Bizarres, scénario et mise en scène de Natasza Soltanowicz, (en polonais surtitré en français)

 

Bizarres, scénario et mise en scène de Natasza Soltanowicz (en polonais, surtitré en français)

©Jean Couturier

©Jean Couturier

 A vingt-quatre ans, cette metteuse en scène polonaise nous emporte, avec ses comédiennes du Théâtre universitaire de Wroclaw, dans l’entre-monde des vivants et des morts. Au sol, une jeune femme habillée de blanc gît parmi les membres de la famille : mère, tante, sœur, amies etc. Qui, d’entre elles, est encore présent ou a disparu ? Difficile à dire. La jeune femme rêve-t-elle? Ces êtres fantomatiques cherchent-ils à l’emporter dans le monde des ténèbres? Vêtus de longues robes noires moulantes à capuchon, ils ressemblent à Martha Graham dans Lamentation, une pièce créée en 1930. « Nous essayons de découvrir, la dimension féminine de l’expérience d’une perte en s’inspirant des anciens rites funéraires de diverses cultures, explique Natasza Soltanowicz. La plainte comme un outil pour survivre au deuil et qui aidera à explorer la relation entre la parole et le son pendant le rituel funéraire. »

La jeune femme va subir différents rites perpétrées par ces figures familiales, des âmes mortes qui s’expriment : «Elle est un peu insoumise. » (…) « On reviendra quand tu seras prête». L’héroïne va passer peu à peu dans l’autre monde :  «Ta main est si froide, ton odeur est si bizarre, tes yeux ne sont que poudre et poussière.»

 Le Teatr Uklad Formalny nous fait découvrir un spectacle exigeant et audacieux qui s’inspire de Tadeusz Kantor (1915-1990), créateur mythique polonais qui disait à propos de sa pièce Wielopole, Wielopole : «J’étais présent dans cette chambre, quand mon grand-oncle, le prêtre, est mort et j’ai vu le cadavre dans le cercueil. Je n’ai rien compris, mais j’étais témoin de la mort et, pour l’enfant, c’est une expérience très profonde. »

 Joanna Kowalska, Natalia Maczyta-Cokan, Malwina Brych, Katarzyna Faszczewska, Marta Franciszkiewicz, Zuzanna Kotara, Martyna Matoliniec, Joanna Sobocinska, Magdalena Zabel, comédiennes et danseuses, parviennent, grâce à leur sensualité et à leur forte présence, à évoquer ces moments douloureux. Les séquences jouées de ce spectacle surtout musical paraissent moins lisibles que les parties chantées et dansées qui sont d’une grande beauté. Natasza Soltanowicz, démiurge de cette création singulière mais aussi scénariste et metteuse en scène, a signé la musique de cette œuvre atypique jouée dans un nouveau lieu du Off, né d’un partenariat entre la Ville et l’Université d’Avignon, pour de créer des passerelles entre les pays et favoriser la circulation des spectacles internationaux présentés dans le Off.

Jean Couturier.

Campus international, 74 rue Louis Pasteur, jusqu’au 20 juillet. T. : 06 24 21 74 49 www.campus-international-avignon.com         

 


Un commentaire

  1. Fabienne et Frédérique dit :

    Bonjour, nous avons été enchantées par ce spectacle sur la mort et le deuil. Que d’émotions transmises par la danse ,le jeu d’acteurs et les chants, bercés par la langue polonaise. La mise en scène est magnifique. Bravo à la jeune metteur en scène et aux jeunes actrices. PS : attention à bien flècher la salle. Bonne route à votre spectacle. Fabienne et Freddie.

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