36 Avenue Georges Mandel de Raimund Hoghe

Festival d’Avignon :

 36 Avenue Georges Mandel de Raimund Hoghe

 

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

Né à Wuppertal, pendant dix ans conseiller artistique et dramaturge de Pina Bausch, il a remarquablement évoqué le travail de la chorégraphe dans son livre, Histoires de théâtre dansé. Avec cette pièce, il s’attaque à une autre figure mythique de la scène : Maria Callas.

36 avenue Georges Mandel, où habitait la chanteuse lyrique…. L’œuvre avait été jouée à la Chapelle des Pénitents blancs en 2007, et est reprise dans le cadre magique du Cloître des Célestins. Les deux platanes encadrant le plateau nu, servent d’écrin à des accessoires rappelant Maria Callas : une paire d’escarpins, un bandeau noir, un imperméable, un poudrier, une biographie de la chanteuse… disparue il y a quarante ans. Figure hors du temps, elle renaît devant nous.

Quelques images en noir et blanc et quelques disques vinyl imprègnent encore notre imaginaire, mais c’est avant tout une voix qui aura  marqué les esprits, et que l’on entend ici avec des extraits d’interview ou d’œuvres de Bellini, Donizetti, Verdi, Spontini, Giordano, Gluck, Massenet, Catalani, Saint-Saëns et Bizet qui habitent le cloître avec bonheur.

La gestuelle minimaliste de Raimund Hogue surprend, qui a un physique particulier : une malformation de naissance le fait ressembler au célèbre bossu de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (1831). Cette difformité n’exclut pas une certaine beauté,  soulignée par Pina Bausch elle-même, et une forte présence scénique. Nous le suivons dans son délicat parcours sur le plateau: il se change, chausse des talons hauts, se met à genou, tombe ou se lave le visage.  Chacun de ses gestes nous questionne sur ce que peut être la différence. Et la fragilité de son corps impressionne le public.
Deux artistes l’accompagnent : en prélude, Luca Giacomo Schulte dessine par terre, avec de l’eau des formes disparaissant à mesure  Emmanuel Eggermont, lui, à la fin, relève Raimund Hoghe, allongé au sol et recouvert de cartons, tel un S.D.F. dormant au milieu du Cloître des Célestins.

 Il a évoqué devant nous l’âme de la chanteuse, et son salut, parmi quelques huées- le spectacle divise et c’est tant mieux- restera un moment d’exception. Fantôme parmi les fantômes, il s’est avancé vers le public, les bras tendus, les paumes tournées vers le ciel comme pouvait le faire la cantatrice. Sincère dans son offrande, il semble heureux que nous soyons heureux. Dernier et émouvant hommage, il pose la biographie sur Maria Callas devant lui, puis repart, fragile, très fragile, entouré de ses partenaires.

 Jean Couturier

 Le spectacle s‘est joué au Cloître des Célestins, place des Corps Saints, Avignon, du 17 au 19 juillet, à 22 h.

Histoires de théâtre dansé, est publié aux éditions de L’Arche.

 

 

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