Bruit de couloir, solo de jonglage chorégraphique de Clément Dazin

 

 

© Michel Nicolas

© Michel Nicolas

Festival d’Avignon: 

Bruit de couloir, solo de jonglage chorégraphique de Clément Dazin  (tout public, à partir de dix ans)

 Jonglage, cirque, geste et danse: Clément Dazin, interprète discret en pantalon et T-shirt noir, possède une technique audacieuse, avec un décomposé de mouvements à peine dansés: marche avant, marche arrière puis arrêt et pause, enfin tournoiement et demi-tour complet, silence…Mais il y a, aussi et surtout, une dimension ludique avec cette balle de jonglage qui glisse, silencieuse, entre puis les mains, les bras, le front, le visage et le cou de l’interprète… Puis Clément Dazin rattrape enfin ses balles, nombreuses à s’échapper puis à revenir au creux de ses mains. Avant, personnage muet, de reprendre ses allées et venues sur le plateau,

 Une invitation à un étrange voyage poétique, au plus près des sensations à l’instant ultime avant la mort. Comme un film intérieur qui défilerait plus vite que voulu. Avec danse contemporaine et gestuelle hip-hop, ce solo, inspiré par les récits de patients qui firent l’épreuve de comas, évoque une vision métaphorique de la mort, sous forme d’une danse avec jonglage, où un homme se remémore sa vie avec mélancolie. Dans la douce lumière d’un clair-obscur, Clément Dazin a une gestuelle ample puis saccadée, fluide et légère qui fait de la balle, sa partenaire.

 Puis il ôte son T-shirt noir offre un dos lisse aux omoplates saillantes, ressemblant aux ailes d’un grand oiseau incompris et empêtré sur le sol, comme dans le célèbre poème L’Albatros de Charles Baudelaire. Les balles, lancées puis rattrapées, permettent à l’artiste de s’envoler enfin, avec le public, loin dans les airs et l’imaginaire. Touchant des sommets inaccessibles et nous donnant la révélation de la beauté et la saveur d’exister.

Un spectacle chorégraphique, dont la poésie charme le public, très agréablement surpris par ce remarquable homme-marionnette, passé maître dans la manipulation de son corps comme dans le jonglage. Un très beau solo, à la fois onirique et métaphysique.

 Véronique Hotte

La Caserne des Pompiers, 116 rue de la Carreterie , Avignon, jusqu’au 23 juillet, à 13 h 30. Tél : 04 90 01 90 28.

 

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