très long monologue, se persuade qu’elle n’aura pas le courage d’aller vivre seule dans une maison isolée.
Mais Elisabeth reviendra-t-elle? Oui, bien sûr, la ficelle est un peu grosse et pour des raisons pratiques, la pièce déjà courte (une heure et quelque) ne durerait plus que cinquante minutes! Il est quatre heures du matin  quand Elisabeth arrive le visage décomposé par la fatigue et la douleur. Et tout est dit dans les quelques phrases de la fin: « Tant qu’il y aura de la poésie sur la Terre, proclame Félix, les honnêtes gens n’auront pas la vie sauve ». Accablée et méprisante, elle répond juste: « Pauvre homme”.

Julie Parmentier et Olivier Cruveiller, avec une grande sensibilité et sans en rajouter, se sortent au mieux  de cette petite pièce souvent bavarde avec quelques tunnels interminables. La mise en scène est bien statique, même si Charles Tordjman fait le boulot, mais on a souvent l’impression qu’il aurait pu aller beaucoup plus loin, notamment en pratiquant quelques coupes. Que nous dit cette pièce aujourd’hui avec un thème si souvent traité depuis, que ce soit au théâtre comme au cinéma et quand on sait qu’ un mariage sur deux en région parisienne se finit par un divorce?

Tout ici est sans doute bien fait mais trop sage, et on s’ennuie un peu. Et la scénographie pléonastique avec une sorte de tablette étroite suspendue qui coupe en deux un plateau déjà petit avec un époux de chaque côté, n’arrange pas les choses. En tout cas, la pièce n’attire guère les jeunes de l’âge d’Elisabeth…On se dit que Thomas Ostermeier qui avait monté Maison de poupée avec une rare élégance et en resituant la pièce de nos jours, aurait sûrement mieux réussi son coup. Dommage…

Philippe du Vignal

Théâtre de Poche-Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, Paris VIème. T. : 01 45 44 50 21

June Events 2018

 

June Events 2018 :

BSRD de Katerina Andreou et Autoctonos d’Ayelen Parolin

Trente compagnies avec plus de cent artistes, quarante rendez-vous et seize créations dans une trentaine de lieux, annonce l’Atelier de Paris pour la douzième édition de ce festival. Ce lieu de création et de transmission, fondé par Carolyn Carlson en 1999, présente la danse dans tous ses états pendant vingt jours. Avec surtout des jeunes compagnies et, en avant-première, des maquettes de spectacles à venir. La soirée inaugurale était placée sous le signe du beat et de la ténacité physique,  avec un solo de  la grecque Katerina Andreou et un quatuor  chorégraphié par l’Argentine Ayelen Parolin. Ces deux artistes s’interrogent, chacune à sa manière, sur les frontières de l’ancrage social et de la liberté.

 BSRD chorégraphie et interprétation de Katerina Andreou

Lire «bastard» dans cette graphie sans voyelles utilisée sur les réseaux sociaux pour communiquer plus vite. Cette notion de bâtardise évoque, pour Katerina Andreou «l’impureté identitaire», le conflit chez elle entre: vouloir appartenir, et exercer sa liberté. Ce à quoi tendent ces quarante minutes de danse effrénée, contrainte par une musique « House » à un rythme impérieux. Le corps répond à ces nappes sonores ininterrompues martelées par des percussions répétitives. L’artiste tente parfois de descendre du praticable carré surélevé ou s’arrête, à bout de souffle, pour boire, ôter T-shirt sur  T-shirt, et se remettre du rouge à lèvres. Mais elle doit obéir à l’injonction : go ! du disque vinyle, pressé pour l’occasion. La platine posée dans un coin est le seul objet présent, et la danseuse réalise des sauts et frappe des talons sous une batterie de projecteurs éblouissant jusqu’à la salle.

Au-delà de la performance sportive, entre effort acharné et plaisir du mouvement, Katerina Andreou recherche une grammaire gestuelle : « J’ai un bagage de mouvements mais c’est très free style». (…) «Je plonge dedans et me contente de quelques rendez-vous pour des actions». Mais elle n’improvise pas : la pièce est structurée par des variations de rythme, de lumières, des pauses et des silences. Bastard  se déroule  dans un entre-deux: le public semble partagé entre adhésion et rejet de cette forme radicale assez agressive.

 Autoctnos ll chorégraphie d’Ayelen Parolin

Quatre danseurs en groupe compact se déplacent en tournant d’un pas identique, talons légèrement levés, glissent sur le tapis blanc et tournent inlassablement, les bras ballants.  Avec des gestes mécaniques soutenus par la musique percussive d’un piano droit arrangé, le petit troupeau humain reste soudé. Stabilité, ordre et uniformisation ; un point de départ pour cette pièce qui évolue vers un relâchement progressif de la cohésion et vers des gestes parfois intempestifs. Petit trouble dans la communauté grégaire! 

La compositrice Léa Petra, partie prenante de la chorégraphie, a bricolé son  piano de façon à laisser quelques touches libres et alterne ainsi sons métalliques et notes naturelles. Ses pieds se promènent de manière spectaculaire le long des cordes afin de les bloquer, pour altérer ou non les sonorités. Avec elle, on quitte l’atmosphère feutrée d’une danse épurée et le quatuor devient quintette de corps  explosifs…

La chorégraphe, née à Buenos Aires et travaillant en Belgique, renvoie, avec ce terme d’autochtones, à «l’appartenance non plus à un lieu mais à une époque… » Cette deuxième pièce, créée au festival Charleroi danse, demande aux interprètes rigueur et endurance physique et à force de tension, se dégage une énergie libératoire ou une violence guerrière. La question reste ouverte.

A suivre…

Mireille Davidovici

June Events Ateliers- de Paris, Cartoucherie de Vincennes. T. 01 41 74 17 07 jusqu’au 12 juin.

Bstrd le 23 novembre Next festival, Buda Kortrijk (Belgique) ; en décembre, BNMFest, Ballet de Marseille.

Autoctonos : les 28 et 29 juin, Theater Freiburg (Allemagne);  du 19 au 27 août, Fringe Festival Edimbourg (Royaume-Uni) ; le 11 octobre, Termes de Dioclétien Rome; 27 septembre, Cango Vigilio Sieni Florence  et du 21 au 24 novembre,  Théâtre de Liège (Belgique) 

 

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