On prend le ciel et on le coud avec la terre , autour de l’œuvre de Christian Bobin, conception et mise en scène de Yan Allegret

 

Festival d’Avignon Off

On prend le ciel et on le coud avec la terre , autour de l’œuvre de Christian Bobin, conception et mise en scène de Yan Allegret

351976A3-1046-49CF-9655-FCB338614427« J’ai choisi d’aborder l’écriture de Christian Bobin, de façon panoramique, en puisant dans une dizaine de livres différents», écrit Yan Allegret.   Avec le musicien Yann Féry, il butine avec gourmandise dans la prose simple, limpide mais toute en sagesse de l’écrivain, avec des extraits de La Part manquante, Mozart de la pluie ou L’homme joie , et Lettre oubliée entre deux pages

On pénètre avec lui dans la « chambre d’écriture » de l’auteur et l’on partage, de séquence en séquence, son regard aigu sur le monde et les gens. Une jeune mère à l’enfant, rencontrée à la gare de Lyon-Part- Dieu devient une icône de la solitude des femmes, « elle se donne en pâture à son petit », avec son pendant, celle des hommes : « Les enfants naissent de femmes, les femmes naissent des femmes. (…) Il reste aux hommes le travail (..) les guerres ».  
Plus loin, il est question de clefs d’or mais «Il n’y a pas de porte ou bien, elle est ouverte depuis longtemps… ». Et souvent de la «sagesse éblouie de l’enfance ». Lui-même auteur, le comédien et metteur en scène nous amène vers une plus grande intimité avec Christian Bobin, jusqu’à la source de son écriture : «Depuis l’enfance,  je suis en pourparlers avec moi-même. Pour continuer à me parler, j’ai commencé d’écrire ».  
Un bouquet de mariée orne la chapelle du Théâtre des halles :  les âges de la vie défilent, de l’enfance à la mort, sous la plume de Christian Bobin,  habitée avec ferveur par Yan Allegret. Même s’il a parfois du mal à trouver sa place dans la salle et sur le plateau exigus, Yann Féry l’accompagne de susurrements, de bruits discrets  ou de quelques accords de guitare : un univers sonore apaisé…

Ce spectacle de cinquante minutes offre une entrée dans une œuvre qui,  depuis Lettre pourpre (1977) jusqu’à Ressusciter (2001) et Noireclaire (2015) trace une route singulière dans le paysage littéraire français.

Mireille Davidovici

Jusqu’au 29 juillet à 22 heures 30, Théâtre des Halles, rue du Roi René, Avignon. T. 04 90 85 02 38.

La plupart des livres de Christian Bobin sont publiés aux éditions Gallimard.

 

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